Obovarie ronde

(Obovaria subrotunda)

En voie de disparition

 
 
Obovarie ronde
Carte de présence pour l'obovarie ronde

Description

L’obovarie ronde est une moule d’eau douce de taille petite à moyenne. Elle peut atteindre 6,5 centimètres de longueur. On la distingue facilement des autres moules de l’Ontario grâce à sa forme presque parfaitement ronde. La coquille, épaisse et dure, est brun chocolat foncé et comporte une bande nettement plus claire sur un côté.

 
 

Aire de répartition

L’obovarie ronde a disparu de 90 % de son aire de répartition au Canada. On ne la trouve plus que dans la rivière Sydenham et le delta de la rivière Sainte-Claire (dans le lac Sainte-Claire), dans le sud-ouest de l’Ontario. Elle a disparu du reste du lac Sainte Claire et des rivières Thames et Détroit, ainsi que du lac Érié et des bassins versants des rivières Grand et Niagara.

Habitat

En Ontario, on trouve surtout l’obovarie ronde dans les rivières au fond d’argile, de sable ou de gravier. Elle vit également dans les eaux peu profondes de lacs au substrat de sable ferme. Elle préfère les rivières au débit modéré. Comme toutes les moules, cette espèce filtre l’eau pour en extraire de la nourriture, habituellement des bactéries et des algues. Les larves de moules sont des parasites qui s’attachent à un poisson (appelé « hôte ») dont elles se nourrissent jusqu’à leur métamorphose en juvéniles, après quoi elles s’en détachent. Les hôtes de l’obovarie ronde au Canada n’ont pas été confirmés, mais ils pourraient inclure le dard vert et le dard de sable, lequel est également une espèce en péril. La présence de ces poissons est un élément clé de la pérennité d’une population de moules.

Menaces

Les plus grandes menaces qui pèsent sur l’obovarie ronde sont la pollution et l’envasement, lequel résulte de l’accumulation excessive de sédiments provenant des zones agricoles et urbaines voisines. La présence grandissante de la moule zébrée, une espèce envahissante originaire d’Europe, représente une grave menace, car elle se fixe aux moules indigènes, ce qui nuit à leur respiration, à leur alimentation, à leur excrétion et à leur mouvement. L’obovarie ronde est indirectement affectée par ce qui nuit à ses poissons hôtes.

Protection

L’obovarie ronde est protégée en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario.

Pour obtenir plus de renseignements sur les mesures législatives qui permettent de protéger les espèces en péril de l’Ontario, consultez le site ontario.ca/especesenperil.

Ce que vous pouvez faire pour aider l’obovarie ronde

  • Le ministère des Richesses naturelles surveille les espèces en péril comme l’obovarie ronde. Vous pouvez utiliser un formulaire en ligne pour rapporter vos observations au Centre d’information sur le patrimoine naturel. Des photographies et des coordonnées cartographiques sont toujours utiles. nhic.mnr.gov.on.ca/nhic_f.html
  • Signalez toute activité illégale se rapportant aux plantes et à la faune en composant le 1 877 TIPS-MNR (847-7667).
  • Vous pouvez contribuer à améliorer l’habitat des moules et à garder l’eau de l’Ontario propre en préservant la végétation naturelle en bordure des ruisseaux et des rivières. Les racines des plantes réduisent l’érosion et peuvent empêcher le sol d’être entraîné dans un cours d’eau. Clôturez les abords des ruisseaux afin d’empêcher le bétail (et son fumier) de se retrouver dans l’eau. Il y a bien d’autres gestes que vous pourriez poser pour réduire l’érosion; vous pourriez même être admissible à une aide financière. Pour obtenir de plus amples renseignements, rendez-vous sur le site Web de l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes de l’Ontario (AASRO) :www.ontariosoilcrop.org .
  • Les propriétaires fonciers ont un rôle très important à jouer pour le rétablissement des espèces en péril. Si vous trouviez une obovarie ronde dans un cours d’eau situé sur votre propriété ou à proximité, vous pourriez être admissible à des programmes d’intendance qui appuient la protection et le rétablissement d’espèces en péril et de leur habitat. Pour plus de renseignements, consultez le site ontario.ca/especesenperil.
  • Les espèces envahissantes constituent une grave menace pour un grand nombre d’espèces en péril de l’Ontario. Pour savoir ce que vous pouvez faire pour contribuer à réduire la menace que représentent les espèces envahissantes, visitez les sites ontario.ca/especesenvahissantes, www.invadingspecies.com, www.ontarioinvasiveplants.ca (en anglais seulement) et www.especesenvahissantes.gc.ca.
  • Faites du bénévolat auprès d’un club local de la nature ou d’un parc provincial afin de participer à des études ou à des activités d’intendance environnementale axées sur les espèces en péril.

Le saviez-vous?

On estime que les populations d’obovarie ronde du Canada ont décliné de plus de 90 % depuis que la moule zébrée a envahi les Grands Lacs.

Le saviez-vous?

Les moules sont un bon indicateur de l’état d’un écosystème. En raison de leur cycle vital complexe, de leur longévité et de leur mode d’alimentation (en filtrant l’eau, elles captent les polluants), les moules donnent un portrait instantané de l’état des cours d’eau où elles vivent.

Le saviez-vous?

Les peuples autochtones récoltaient les moules pour se nourrir et pour créer des bijoux ou fabriquer des outils. Dans les années 1800, des quantités énormes de moules ont été récoltées dans la rivière Grand pour fabriquer des boutons. Des millions de boutons ont été vendus hors territoire chaque année, jusque dans les années 1940, lorsque le plastique est devenu plus populaire.