Importance sociale et économique passée du pin blanc

Avant l’arrivée des premiers colons européens, les peuples autochtones utilisaient les forêts dominées par le pin blanc comme sites de campement, de portage, ainsi que comme lieux de cérémonies spirituels et d’inhumation. Ils se servaient également du goudron de pin pour traiter les blessures et du bois de pin pour construire des canots et des flèches.

 

Jusqu’au début des années 1900, l’industrie du pin blanc représentait la pus importante source de revenu du gouvernement de l’Ontario, soit environ 30 pour 100 de l’ensemble de ses revenus. Le pin blanc et le pin rouge ont été exploités pour leur bois, qui servait à construire différentes parties de navires telles que le mât, ainsi que bien d’autres produits. Vers les années 1850, le pin blanc était devenu plutôt rare dans le sud de l’Ontario, bien que la demande pour cette espèce soit demeurée inchangée. Les premières activités de bûcheronnage ont commencé dans le nord est de l’Ontario dans les années 1870. Au début des années 1900, le gouvernement de l’Ontario avait interdit l’exportation de grumes et encourageait l’établissement de grandes scieries dans les collectivités du nord de la province. L’expansion vers le nord des chemins de fer a également facilité l’accès aux forêts du nord-est de l’Ontario.


À l’époque, l’industrie du bois pratiquait la méthode « coupe et abandon », c’est à dire qu’elle établissait de nouvelles usines le long de chemins de fer, exploitait les forêts environnantes puis fermait les portes de ces usines lorsqu’il ne restait plus d’arbres à couper ou que les conditions économiques étaient devenues défavorables. La subsistance des villages environnants (Figure 4) dépendait grandement du cycle d’expansion et de ralentissement de l’industrie forestière qui était habituellement le moteur de l’économie régionale.

 

Des bûcherons et leurs familles au début des années 1900
Figure 4 : Des bûcherons et leurs familles au début des années 1900. (Photos: Archives of Ontario).

 

Afin de garantir à l’industrie forestière l’approvisionnement à long terme en pins blancs de qualité, la province a établi les réserves forestières Temagami et Mississagi en 1901 et en 1904. La production de grumes de sciage de pin blanc et de pin rouge a atteint son point culminant dans le nord est de l’Ontario entre 1900 et 1910. La disponibilité de grumes a par la suite chuté, et l’industrie ne pouvait plus survivre. Bien que des usines de traitement du pin blanc et du pin rouge soient demeurées ouvertes, l’industrie forestière a tourné son attention vers des espèces plus abondantes, telles que le pin gris et le l’épicéa.

 

Importance sociale et économique actuelle du pin blanc

 

Le pin blanc et le pin rouge représentent actuellement une partie plus ou moins petite du volume total de bois produit dans le nord est de l’Ontario. La quantité de pin blanc récoltée au cours de la dernière décennie a diminué dans l’écorégion du lac Abitibi et est demeurée relativement stable dans l’écorégion du lac Temagami. Il existe une pénurie de grandes grumes de sciage ou de pins blancs de haute qualité, et un surplus de bois à pâte ou de pins blancs plus petits et de moindre qualité. De façon générale, le prix du pin blanc et du pin rouge est demeuré plus stable et plus élevé que celui d’autres types d’arbres résineux, y compris ceux de meilleure qualité.

 

Le pin blanc offre d’importantes occasions de diversification pour les économies régionales, y compris les produits pour usage récréatif et touristique et les produits forestiers à valeur ajoutée. Par exemple, un grand nombre de touristes et d’amateurs de plein air préfèrent les forêts qui contiennent du pin blanc, en particulier les arbres plus vieux. Le pin blanc est également prisé pour son bois, qui sert à produire des meubles et des armoires et bien d’autres produits à valeur ajoutée en raison des nombreuses propriétés recherchées de celui-ci

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