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Le 5 juin 2007
Les chercheurs du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRN) pensent avoir trouvé un moyen de freiner la progression de la rage. Les chercheurs du MRN estiment pouvoir enrayer la rage du renard en Ontario en larguant au-dessus de la province, chaque année, presque 500,000 d’appâts contenant un vaccin antirabique.
La souche de la rage du renard arctique, qui est propagée par le renard roux et la mouffette rayée, sévit en Ontario depuis 1954 et représente un grave problème. Bien que dans le Sud de l’Ontario, la rage persiste chez les renards roux et ait infiltré les populations de mouffettes, la souche porte le nom du renard arctique parce qu’elle a été introduite par cette espèce dans l’Arctique canadien. Jusqu’en 1992, on signalait dans le Sud de l’Ontario plus de cas de rage animale que dans toute autre province ou dans tout État en Amérique du Nord. La présence de la rage coûte aux gouvernements plus de 7 millions de dollars par année en diagnostics, en enquêtes menées sur les rapports de morsures d’animaux pour établir s’il s’agit de cas de rage, en soins prodigués aux personnes qui sont entrées en contact avec des animaux enragés, en compensation aux fermiers pour la perte de bétail, en coûts associés aux mises en quarantaine et en recherches. Les propriétaires d’animaux de compagnie dépensent pour leur part 50 millions de dollars par année en frais de vaccination. En Ontario, le dernier cas de décès humain imputable à la rage remonte à 1967. On croyait que c’était le virus de la rage du renard arctique mais le typage de souche n’était pas possible à l’époque. Comment avons-nous abordé le problème? En collaboration avec les scientifiques de Connaught Laboratories, des universités Queen’s, McMaster, de Toronto et de Guelph, et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, l’Unité de recherche sur la rage du ministère des Richesses naturelles s’est attaquée à la rage à sa source : le renard roux. Les travaux de recherche ont surtout été axés sur l’immunisation des renards sauvages. Les scientifiques croient maintenant que s’ils parviennent à immuniser un pourcentage suffisamment élevé de la population de « l’espèce porteuse » qui transmet la maladie, celle-ci finira par disparaître complètement. La société Artemis Technologies Inc. s’est récemment jointe à la lutte contre la rage.
La vaccination à grande échelle des espèces fauniques présente de nombreux défis. Bon nombre des vaccins antirabiques actuels sont efficaces sous forme d’injection, mais l’inoculation d’un nombre suffisant de renards sauvages n’est pas réaliste. On peut, par contre, distribuer le vaccin oral sous forme d’appât. Le vaccin antirabique ERA est un virus actif <<modifé>> et, par conséquent, assez fragile. Il doit être absorbé dans la gueule de l’animal, car il serait détruit par une absorption au niveau de l’estomac. Aujourd’hui, une ampoule contenant 1,8 ml de vaccin antirabique se trouve à l’intérieur de l’appât.
Il a également été difficile de trouver un appât contenant un vaccin qui attirerait les renards. L’appât ne doit pas seulement être appétissant, il doit aussi être facile à produire en série, à entreposer, à manipuler et à disperser sur de grandes superficies. Les chercheurs doivent veiller avant tout à ce que l’emballage-coque contenant le vaccin soit mâché avec l’appât. L’appât qui s’est avéré efficace est un mélange de graisses, de cire et d’aromatisants.
En 1989, après de nombreuses années d’études à petite échelle, les chercheurs du MRN ont amorcé un programme pilote de lutte contre la rage échelonné sur cinq ans. Ils ont commencé sur un territoire de 30 000 km2 dans le Sud-Est de l’Ontario. Ils ont choisi une zone suffisamment grande pour prouver que c’était bien le programme de largage d’appâts, et non simplement un cycle naturel, qui allait modifier l’incidence de la rage.
