Bilan du carbone forestier en Ontario

Comment le bilan du carbone forestier peut-il être évalué?

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Les évaluations du bilan de carbone forestier peuvent varier selon la méthode et les hypothèses utilisées par le chercheur. Par exemple, dans ses calculs, le chercheur peut :

 

  • Traiter le climat comme une constante dans le temps ou ajuster les données sur le climat pour tenir compte de changements potentiels futurs
  • Traiter les taux de perturbation (comme les feux) comme une constante dans le temps ou les ajuster pour tenir compte des modifications potentielles futures du régime des perturbations
  • Inclure à ses calculs les produits du bois, qui stockent le carbone pendant une longue période après l’abattage des arbres, ou ignorer le carbone stocké dans ces produits 
  • Supposer que le volume de carbone présent dans le sol est constant, puisqu’on sait peu de choses sur la façon dont l’aménagement des forêts et les changements climatiques agissent sur cette composante, ou tenter d’estimer comment le volume de carbone contenu dans le sol pourrait évoluer avec le temps.

 

Comme les hypothèses varient, les estimations portant sur les stocks de carbone peuvent elles aussi varier sensiblement. Il est important de comprendre quelles sont les méthodes et les hypothèses utilisées dans l’établissement de chaque estimation. 

 

Pour estimer avec précision les stocks de carbone, les chercheurs ne doivent pas se contenter que des données sur les processus naturels et sur la façon dont ceux-ci sont influencés par l’aménagement forestier. Ils doivent aussi savoir comment le bilan de carbone est modifié par l’utilisation du bois plutôt que des combustibles fossiles et des matériaux de construction à intensité carbonique élevée, comme l’acier ou le béton, et par la combustion de combustibles fossiles pendant l’exploitation forestière, le transport du bois et le traitement des produits du bois. En bref, de nombreux facteurs peuvent modifier les estimations des stocks de carbone des forêts gérées. Les chercheurs ont estimé le volume de carbone stocké dans les forêts gérées de l’Ontario (figure 2). Ces estimations comprennent le carbone dans :

 

  • La biomasse des arbres vivants (toutes les parties vivantes de l’arbre, au-dessus et en dessous du sol)
  • Les plantes des sous-bois
  • Les arbres morts, sur pied et tombés
  • Le tapis forestier (couche de feuilles et d’autres matériaux organiques couvrant le sol)
  • Le sol

 

Les estimations du bilan de carbone des forêts gérées ontariennes comprennent le carbone stocké dans les produits du bois ainsi que le carbone émis pendant leur fabrication, leur utilisation et leur élimination. 

 

Fig 2 -- La zone de forets gerees

Figure 2. La zone de forêts gérées servant aux calculs du volume de carbone exclut le sud de l’Ontario et la majeure partie du Grand Nord, mais inclut la zone de lutte contre les incendies (ligne rouge).

 

 

Les chercheurs du ministère des Richesses naturelles ont utilisé le logiciel FORCARB-ON de modélisation du bilan du carbone forestier, créé pour l’Ontario, pour estimer les stocks actuels et futurs de carbone forestier fondés sur les plans d’aménagement forestier approuvés. Les résultats de leurs recherches montrent quand, et dans quelle mesure, les forêts gérées de l’Ontario agiront comme des puits de carbone et contribueront ainsi à atténuer le réchauffement climatique. Des travaux à venir examineront comment les forêts peuvent réagir à un climat changeant. Les chercheurs pourront ainsi mieux évaluer les stocks de carbone forestier.

 

Fig 3 -- Évolution du volume de carbone
Figure 3. Évolution du volume de carbone en Ontario entre 2001 et 2100, estimée par décennie pour les forêts gérées, les produits du bois et globalement.

 

 

Sur la période de 100 ans allant de 2001 à 2100, la forêt gérée (barres vertes) sera probablement un puits de carbone (figure 3). Ce résultat ne comprend pas les émissions de carbone provenant des zones humides non couvertes de forêt et suppose que les niveaux actuels de carbone contenus dans le sol resteront constants. Pendant quelques décennies (de 2031 à 2060), cependant, les forêts gérées de l’Ontario constitueront probablement une source de carbone.

 

Après que les chercheurs eurent inclus le carbone contenu dans les produits du bois (barres rouge foncé) dans leurs estimations, ils ont découvert que, après 100 ans, cinq fois plus de carbone sera ajouté au carbone stocké dans les produits du bois que dans les forêts. Globalement, les forêts gérées de l’Ontario et les produits du bois stockeront plus de carbone qu’il en sera émis pendant le siècle (barres noires).

 

Les changements climatiques peuvent modifier le volume de carbone stocké par les forêts. Par exemple, une saison de croissance plus longue peut augmenter le volume de carbone stocké dans les forêts. Si les conditions changent et que la pluviométrie n’est pas suffisante pour alimenter la croissance des arbres, alors moins de carbone sera stocké. Les feux et les pullulations de ravageurs, résultant de conditions plus sèches que la normale, peuvent aussi entraîner l’augmentation du taux de mortalité des arbres et faire en sorte que les forêts émettent plus de carbone.