Lamproie du Nord

 
(Ichthyomyzon fossor)

Préoccupante

 
 
Lamproie du Nord
Carte de présence pour la lamproie du Nord
 

Description

La lamproie du Nord est un petit poisson allongé qui peut atteindre une longueur maximale de 16 cm en Ontario. Elle ressemble à une anguille et partage les traits caractéristiques des lamproies : elle a une bouche ronde munie de dents disposées en cercle, sans mâchoires, ainsi que sept pores branchiaux, et elle est dépourvue de nageoires pectorales et pelviennes. Il est très difficile de distinguer cette espèce des autres lamproies indigènes; pour ce faire, les biologistes se fient à sa petite taille, à sa nageoire dorsale continue et à ses dents.

Les adultes ont le dos et les flancs de couleur brun-gris foncé, et leur ventre a une coloration gris pâle ou blanc argenté.

La lamproie du Nord comporte deux stades de développement : larvaire et adulte. Lorsque les œufs éclosent, les larves, appelées ammocètes, creusent des tunnels dans la boue molle, où elles passent environ six ans à croître. Leur développement achevé, les adultes émergent des sédiments au printemps et se dispersent jusqu’aux lieux de frai. Ils meurent peu de temps après le frai.

 
 

Aire de répartition

La lamproie du Nord vit dans l’est des États-Unis, plus précisément dans les bassins versants du Mississippi supérieur et du sud de la baie d’Hudson, depuis le Manitoba et la région des Grands Lacs jusqu’au Missouri du côté sud, et jusqu’à la portion québécoise du fleuve Saint-Laurent du côté est. En Ontario, elle vit dans les rivières tributaires des lacs Supérieur, Huron et Érié, de même que dans la rivière des Outaouais.

Habitat

La lamproie du Nord vit dans les cours d’eau limpides et froids. Au stade larvaire, elle a besoin de s’enfouir dans des substrats mous, tels que le limon et le sable, qui se retrouvent souvent dans les portions de cours d’eau où le débit est lent. On retrouve les adultes aux endroits associés au frai, notamment les rapides couverts de roches et de gravier.

Le frai a lieu en mai et en juin. Les mâles construisent de petits nids, souvent peu visibles, en transportant des cailloux avec leur bouche pour former le rebord d’une dépression peu profonde. Les œufs, collants, sont déposés dans le nid et adhèrent au substrat.

Menaces

L’utilisation de lampricide pour lutter contre l’invasion de lamproie marine a probablement contribué au déclin des populations de lamproie du Nord autour des Grands Lacs, où les deux espèces cohabitent. Les autres menaces qui pèsent sur la lamproie du Nord comprennent la pollution ainsi que les variations des niveaux d’eau et de température.

Protection

La lamproie du Nord est désignée en tant qu’espèce préoccupante aux termes de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. Bien que les espèces préoccupantes ne fassent pas l’objet de protection juridique aux termes de cette loi, l’espèce en question bénéficie bel et bien d’une protection générale en vertu des dispositions de la Loi sur les pêches du gouvernement fédéral qui concernent l’habitat des poissons.

Pour plus de renseignements sur les lois qui visent à protéger les espèces en péril de l’Ontario, veuillez consulter le site ontario.ca/especesenperil.

Ce que vous pouvez faire pour venir en aide à la lamproie du Nord

  • Le ministère des Richesses naturelles fait le suivi d’espèces en péril comme la lamproie du Nord. Lorsque vous observez des spécimens de cette espèce, la façon la plus pratique de le signaler au Centre d’information sur le patrimoine naturel consiste à utiliser le formulaire en ligne qui se trouve au nhic.mnr.gov.on.ca (en anglais seulement). Il est aussi très utile d’ajouter des photos accompagnées de coordonnées cartographiques ou de données sur les emplacements précis.
  • Signalez toute activité illégale relative aux plantes et aux animaux sauvages au 1-877-TIPS-MNR (847-7667).
  • Les propriétaires de terrains privés ont un rôle important à jouer en ce qui concerne le rétablissement des espèces en péril. Or, il se peut que vous soyez admissible à des programmes d’intendance servant à la protection et au rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats.
  • Les agriculteurs et les propriétaires de terrains peuvent contribuer à améliorer l’habitat des poissons et à garder l’eau salubre et propre en maintenant une végétation naturelle en bordure des ruisseaux et des rivières, et en empêchant les étendues d’eau de l’Ontario de recevoir des eaux polluées et de se remplir de sédiments issus de l’érosion. Pour plus de renseignements sur les programmes et l’aide financière à l’intention des propriétaires de terrains admissibles, veuillez visiter le site Web de l’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario.
  • Faites du bénévolat auprès d’un club de naturalistes ou d’un parc provincial de votre région pour prendre part à des relevés ou à des travaux d’intendance concernant les espèces en péril.

Le saviez-vous?

Contrairement à d’autres espèces du même genre, la lamproie du Nord n’est pas un parasite et ne s’accroche pas à des poissons-hôtes de plus grande taille. Ses larves sont des organismes filtreurs : elles consomment des plantes et des animaux microscopiques, ainsi que de la matière en décomposition. Les adultes ont un intestin non fonctionnel et ne se nourrissent pas.

Le saviez-vous?

Plusieurs adultes peuvent frayer dans le même nid, et plusieurs mâles peuvent frayer avec une même femelle. La lamproie du Nord femelle peut pondre plus d’un millier d’œufs.

Le saviez-vous?

Les lamproies constituent une des plus anciennes familles de poissons d’eau douce à l’échelle mondiale.

Le saviez-vous?

Les lamproies ont une caractéristique en commun avec les requins : elles n’ont pas d’os, mais plutôt un squelette cartilagineux.