Gomphe de Laura

 
(Stylurus laurae)

En voie de disparition

 
 
Gomphe de Laura
Carte de présence pour le gomphe de Laura

Description

Le gomphe de Laura est une libellule aux yeux verts dont la face pâle présente une ou deux bandes transversales foncées. Elle a des rayures vertes ou jaunes très visibles sur le thorax (la partie du corps située entre la tête et l’abdomen), et son abdomen est foncé avec une rayure dorsale jaune. Comme l’indique son nom anglais (Laura’s Clubtail, littéralement « queue en massue de Laura »), l’extrémité de son abdomen est élargie, ce qui lui donne une apparence de massue. Le gomphe de Laura mesure environ 6 cm de long.

Les œufs du gomphe de Laura peuvent prendre de cinq à trente jours pour éclore. Après l’éclosion, les larves passent deux à quatre ans dans le fond sableux et boueux des rivières. Les larves sortent de l’eau en juin pour se muer en adultes. Les adultes meurent au début de l’automne suivant.

 
 

Aire de répartition

En Ontario, il existe seulement deux sites connus où vit le gomphe de Laura : le long du ruisseau Big et du ruisseau Big Otter, qui se trouvent dans la région de Tillsonburg et de pointe Long, près du lac Érié. Il est possible que cette libellule vive aussi dans des régions avoisinantes comportant des habitats similaires, mais sans y avoir été détectée.

Le gomphe de Laura est jugé rare dans les États frontaliers, mais il est relativement répandu dans le sud-est des États-Unis.

Habitat

Les larves du gomphe de Laura ont besoin de ruisseaux peu profonds dont le fond est constitué de sable ou de boue sableuse et dont les bords sont boisés. Elles sont sensibles à la dégradation de la qualité de l’eau, de sorte qu’on les retrouve uniquement dans les eaux non polluées. Au stade adulte, elles ont besoin du couvert forestier en bordure du ruisseau. Les adultes fréquentent les rapides sur haut-fond pour se nourrir, et ils ont besoin de la végétation au bord du cours d’eau pour se percher entre deux envolées.

Menaces

Puisqu’on en sait toujours peu sur le gomphe de Laura, il n’a pas encore été possible de déterminer les menaces qui pèsent directement sur ses populations en Ontario. Cela dit, le gomphe de Laura a des besoins très particuliers en matière d’habitat et il est sensible à la pollution, donc la perte et la dégradation d’habitat représentent des menaces potentielles pour cette espèce.

Les activités de développement, les pratiques agricoles et les espèces envahissantes – en particulier le gobie à taches noires – peuvent aussi contribuer à dégrader l’habitat du gomphe de Laura. Par ailleurs, bon nombre de libellules meurent en se faisant frapper par des voitures.

Protection

Le gomphe de Laura et son habitat sont protégés aux termes de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario.

Ce que vous pouvez faire pour venir en aide au gomphe de Laura

  • Le ministère des Richesses naturelles fait le suivi d’espèces en péril comme le gomphe de Laura. Si vous observez des spécimens de ces espèces, une façon pratique de le signaler au Centre d’information sur le patrimoine naturel consiste à utiliser le formulaire en ligne qui se trouve au nhic.mnr.gov.on.ca (en anglais seulement). Il est aussi très utile d’ajouter des photos accompagnées de coordonnées cartographiques ou de données sur les emplacements précis.
  • Signalez toute activité illégale concernant les plantes et les animaux sauvages au 1-877-TIPS-MNR (847-7667).
  • Les propriétaires de terrains privés ont un rôle important à jouer en ce qui concerne le rétablissement des espèces en péril. Si vous trouvez le gomphe de Laura sur votre propriété, vous pourriez être admissible à des programmes d’intendance qui appuient la protection et le rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats.
  • Faites du bénévolat auprès d’un club de naturalistes ou d’un parc provincial de votre région pour prendre part à des relevés ou à des travaux d’intendance concernant les espèces en péril.
  • Les espèces envahissantes telles que le gobie à taches noires peuvent représenter une menace pour le gomphe de Laura. Voyez ce que vous pouvez faire pour aider à réduire la menace des espèces envahissantes à l’adresse ontario.ca/especesenvahissantes, au www.especesenvahissantes.gc.ca, au www.invadingspecies.com (en anglais seulement) et au www.ontarioinvasiveplants.ca (en anglais seulement).
  • Les forêts caroliniennes du sud de l’Ontario abritent une impressionnante diversité de plantes et d’animaux sauvages, dont un bon nombre d’espèces en péril. L’organisme Carolinian Canada œuvre en vue de rétablir les espèces en péril et leurs habitats. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site www.carolinian.org/SpeciesHabitats.htm. (en anglais seulement).
  • Vous pouvez contribuer à améliorer l’habitat des libellules et à garder l’eau salubre et propre en maintenant une végétation naturelle en bordure des rivières. Les racines des plantes limitent l’érosion et peuvent ainsi empêcher l’accumulation de sédiments érosifs dans les étendues d’eau. Il y a bien des choses que vous pouvez faire pour empêcher la pollution et les sédiments de s’infiltrer dans les rivières de l’Ontario, et vous pourriez être admissible à une aide financière en ce sens. Pour plus de renseignements sur l’aide financière disponible et les programmes connexes, veuillez visiter le site Web de l’Association pour l’amélioration des sols et des récoltes de l’Ontario : http://www.ontariosoilcrop.org/fr/.

Le saviez-vous?

C’est en 1999 que le gomphe de Laura a été répertorié pour la première fois en Ontario.

Le saviez-vous?

Le gomphe de Laura est nommé en l’honneur de Laura Ditzler, membre du groupe qui a été le premier à identifier l’espèce, en 1931.

Le saviez-vous?

Le gomphe de Laura compte parmi plus de 170 espèces différentes d’odonates (libellules et demoiselles) en Ontario.

Le saviez-vous?

Les adultes nouvellement sortis de leur chrysalide sont particulièrement vulnérables aux prédateurs – grenouilles, araignées, libellules plus grosses et oiseaux – parce que leur exosquelette n’est pas encore durci.

Le saviez-vous?

Au stade larvaire, le gomphe de Laura se nourrit d’abord d’organismes unicellulaires, puis il se met à manger des têtards et de petits poissons lorsqu’il devient plus gros. Les adultes se nourrissent de petits insectes volants.