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| Figure 9 : Pourcentage de forêts dominées par le pin blanc et le pin rouge qui sont protégées dans les écorégions du lac Abitibi et du lac Temagami comparativement aux autres types de forêts. |
Parcs provinciaux et réserves de conservation
Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario a désigné 6,5 pour 100 de forêts dominées par le pin blanc et le pin rouge dans l’écorégion du lac Abitibi et 18 pour 100 du même type de forêt dans l’écorégion du lac Temagami comme zones protégées en vertu de la Loi sur les parcs provinciaux et les réserves de conservation (Figure 9). Une plus grande partie de la zone de forêts plus vieilles est protégée par rapport à celle contenant des forêts plus jeunes.
Gestion durable des forêts (publiques) de la Couronne
La Loi sur la durabilité des forêts de la Couronne exige que les forêts publiques de l’Ontario soient gérées de façon durable pour assurer leur biodiversité et leur productivité. La plupart des unités de gestion forestière sont des terres gérées par l’industrie forestière en vertu d’un Permis d’aménagement forestier durable. L’unité de gestion forestière de Temagami est une exception, étant donné qu’elle était gérée par la Couronne au moment de rédaction. En vertu de la Loi sur la durabilité des forêts de la Couronne, un plan de gestion des forêts approuvé doit être mis en œuvre avant la coupe d’arbres d’une unité de gestion forestière.
Un plan de gestion des forêts décrit les stratégies, les objectifs et les activités visant à assurer la durabilité des forêts d’une unité de gestion. Pour dresser un plan, les aménagistes forestiers doivent consulter le Manuel de planification de la gestion forestière, réglementé en vertu de la Loi sur la durabilité des forêts de la Couronne. Des politiques et des guides connexes doivent également être utilisés pour élaborer les plans de gestion forestière. Un certain nombre des politiques et des guides clés relatifs au pin blanc sont décrits ci dessous.
Politique sur les forêts anciennes : La Politique sur les forêts anciennes de la Couronne de l’Ontario décrit le plan de conservation des arbres plus vieux des écosystèmes forestiers de tout type de la Couronne. La politique prévoit l’identification et la conservation des caractéristiques et des valeurs des forêts anciennes sur toutes les terres de la Couronne aujourd’hui et demain. Cette orientation vise à conserver la biodiversité de façon à maintenir ou à restaurer les procédés écologiques, tout en assurant le développement durable.
Directives pour la conservation de la biodiversité : En vertu de la Loi sur la durabilité des forêts de la Couronne, le gouvernement de l’Ontario appuie la reproduction des perturbations naturelles et des modèles paysagers visant à conserver la biodiversité. Le principe suppose que les espèces forestières se sont adaptées aux perturbations naturelles telles que les feux et dépendent en général de ses perturbations pour maintenir différentes conditions d’habitat dans le paysage au fil du temps. Selon les directives pour la reproduction des modèles de perturbations naturelles, des parcelles de forêt non coupées doivent être laissées dans les zones de récolte, en plus d’arbres isolés bien dispersés, dont quelques uns doivent être grands. D’autres directives prévoient la création ou la conservation d’habitats de certaines espèces précises, telles que les oiseaux de proie.
Guides de sylviculture : Les guides de sylviculture présentent les régimes et les traitements sylvicoles recommandés pour les peuplements d’arbres isolés en vue d’atteindre des objectifs fixés dans les plans de gestion forestière. Les guides prévoient deux régimes sylvicoles pour la gestion du pin blanc : la coupe à blanc et la coupe progressive. Dans le premier cas, les peuplements d’arbres d’âge semblable (équiennes) sont enlevés d’une seule coupe. Ce régime est utilisé pour les peuplements forestiers comptant peu de pins blancs. Quelques pins blancs sont laissés pour fournir les semences ou apporter d’autres avantages écologiques après la récolte (Figure 10A). La régénération naturelle du pin blanc par voie de semence peut ne pas toujours suffire et devoir nécessiter également la plantation de semis.
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| Figure 10A : Exemples de peuplements de pins blancs exploités selon le régime sylvicole (Photo : S. McPherson). |
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| Figure 10B :de la coupe à blanc et de la coupe progressive (Photo : C. Latremouille). |
Les guides de sylviculture prévoient également différents traitements qui permettront de :
• réduire les dommages au pin banc dus à la rouille vésiculeuse et au charançon du pin blanc, par exemple le régime sylvicole de coupe progressive;
• créer des conditions du sol favorables à l’établissement du pin blanc en perturbant la couverture morte ou en éliminant la végétation, à l’aide des techniques d’incinération, des appareils ou des herbicides prévus (préparation du terrain);
• établir de nouveaux pins blancs par voie de semence ou de plantation de semis (régénération);
• entretenir les pins blancs nouvellement établis pour assurer leur croissance continue au fil du temps (entretien de peuplement). L’entretien des peuplements comprend la maîtrise à court terme de la végétation qui fait concurrence aux semis de pin blanc à mesure qu’ils croissent et, éventuellement, l’utilisation d’herbicides enregistrés.
