Le touladi des Grands Lacs d’amont

 

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Les touladis ont déjà été les poissons commerciaux les plus importants des Grands Lacs d’amont.
Leur nombre a diminué considérablement au cours du 20e siècle en raison de la surpêche et de la prédation par la lamproie marine. Après des décennies de repeuplement, et de contrôle de la lamproie, les touladis se reproduisent maintenant naturellement dans la plus grande partie du lac Supérieur et dans certaines parties du lac Huron.

 

Biologie du touladi
Le touladi (Salvelinus namaycush) est bien adapté aux eaux profondes et claires des Grands Lacs d’amont: le lac Huron et le lac Supérieur (Figure 1). Ils ont habité les eaux froides, à faible productivité du nord de l’Amérique du Nord depuis plus de deux millions d’années. Aujourd’hui, ces poissons se trouvent principalement dans les Grands Lacs et dans les lacs profonds et froids sur le Bouclier canadien. L’Ontario abrite plus de 25 pour cent des eaux contenant des touladis dans le monde entier.

 

Les touladis pondent généralement au début de l’automne dans les zones rocheuses littorales maintenues propres par le vent, les vagues, et les courants. Dans la partie supérieure des Grands Lacs, certaines populations pondent sur des récifs profonds submergés et, dans de rares cas, peuvent migrer vers les rivières pour se reproduire.

 

Situation de lac Huron et lac Supérieur
Figure 1 : Situation des Grands Lacs – Le lac Huron et le lac Supérieur.

 

Les oeufs fécondés s’installent dans les espaces entre les roches et le gravier, et se développent sous la glace pendant l’hiver.

 

Les oeufs éclosent à la mi-avril et au début mai. Les alevins nouvellement éclos restent cachés dans le gravier et survivent sur leur sac vitellin pendant plusieurs semaines. Une fois que les alevins deviennent mobiles, ils recherchent des eaux plus profondes pour éviter les poissons prédateurs, dont les plus grands touladis. Les jeunes touladis se nourrissent d’abord de zooplancton, mais passent très vite aux crustacés ressemblant à des crevettes et aux petits poissons. À mesure qu’ils grandissent, les touladis deviennent des mangeurs opportunistes et mangent toute proie disponible, y compris le gaspareau, l’éperlan, le zooplancton, les insectes, les éponges d’eau douce, et d’autres touladis.

 

Cycle de vie du touladi
Figure 2 : Cycle de vie du touladi.

 

Le touladi adulte a tendance à cibler des espèces de proies comme le corégone, le cisco de lac (qu’on appelait aussi le hareng de lac), et même de petits mammifères, comme les souris et les musaraignes.

 

Il existe plusieurs formes de touladis qui diffèrent par la taille du corps et la forme, l’habitat, et la préférence de proies. Les biologistes ont décrit plus de douze de ces formes, mais trois grands groupes sont reconnus dans les Grands Lacs d’amont (Figure 3):

 

• Le touladi maigre est la forme dominante dans les eaux côtières ayant moins de 80 mètres de profondeur. Leur allure élancée est celle qui est le plus souvent associée au touladi.
• Le siscowet vit en eau profonde et s’engraisse en mangeant du cisco de lac. Cette forme de touladi est reconnue comme une sous-espèce distincte (Salvelinus namaycush siscowet).
• Les « Humpers » sont les moins abondantes des trois formes et se trouvent principalement sur des récifs profonds (ou bosses) au large des côtes et les berges abruptes menant à des eaux profondes.

 

Trois formes de touladi

Figure 3 : Trois formes de touladi dans les 

Grands Lacs d’amont.

 

Les touladis ont évolué de plusieurs traits qui leur ont permis de survivre et de prospérer dans les Grands Lacs d’amont. Ils ont un faible taux métabolique, ce qui permet la croissance et le mouvement à de basses températures, ils peuvent survivre pendant de longues périodes sans nourriture, leur croissance est lente, et leur maturité tardive. La maturité sexuelle est atteinte lorsqu’ils ont environ sept à douze ans dans les Grands Lacs d’amont, comparativement à trois ans pour le doré et l’achigan.

 

Les pêcheurs commerciaux ayant oeuvré longtemps dans le lac Huron et qui ont été interviewés à la fin des années 1970, ont rapporté qu’il y avait quelque 16 formes différentes de touladi. Il s’agit notamment de touladi redfin, albacore, du sable, vert, gris, noir et maigre. La plupart de ces formes n’existeraient probablement plus.