En septembre et en octobre de chaque année, des avions du ministère spécialement équipés ont largué des appâts destinés aux renards sauvages à raison de 20 appâts par km2 le long de couloirs aériens espacés de deux kilomètres. Trois avions Twin Otters sont dotés de matériel spécialement conçu pour le largage des appâts. Ces avions sont pilotés au moyen des plus récentes technologies informatiques et des satellites qui permettent de disperser des millions d’appâts le plus uniformément possible et à une densité prédéterminée. Le nombre d’appâts largués est contrôlé par ordinateur et soigneusement enregistré. On réduit ainsi au minimum le gaspillage. Le ministère a parfois recours à des hélicoptères et à la dispersion à la main pour distribuer les appâts en milieu urbain et dans d’autres secteurs.
Aucun renard enragé n’a été signalé dans le Sud-Est de l’Ontario depuis septembre 1993. De 1970 à 1989, on signalait en moyenne 385 cas de rage par année dans la région traitée. En 1993, ce taux avait chuté à 16 cas. Parmi ces 16 cas, on comptait 4 renards, 3 mouffettes, 1 coyote, 1 loup, 1 vache et 6 chauves-souris (un des renards avait été infecté par une souche du virus de la chauve-souris). Les chauves-souris transmettent leur propre souche du virus de la rage et, comme celles qu’on trouve en Ontario sont des insectivores de petite taille, le programme de vaccination contre la rage n’a aucune incidence sur elles. De 1994 à 1999, le secteur du Sud-Est de l’Ontario a enregistré environ 9 ou 10 cas de rage par année, tous liés aux chauves-souris. Le premier cas de rage du raton laveur (souche Mid-Atlantic) à pénétrer le Sud-Est de l’Ontario depuis les États-Unis est survenu le 13 juillet 1999 (voir la feuille de renseignements intitulée La rage du raton laveur – les faits), mais la souche du renard arctique ne s’est jamais réinstallée dans ce secteur.
En 1993, le programme pilote mis sur pied pour éliminer la rage du renard a été étendu au reste de la zone du Sud de l’Ontario où sévit la rage. En 1998, le taux de rage est tombé à son niveau le plus bas en Ontario depuis 1961. Bien qu’on ait signalé, en Ontario, 2 000 cas de rage en moyenne par année durant les années 80, à la fin de 1998, il n’y en avait plus que 78, dont seulement 4 cas de rage du renard. Par contre, de 1999 à 2001, l’incidence de rage en Ontario est passée de 99 à 210 cas par année. Cette hausse n’était pas le résultat d’une recrudescence de la rage du renard dans le Sud de l’Ontario, mais plutôt une conséquence de la réapparition de la rage du renard dans le Nord de la province, de l’invasion en Ontario de la souche Mid-Atlantic de la rage du raton laveur depuis les États-Unis et du nombre anormalement élevé de chauves-souris enragées (54) en 2001. En 2006, il y eu 82 cas en Ontario : 42 cas de rage du chauve-souris, 0 cas de rage du raton laveur et 40 cas de rage du renard.
Bien que le nombre de renards enragés ait nettement diminué dans le Sud de l’Ontario, deux préoccupations méritent encore notre attention et justifient la continuation des programmes de largage d’appâts pour enrayer la rage du renard. D’abord, la rage du renard arctique persiste chez les populations de mouffettes, surtout dans le Sud-Ouest de la province. Il faut larguer des appâts dans ces secteurs où il y a encore des mouffettes enragées de manière à empêcher la rage d’infiltrer à nouveau les populations de renards. Puis, la rage du renard a refait surface dans certaines régions du Nord de l’Ontario (Sudbury, Cochrane et Kirkland Lake). Ces régions nordiques doivent être surveillées et faire l’objet d’un programme de largage d’appâts, au besoin, pour empêcher la maladie de s’établir de façon permanente.
Adam McAllister
Ministère des Richesses naturelles
705 755-1551
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Dernière mise à jour : le 27 juin 2008