Gestion des incendies de forêt : Un feu peut avoir des effets positifs ou négatifs sur les forêts; c’est la raison pour laquelle il faut adopter une approche équilibrée de la gestion des incendies de forêt. Conformément à la nouvelle Stratégie de gestion des incendies de forêt pour l’Ontario, les directeurs d’unités de gestion forestière, de parcs et de réserves de conservation détermineront les différentes mesures d’intervention à prendre selon les régions. Les feux peuvent être éteints, orientés de façon à atteindre les objectifs fixés ou surveillés pour assurer l’apport des avantages écologiques ou la réduction de la charge de combustible dans une zone donnée.
Modèles de gestion du pin blanc dans les écorégions du lac Abitibi et du lac Temagami
Tous les plans de gestion forestière des écorégions du lac Abitibi et du lac Temagami où le pin blanc croît tiennent compte de la diminution au fil du temps de l’abondance de forêts contenant du pin blanc et du pin rouge. En matière de paysage, les plans prévoient des stratégies relatives au nombre de forêts de pin blanc et de pin rouge et le nombre de forêts anciennes. En ce qui concerne les peuplements forestiers, des mesures sylvicoles sont précisées pour atteindre les objectifs fixés. Bien que les options de gestion diffèrent d’un plan à l’autre, elles doivent être conformes aux politiques et aux guides provinciaux.
Les modèles suivants de gestion du pin blanc sont observés dans les écorégions du lac Abitibi et du lac Temagami :
• Efforts déployés pour restaurer le pin blanc dans les peuplements forestiers qui en contiennent peu ou qui en contenaient autrefois;
• Utilisation de la méthode de la coupe progressive sur environ 70 pour 100 des forêts dominées par le pin blanc et le pin rouge, exploitées entre 1996 et 2005;
• Étant donné les différents nombres de pins blancs, la coupe à blanc des arbres semenciers est plus commune dans l’écorégion du lac Abitibi et la coupe progressive, dans l’écorégion du lac Temagami;
• La préparation du terrain se fait surtout à l’aide d’appareils ou d’herbicides. Les activités d’incinération prévues sont rarement réalisées en raison des coûts, du besoin de connaissances spécialisées et des exigences météorologiques et de conditions de peuplements;
• Étant donné l’insuffisance des sources de semence naturelles et les enjeux logistiques, la plantation est perçue comme étant plus fiable que la régénération naturelle. Les efforts de plantation sont constants ou s’accroissent au fil du temps (Figure 11);
• L’entretien de peuplements se fait principalement à l’aide d’herbicides en raison du fait que les techniques manuelles sont moins efficaces.
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| Figure 11 : Zones dans les écorégions du lac Abitibi (3E) et du lac Temagami (4E) où des pins blancs et des pins rouges ont été plantés et exploités selon le régime sylvicole de la coupe à blanc et de la coupe progressive. |
Surveillance et recherche
Le ministère des Richesses naturelles mène et appuie les activités de surveillance et de recherche pour s’assurer que les aménagistes forestiers se conforment à sa politique et à son autorisation légale, et fournit de l’information qui servira à améliorer de façon continue à la gestion forestière.
Les aménagistes forestiers sont tenus de surveiller la capacité des activités sylvicoles à atteindre les buts et objectifs décrits dans leur plan de gestion. De 1994 à 2005, le taux moyen de régénération dans les zones de peuplements forestiers dominés par le pin blanc et le pin rouge affectées à la régénération dans les deux écorégions était de 64 pour 100. Toutefois, les zones qui se sont régénérées ne contenaient pas toujours le nombre souhaité de pins blancs. La maîtrise de la végétation compétitive est un défi continu du renouvellement.
Le Ministère et ses partenaires participant à des projets de recherche visant à améliorer la gestion du pin blanc. Les projets de recherche récents comprennent :
• une enquête sur les façons les plus efficaces de maîtriser la végétation;
• une recherche des familles et des hybrides de pins blancs qui résistent naturellement à la rouille vésiculeuse.
Les chercheurs et les spécialistes de transfert de technologie ont recours à des zones de démonstration, à des ateliers et à d’autres moyens pour partager les méthodes d’amélioration de la gestion du pin blanc. Les nouvelles connaissances seront ajoutées aux guides de sylviculture.
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