Facteurs ayant une incidence éventuelle sur les ours polaires de l’Ontario

Le changement climatique pourrait s’avérer la plus grande menace à long terme aux ours polaires. La surchasse, les contaminants de l’environnement et un développement industriel accru dans le Grand Nord de l’Ontario sont tous des facteurs qui ont une incidence éventuelle sur la survie à long terme des ours polaires de la province.

 

Changements climatiques

 

Dans la baie d’Hudson et la baie James, le changement climatique provoque la fonte précoce et la prise tardive de la glace de mer. La durée de temps que les ours polaires passent sur la glace à se nourrir de phoques et à s’engraisser pour les périodes de jeûne saisonnières est par conséquent réduite. Au cours des 30 dernières années, la fonte de la glace de mer a commencé environ 9,5 jours plus tôt par décennie dans le nord de la baie James et de cinq à huit jours plus tôt par décennie le long de la côte sud de la baie d’Hudson en Ontario.

 

L’état corporel et le taux de survie de la sous-population d’ours polaires du sud de la baie d’Hudson tendent à diminuer, bien que le nombre d’ours polaires demeure stable. Si cette situation persiste, la taille de la sous population d’ours polaire dans le sud de la baie d‘Hudson pourrait baisser. Une telle baisse est observée ailleurs. Au cours des 20 dernières années, la population d’ours polaires de l’ouest de la baie d’Hudson affiche une baisse de l’état corporel, du taux de reproduction et de survie plus bas (chez les jeunes ours et les ours plus vieux près de Churchill (Manitoba) et avec l’âge en raison de la fonte précoce de la glace de mer) et du nombre d’ours (une baisse de 22 pour 100).

 

La chasse

 

À cause de leur faible potentiel de reproduction, les populations d’ours polaires sont particulièrement vulnérables à la surchasse de femelles adultes. Les collectivités autochtones de l’Ontario, du Nunavut et du Québec pratiquent toutes la chasse aux ours polaires dans le sud de la baie d’Hudson. La chasse durable de cette sous-population est fondée sur la surveillance et la gestion collaboratives continues des activités de chasse par les trois champs de compétence. Pour toute information sur les niveaux et la gestion des activités de chasse actuels en Ontario, consultez la section sur la gestion de la chasse dans le présent rapport.

 

Contaminants de l’environnement

 

Les ours polaires sont de grands carnivores et des contaminants de l’environnement s’accumulent dans leurs corps. Des contaminants tels que les BPC (diphényle polychloré) et des pesticides tels que le DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane) pénètrent dans leurs corps par l’entremise des aliments qu’ils mangent. Ces contaminants sont produits par les humains dans les régions habitées et transportés dans les régions éloignées du nord et la région arctique par les vents et l’écoulement libre des eaux. Si les niveaux de contaminants augmentent ou si de nouveaux contaminants sont ajoutés, le taux de mortalité des ours polaires pourrait augmenter et leur potentiel de reproduction, chuter.

 

Développement industriel

 

Les activités de développement ont augmenté ces dernières années dans le Grand Nord de l’Ontario. Par exemple, une mine de diamants a récemment été établie dans la région, de nouveaux corridors de transport d’électricité ont été bâtis le long de la côte de la baie James et des routes hivernales reliant Shammatawa (Manitoba) à Fort Severn et à Peawanuck (Ontario) ont été construites. D’autres travaux de développement, tels que des projets d’énergie éolienne, de nouveaux corridors de transport d’électricité, des routes quatre saisons et des projets d’exploitation minière accélérée sont proposés. L’accroissement des activités de développement, des confrontations ours hommes (ainsi que de la mortalité qui en résulte chez les ours) et des activités de chasse, ainsi que la diminution de la superficie de l’habitat des ours polaires inquiètent de plus en plus.

 

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