Chicot févier

(Gymnocladus dioicus)

Menacée

 
 
Chicot févier
Carte de présence pour le chicot févier

Description

Le chicot févier mesure de 15 à 25 m de haut. Ses feuilles, les plus grosses de tous les arbres canadiens, mesurent jusqu’à 60 cm par 90 cm. Elles sont doublement composées et se divisent en de nombreuses folioles bleu-vert de petite taille. Les fleurs de l’arbre sont blanc verdâtre. Son fruit est une gousse dure, foncée et coriace qui mesure environ 15 à 25 cm de long. Cette gousse contient de quatre à sept graines et demeure dans l’arbre tout l’hiver. Le chicot févier peut pousser seul ou en plusieurs troncs qui partent d’un même système racinaire.

 
 

Aire de répartition

Le chicot févier est rare partout dans son aire de répartition, qui s’étend du sud de la région des Grands Lacs jusqu’à l’État de New York du côté est – où on le retrouve à des endroits épars –, jusqu’à l’Oklahoma et à l’Arkansas du côté sud, puis jusqu’au Kansas et au Nebraska du côté ouest. Au Canada, il pousse uniquement dans le sud-ouest de l’Ontario, où on l’a observé sur 20 sites en 2000.

Habitat

Le chicot févier pousse dans divers habitats, mais c’est sur les sols riches et humides qu’il pousse le mieux. On le retrouve donc souvent sur des plaines inondables, quoiqu’il tolère également les sols rocailleux peu fournis en terre ainsi que les sols sableux. Ne supportant pas l’ombre, cet arbre pousse aux extrémités des terrains boisés ou profite des ouvertures du couvert, aussi bien dans les forêts que sur les terrains boisés.

Menaces

Les plus grandes menaces qui pèsent sur le chicot févier sont le manque d’habitats de bonne qualité ou de qualité acceptable, ainsi que la faible production de graines. Les fleurs mâles et femelles poussent sur des arbres distincts, et les arbres produisent seulement des graines si les deux sexes se retrouvent en étroite proximité. En Ontario, bon nombre de populations sont unisexuées et dépendent donc de la multiplication végétative (sans graines). Lorsqu’il y a production de graines, les mesures de protection contre les inondations empêchent souvent leur dispersion efficace. Le déboisement à des fins agricoles représente aussi une menace importante pour cette espèce. Dans la région des Grands Lacs, de grandes populations de cormorans à aigrettes menacent certaines populations de chicot févier, car l’accumulation des excréments sur les sites de nidification atteint des niveaux toxiques pour cet arbre rare. Par ailleurs, la plantation de chicots féviers ornementaux issus de populations non indigènes constitue aussi une menace, puisque leurs gènes peuvent venir contaminer le patrimoine génétique adapté aux conditions de la région.

Protection

Le chicot févier et son habitat sont protégés aux termes de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario et de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral.

Pour obtenir plus de renseignements sur les mesures législatives qui permettent de protéger les espèces en péril de l’Ontario, consultez le site ontario.ca/especesenperil.

Ce que vous pouvez faire pour venir en aide au chicot févier

  • Le ministère des Richesses naturelles fait le suivi d’espèces en péril comme le chicot févier. Lorsque vous observez des spécimens de cette espèce, la façon la plus pratique de le signaler au Centre d’information sur le patrimoine naturel consiste à utiliser le formulaire en ligne qui se trouve au nhic.mnr.gov.on.ca/nhic_f.html(en anglais seulement).Il est aussi très utile d’ajouter des photos accompagnées de coordonnées cartographiques ou de données sur les emplacements précis.
  • Signalez toute activité illégale se rapportant aux plantes et à la faune en composant le 1 877 TIPS-MNR (847-7667).
  • Les propriétaires de terrains privés ont un rôle important à jouer en ce qui concerne le rétablissement des espèces en péril. Si vous trouvez un chicot févier sur votre propriété, vous pourriez être admissible à des programmes d’intendance qui appuient la protection et le rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site ontario.ca/especesenperil.
  • Consultez le ministère des Richesses naturelles pour obtenir des renseignements sur les règlements provinciaux et les pratiques de gestion optimales quand vous travaillez près de terres humides et en forêt. Composez sans frais le 1-800-667-1940 ou consultez le   site Web du ministère.
  • Faites du bénévolat auprès d’un club de naturalistes ou d’un parc provincial de votre région pour prendre part à des relevés ou à des travaux d’intendance concernant les espèces en péril.
  • Les pollinisateurs, dont les abeilles, jouent un rôle clé dans la survie de nombreuses espèces de plantes rares de l’Ontario, mais ils connaissent un dépérissement marqué à l’échelle mondiale. Pour plus de renseignements sur ce que vous pouvez faire pour aider les chercheurs à surveiller les populations de pollinisateurs en Ontario, rendez-vous à l’adresse suivante : www.pollinisationcanada.ca.
  • Les forêts caroliniennes du sud de l’Ontario abritent une impressionnante diversité de plantes et d’animaux sauvages, dont un bon nombre d’espèces en péril. L’organisme Carolinian Canada œuvre en vue de rétablir les espèces en péril et leurs habitats. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site www.carolinian.org/SpeciesHabitats.htm (en anglais seulement).

Le saviez-vous?

Les feuilles et les graines du chicot févier contiennent un alcaloïde toxique, la cytisine, dont l’ingestion peut être mortelle. Cependant, les peuples autochtones torréfient les graines de chicot févier afin de les utiliser pour traiter les maux de tête et soulager les problèmes de digestion. La torréfaction est censée neutraliser les toxines.

Le saviez-vous?

Dans le nom latin du chicot févier (Gymnocladus dioicus), le terme générique Gymnocladus signifie « branche nue » et a été attribué à l’arbre parce qu’il passe jusqu’à neuf mois par année sans feuilles.

Le saviez-vous?

Une seule autre espèce appartient au même genre que le chicot févier, soit un arbre qui pousse uniquement en Chine.

Le saviez-vous?

Aucun herbivore indigène ne consomme les graines toxiques du chicot févier, mais les éléphants mangent des gousses similaires en grandes quantités, ce qui a mené à l’hypothèse que le mastodonte, maintenant disparu, consommait les gousses du chicot févier. En fait, les graines uniques du chicot févier, apparemment immangeables pour les animaux indigènes, se sont peut-être développées spécifiquement pour la dispersion assistée par les mastodontes.

 

Loi sur les espèces en voie de disparition


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