Description
Le châtaignier d’Amérique est un grand arbre à feuillage caduc qui atteignait autrefois 30 m, mais qui, en Ontario, ne fait généralement plus que 10 m. Son écorce brun-gris foncé devient craquelée avec l’âge. Ses feuilles, pour la plupart glabres, font entre 15 à 30 cm de long et 5 à 10 cm de large lorsqu’elles atteignent la maturité. De forme allongée et pointue, elles sont ornées de dents grossières et épineuses. Bien que pourvu de fleurs mâles et femelles, le châtaignier ne peut pas se polliniser lui-même. Il produit des fruits comestibles enveloppés dans une bogue épineuse renfermant une à cinq châtaignes. Les petits mammifères et les oiseaux distribuent, emmagasinent et enterrent les châtaignes.
Mesures que nous prenons:
Aire de répartition
Le châtaignier d’Amérique a presque disparu de tout l’est de l’Amérique du Nord à la suite d’une épidémie de la maladie fongique appelée la brûlure du châtaignier (Cryphonectria parasitica). Au Canada, le châtaignier d’Amérique pousse surtout dans le sud-ouest de l’Ontario. En 2004, on estimait qu’il y avait de 120 à 150 arbres parvenus à maturité et un millier de petits ou jeunes individus dans la province.
Habitat
Le châtaignier d’Amérique préfère les forêts décidues de terrain élevé sur sol sableux, acide ou neutre. En Ontario, il ne pousse que dans la zone carolinienne située entre les lacs Érié et Huron. Les espèces qui lui sont associées sont le chêne rouge, l’érable à sucre, le frêne blanc d’Amérique et d’autres arbres à feuillage caduc.
Menaces
Le champignon de la brûlure du châtaignier a eu un effet dévastateur sur le châtaignier d’Amérique. Vraisemblablement introduit en Amérique du Nord au début des années 1900, en provenance d’Asie, il a tué 99 pour cent des châtaigniers d’Amérique en une trentaine d’années! Cette maladie menace constamment le châtaignier d’Amérique dans son aire de répartition. On n’a observé aucune preuve de résistance naturelle à la maladie dans le reste de la population. Heureusement, la maladie tue principalement la tête de l’arbre et laisse ainsi les systèmes racinaires en vie. Les arbres morts réagissent au moyen de nouvelles pousses qui émergent du collet des souches mortes. La population existante persiste principalement en raison de gaulis et d’arbres qui poussent de ces souches et de rares graines viables qui germent. La perte de l’habitat attribuable au déboisement et aux dégâts subis par les arbres au cours de l’exploitation forestière représente une menace supplémentaire.
Protection
Le châtaignier d’Amérique est protégé en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario et de la Loi sur les espèces en péril du Canada.
Ce que vous pouvez faire pour aider le châtaignier d’Amérique
- Le ministère des Richesses naturelles effectue le suivi des espèces en péril comme le châtaignier d’Amérique. Vous pouvez utiliser un formulaire en ligne pratique pour signaler vos observations au Centre d’information sur le patrimoine naturel. Les photographies accompagnées d’information sur les endroits précis où elles ont été prises ou de coordonnées cartographiques sont toujours utiles. nhic.mnr.gov.on.ca/nhic_f.html(en anglais seulement).
- Signalez toute activité illégale se rapportant aux plantes et à la faune en composant le 1 877 TIPS-MNR (847-7667).
- Les propriétaires de terres privées ont un rôle très important à jouer dans le rétablissement des espèces en péril. Si vous trouvez le châtaignier d’Amérique sur votre propriété, vous pourriez être admissible à des programmes d’intendance qui contribuent à la protection et au rétablissement des espèces en péril et de leurs habitats.
- Le Canadian Chestnut Council est un organisme de bienfaisance scientifique qui se consacre à la protection et au rétablissement du châtaignier d’Amérique dans le sud de l’Ontario. Renseignements à ce sujet à www.canadianchestnutcouncil.org (en anglais seulement).
- Faites du bénévolat auprès de votre club de nature local ou du parc provincial en participant à des tâches d’enquête ou d’intendance axées sur les espèces en péril.
- Les pollinisateurs comme les abeilles jouent un rôle déterminant dans la survie d’un grand nombre de plantes rares en Ontario, mais leur nombre est en net déclin dans le monde entier. Pour savoir comment aider les scientifiques à surveiller les populations de pollinisateurs en Ontario, visitez : www.seeds.ca/proj/poll (en anglais seulement).
- Les espèces envahissantes constituent une grave menace pour un grand nombre d’espèces en péril de l’Ontario. Pour savoir ce que vous pouvez faire pour contribuer à réduire la menace que représentent les espèces envahissantes, visitez les sites ontario.ca/especesenvahissantes, www.invadingspecies.com, www.ontarioinvasiveplants.ca (en anglais seulement) et www.especesenvahissantes.gc.ca.
Le saviez-vous?
À l’époque où les châtaigniers d’Amérique étaient abondants, leurs fruits contribuaient largement à l’alimentation de plusieurs types d’animaux et d’oiseaux, de même qu’à celle des humains.
Le saviez-vous?
Les peuples autochtones utilisaient le châtaignier d’Amérique de plusieurs façons : remède pour traiter plusieurs affections (toux, dermatite, trouble du cœur, etc.), aliment et boisson de base, matériau de construction, bois de chauffage et teinture. Les premiers colons se sont vite rendu compte à quel point cet arbre était précieux et s’en sont servi de façons semblables.
Le saviez-vous?
Les fleurs du châtaignier d’Amérique sont pollinisées par les insectes. Les écureuils propagent et sèment les graines en les enterrant.
Le saviez-vous?
Ne confondez pas le rare châtaignier d’Amérique avec les châtaigniers cultivés en Ontario qui comprennent le châtaignier d’Espagne (C. sativa), le châtaignier chinois (C. mollissima) et le châtaignier du Japon (C. crenata). La surface inférieure des feuilles de toutes ces espèces présente une pilosité variable. On sait qu’il existe des croisements entre ces espèces et le châtaignier d’Amérique et qu’ils sont difficiles à reconnaître.
Le saviez-vous?
Le marronnier d’Inde (Aesculus hippocastanum) est un arbre très différent, qui est planté dans les zones urbaines du sud de l’Ontario. Ses feuilles sont découpées en cinq palmes formant un demi-cercle et son fruit, un gros marron luisant, se présente dans une enveloppe épineuse.
Communiquez avec votre bureau local du ministère
Souvent, la meilleure source de renseignements sur les espèces en péril est votre bureau du MRN. Communiquez avec lui pour poser des questions ou faire part de vos inquiétudes.

