Menacée
Description
L’hydraste du Canada est une plante herbacée vivace comportant une tige velue, dressée à la verticale, qui peut atteindre 50 cm de haut. La tige porte trois feuilles : une à la base et deux dans le haut. Ses feuilles, à double dentelure, comptent cinq lobes et atteignent 25 cm de large. Ses fleurs se caractérisent par le fait qu’elles n’ont pas de pétales ou de sépales, mais bien des étamines très apparentes d’un blanc vif. Son fruit, non comestible, ressemble à une framboise rouge foncé et contient jusqu’à 30 petites graines de couleur brun foncé ou noire. Comme l’indique le nom anglais de la plante (« goldenseal », littéralement « sceau doré »), le bulbe jaune éclatant porte les cicatrices des tiges précédentes, ce qui le fait ressembler aux sceaux de cire utilisés jadis pour fermer les lettres.
Mesures que nous prenons:
Aire de répartition
Bien qu’elle y soit rare partout, l’hydraste du Canada est largement distribuée dans toute son aire de répartition de l’est de l’Amérique du Nord, qui s’étend du sud de l’Ontario et de la Nouvelle-Angleterre jusqu’à la Géorgie et à l’Arkansas du côté sud, puis jusqu’au Kansas et à l’Oklahoma du côté ouest. Au Canada, on ne la retrouve qu’à l’extrémité sud-ouest de l’Ontario et dans la zone carolinienne.
Habitat
L’hydraste du Canada pousse dans des forêts de feuillus, sur les sols riches et humides situés dans des zones semi-ouvertes ou fermées. On la retrouve sur des hautes terres périodiquement inondées, et sur des basses terres à proximité de plaines inondables. Elle pousse souvent dans les mêmes habitats que le chêne rouge, l’érable à sucre, l’aubépine, le caryer ovale, l’ostryer de Virginie et le tilleul d’Amérique. Cette plante pousse habituellement à des endroits où des perturbations ont fait tomber des arbres, ou encore près de sentiers récréatifs ou en bordure des bois. Elle préfère les sols limoneux-sableux, limoneux ou argileux, selon qu’elle pousse sur des hautes terres ou des basses terres.
Menaces
La perte et la dégradation d’habitat constituent la principale menace qui pèse sur l’hydraste du Canada, également menacée par la modification des régimes d’inondations et de drainage. La récolte à des fins médicinales est aussi considérée comme une menace importante, puisque les plantes vendues au Canada proviennent presque toutes de populations sauvages.
Protection
L’hydraste du Canada et son habitat sont protégés aux termes de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario et de la Loi sur les espèces en péril du gouvernement fédéral.
Ce que vous pouvez faire pour venir en aide à l’hydraste du Canada
- Le ministère des Richesses naturelles fait le suivi d’espèces en péril comme l’hydraste du Canada. Lorsque vous observez des spécimens de cette espèce, la façon la plus pratique de le signaler au Centre d’information sur le patrimoine naturel consiste à utiliser le formulaire en ligne qui se trouve au nhic.mnr.gov.on.ca/nhic_f.html(en anglais seulement).Il est aussi très utile d’ajouter des photos accompagnées de coordonnées cartographiques ou de données sur les emplacements précis.
- Signalez toute activité illégale se rapportant aux plantes et à la faune en composant le 1 877 TIPS-MNR (847-7667).
- Les propriétaires de terrains privés jouent un rôle important dans le rétablissement des espèces en péril. Si vous trouvez l’hydraste du Canada sur votre propriété, vous pourriez être admissible à des programmes d’intendance qui contribuent à la protection et au rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats.
- Consultez le ministère des Richesses naturelles pour obtenir des renseignements sur les règlements provinciaux et les pratiques de gestion optimales quand vous travaillez près de terres humides et en forêt, de façon à protéger ces habitats importants. Composez sans frais le 1-800-667-1940 ou consultez le site Web du ministère.
- Les forêts caroliniennes du sud de l’Ontario abritent une impressionnante diversité de plantes et d’animaux sauvages, dont un bon nombre d’espèces en péril. L’organisme Carolinian Canada œuvre en vue de rétablir les espèces en péril et leurs habitats. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site www.carolinian.org/SpeciesHabitats.htm(en anglais seulement).
- Faites du bénévolat auprès de votre club de nature local ou du parc provincial en participant à des tâches d'enquête ou d'intendance axées sur les espèces en péril.
- Le Programme de gérance agroenvironnementale Canada-Ontario est offert aux agriculteurs admissibles pour les encourager à mieux protéger et conserver l’habitat des espèces en péril. Pour plus de renseignements, veuillez consulter le site http://www.omafra.gov.on.ca/french/environment/efp/efp.htm.
Le saviez-vous?
En médecine traditionnelle, les Autochtones utilisaient les racines de cette plante pour faire un thé qui servait à traiter divers maux, notamment les ulcères ou inflammations des membranes muqueuses. De nos jours, l’hydraste du Canada demeure populaire en phytothérapie, mais il ne faudrait utiliser que les plantes produites dans des fermes, étant donné l’extrême rareté de cette espèce dans la nature.
Le saviez-vous?
L’hydraste du Canada est une des rares espèces de plantes forestières à bien se développer sur des sites qui ont subi des perturbations. Les perturbations naturelles comprennent la chute d’arbres, qui créent une ouverture à la lumière, ainsi que les trous creusés par les animaux sauvages, qui entraînent un brassage du sol.
Le saviez-vous?
Avant de germer, les graines de l’hydraste du Canada peuvent demeurer en dormance dans le sol pendant environ 10 mois, soit de la fin juillet jusqu’au début mai. Cependant, le taux d’établissement des jeunes pousses est très faible en Ontario.
Communiquez avec votre bureau local du ministère
Souvent, la meilleure source de renseignements sur les espèces en péril est votre bureau du MRN. Communiquez avec lui pour poser des questions ou faire part de vos inquiétudes.