Le phragmite commun en Ontario

Le phragmite commun est une espèce envahissante qui cause des dommages aux terres humides.

 

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5.2 metre tall Peuplement de phragmite mesurant 5,2 mètres. Photo : J.M. Gilbert

Que sont les espèces envahissantes?

 

Certains des animaux et plantes qu’on trouve en Ontario ne sont pas indigènes à la province. Beaucoup de ces espèces sont inoffensives et peuvent même offrir des avantages en matière de nourriture et de possibilités sur le plan des loisirs. Malheureusement, d’autres menacent l’environnement, l’économie, la société ou la santé humaine en Ontario. On appelle ces espèces nuisibles « espèces envahissantes ».

 

Les espèces envahissantes ont été introduites sur les terres et dans les eaux de l’Ontario par les eaux de ballast rejetées par des navires de charge et par l’entremise de marchandises importées d’autres parties du monde. Les espèces envahissantes n’ont souvent pas de prédateurs naturels dans leurs nouveaux milieux; elles s’adaptent facilement à une gamme de conditions environnementales et se reproduisent rapidement. Ces caractéristiques permettent aux espèces envahissantes de s’établir promptement dans leur nouvel habitat. Plus de 185 espèces non indigènes vivent dans le bassin des Grands Lacs, y compris des espèces envahissantes comme la salicaire pourpre et la moule zébrée.

 

Les espèces envahissantes peuvent perturber les écosystèmes et causer du tort et du stress aux espèces indigènes, y compris les espèces en péril. Les espèces envahissantes peuvent modifier les réseaux trophiques, nuire aux cycles des substances nutritives et déloger les espèces indigènes. Ces changements sont souvent irréversibles et peuvent réduire la biodiversité.

 

Qu’est-ce que le phragmite commun?

 

Le Phragmites australis (sous-espèce australis, aussi connue sous le nom de roseau commun ou phragmite commun) est une graminée vivace envahissante qui a cause de graves dommages aux terres humides et aux plages de l’Ontario depuis plusieurs décennies. On ne sait pas exactement comment le phragmite commun a été introduit en Amérique du Nord depuis son milieu indigène eurasien. En 2005, des chercheurs d’Agriculture et Agroalimentaire Canada l’ont désigné comme la « pire » espèce végétale invasive au pays. Malgré cette désignation, le Phragmite commun est toujours vendu comme plante ornementale dans certains centres jardiniers.

 

Le phragmite commun est une plante très agressive qui se répand rapidement et s’approprie l’eau et les éléments nutritifs dont ont besoin les espèces indigènes. Cette espèce envahissante est florissante dans les habitats perturbés et est souvent l’une des premières espèces à les coloniser. Le phragmite commun dispose d’un réseau complexe de racines spécialisées qui sécrètent des toxines dans le sol, lesquelles empêchent la croissance des plantes voisines et les tuent. Bien que le phragmite commun préfère les eaux stagnantes, ses racines peuvent atteindre des longueurs extrêmes. Celles-ci peuvent aussi se prolonger profondément dans le sol pour trouver l’humidité qui lui est nécessaire, ce qui permet à la plante de survivre dans des endroits relativement secs.

 

Les peuplements de phragmites communs se reproduisent principalement par le prolongement de stolons ou la dispersion de fragments de racines qui croissent et deviennent rapidement de nouvelles plantes. Les fragments de racines peuvent être transportés par l’eau courante, le vent ou les animaux qui se déplacent. L’activité humaine comme les industries horticoles et agricoles ainsi que le déplacement des bateaux, des remorques et des VTT peut aussi contribuer à la dispersion des fragments de racines. Une fois établi, le nouveau phragmite peut croître de plusieurs mètres en hauteur et produire jusqu’à 2 000 graines chaque année.

 

Le phragmite commun est un proche parent de la sous-espèce indigène Phragmites australis, sous-espèce americanus. Le phragmite indigène n’atteint généralement ni la taille ni la densité des sousespèces envahissantes, pas plus qu’il ne fait la concurrence à d’autres espèces indigènes. À l’inverse, les peuplements de phragmites communs sont extrêmement denses, comptant jusqu’à 200 tiges par mètre carré, et les plantes individuelles peuvent atteindre jusqu’à cinq mètres de hauteur. Les peuplements de phragmites communs peuvent gagner une telle densité qu’ils supplantent d’autres espèces tandis que le phragmite indigène croît en combinaison avec d’autres plantes (Figure 1).

 

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Figure 1 : Un peuplement de phragmites indigènes (à gauche) et un peuplement de phragmites envahissants (à droite). Remarquez la végétation variée et la densité plus faible des tiges de phragmites indigènes dans le peuplement à gauche, tandis que les tiges de phragmites envahissants, à droite, sont plus hautes et plus denses. Photo : Erin Sanders et J.M. Gilbert. Figure 2 : Une tige de phragmite indigène (à gauche) et celle d’un phragmite envahissant (à droite). Remarquez la tige brun rougeâtre à gauche et celle brun clair ou beige de l’espèce envahissante à droite. Photo : Erin Sanders et J.M. Gilbert.

 

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Figure 3 : Une feuille de phragmite indigène (bas) et celle d’un phragmite envahissant (haut). Remarquez la couleur jaune vert de la feuille du phragmite indigène tandis que celle du phragmite envahissant est bleu vert. Photo : Erin Sanders. Figure 4 : Une tige porte-graines d’un phragmite indigène (haut) et d’un phragmite envahissant (bas). Remarquez que la tige porte-graines du phragmite indigène est plus petite et moins dense que celle de l’espèce envahissante. Photo : Erin Sanders

 

Un peuplement de phragmites communs est caractérisé par des tiges brun clair ou beige, des feuilles bleu vert et de grandes tiges porte-graines de haute densité (Figures 2, 3 et 4). Un certain nombre de caractéristiques doivent être examinées afin de déterminer si l’espèce est une variété indigène. Dans certains cas, une analyse génétique pourrait être nécessaire en vue d’établir la présence d’une sous-espèce envahissante de phragmite.