Étude des caribous parmi les autres mammifères du Nord ontarien
Cette meilleure compréhension aidera le ministère à développer des pratiques de gestion des resources qui permettront de réduire l'impact du développement humain et de l'utilisation des ressources sur le caribou.
Ce programme vise à trouver des moyens de garder en santé les populations de caribou de la province. Depuis 2010, les chercheurs affectés au programme ont posé à des caribous, dans trois grandes zones d’études, plus de 190 colliers qui transmettent des données sur leur emplacement et leurs habitudes de déplacement. L’objectif des chercheurs est d’étudier des spécimens dans des écopaysages relativement peu développés, et parallèlement dans des zones plus perturbées et développées, afin de recueillir des renseignements servant à établir l’effet des activités humaines sur la survie, la reproduction, la sélection de l’habitat et les habitudes de déplacement des animaux. Les chercheurs comptent analyser ces renseignements pour acquérir une meilleure compréhension des facteurs qui influencent le maintien des populations de caribou. Cette compréhension améliorée aidera le ministère à élaborer de nouvelles pratiques de gestion des ressources, de manière à atténuer les conséquences qu’occasionnent aux caribous les activités de développement et l’exploitation des ressources à des fins humaines.
Dans cet écopaysage, on suppose que la densité de population des caribous est influencée par la quantité d’autres gros animaux de proie (p. ex. les originaux) et de prédateurs (p. ex. les loups). Quand des forêts auparavant inexploitées sont touchées par des activités de développement ou d’extraction de ressources, les perturbations peuvent venir modifier les populations d’animaux, leur comportement et le nombre d’habitats disponibles pour les espèces comme l’orignal et le loup. Ces modifications sont susceptibles d’avoir une incidence négative sur la densité et le maintien de la population de caribous.
Pour mieux comprendre l’influence que les prédateurs et les autres espèces d’animaux de proie peuvent avoir sur les caribous, les chercheurs recueillent aussi de l’information sur la distribution, la densité de population et le comportement de ces autres espèces. Par exemple, plus de 45 loups se sont fait poser des colliers transmettant des données sur leur emplacement et leurs déplacements. Ces colliers ont été posés à des animaux vivant dans les trois mêmes zones d’étude que les caribous munis de colliers. Les renseignements recueillis sont axés sur les types d’habitat (p. ex. : types forestiers, caractéristiques de l’écopaysage) où les loups vivent et se déplacent, sur les espèces de proie qu’ils mangent et sur les caractéristiques des lieux où ils attrapent ces proies.
Les chercheurs mènent aussi des activités de surveillance aérienne dans les zones d’étude afin de calculer la densité de population des orignaux et de déterminer les caractéristiques des lieux où cette densité est relativement faible ou élevée. Ils analysent en outre les données historiques provenant des orignaux qui se sont fait poser un collier dans d’autres régions du Nord ontarien, de manière à acquérir des connaissances détaillées sur la réaction des orignaux à différents types de pratiques forestières.
Par leur aspect global, ces recherches sur les caribous – qui portent à la fois sur les caribous eux-mêmes et sur les espèces avec lesquelles ils interagissent – devraient nous permettre d’acquérir des connaissances approfondies sur l’écologie du caribou, ce qui aidera le ministère à élaborer des mesures efficaces pour protéger cette espèce.