La rage du renard: les faits

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Automne 2009
 

LA RAGE DU RENARD – LES FAITS

 

Qu’est-ce que la rage arctique?

 

• Répandue dans le monde entier, la plus mortelle maladie infectieuse des mammifères, la rage, peut être subdivisée en catégories connues en tant que « variantes » ou « souches ».  Les souches de la rage sont distinguées en fonction de l’animal ou des animaux qu’une souche en particulier infecte le plus fréquemment, ainsi qu’en fonction de la région de leur apparition. La catégorisation de la rage en souches a été mise au point et appliquée après 1979.  La variante ou souche « arctique » de la rage est originaire du Nord du Canada et a été transmise à l’Ontario par les renards.

 

La rage arctique se différencie-t-elle des autres souches de la rage?

 

• En Ontario, la souche arctique de la rage infecte surtout le renard roux sauvage et la mouffette rayée mais s’est répandue aux bovins domestiques, aux chiens et aux chats. En outre, la souche arctique de la rage continue à circuler et à refaire son apparition dans les régions nordiques. Dans d’autres régions du Canada, la souche de rage « de la mouffette du Centre-Ouest » prédomine au Manitoba, tandis que la seule souche présente en Colombie-Britannique est celle de la chauve-souris.  La présence de souches de rage de la chauve-souris est également manifeste dans d’autres provinces, y compris en Ontario.  La souche de rage « du raton laveur mi-atlantique » était présente en Ontario de 1999 à 2005 et au Québec de 2006 jusqu’à présent. Toutes les souches de rage peuvent infecter et tuer n’importe quel mammifère, y compris les êtres humains.

 

Quel est l’historique de la rage du renard arctique en Ontario?

 

• Cette souche de la rage pourrait avoir été présente de façon sporadique dans le Sud de l’Ontario pendant plusieurs siècles. En 1819, le gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique, le duc de Richmond, est décédé de la rage dans le village de Richmond (près d’Ottawa) après avoir été mordu par un renard apprivoisé. C’était le premier décès attribuable à la rage survenu au Canada. Bien qu’il y ait eu des cas de chiens enragés en Ontario avant les années 50, on n’avait observé aucun cas de rage chez les espèces fauniques terrestres avant 1954, année où la rage arctique s’est introduite dans la province par le nord. La souche a atteint le Sud de l’Ontario en 1956. De 1958 à 1992, exception faite d’un court sursis de 1961 à 1963, on signalait dans le Sud de l’Ontario tous les ans plus d’animaux enragés que dans tout État et toute autre province en Amérique du Nord.


• De 1958 à 1992, il y a eu 50 923 cas de rage en Ontario chez des animaux sauvages et domestiques,  ce qui donne une moyenne de 1 455 cas par année. La plupart de ces cas (98 %) sont survenus dans le Sud de l’Ontario – au sud de la rivière French. Tous ces cas, sauf 1 % des cas de chauve-souris enragées, étaient attribuables à la souche arctique. Les renards ont compté pour  46 % de ces cas et les mouffettes, pour 20 %.


• La rage a coûté à l’Ontario plus de 7 millions de dollars par année en diagnostics; enquêtes relatives aux morsures d’animaux; traitement des humains qui sont entrés en contact avec des animaux enragés; dédommagement aux agriculteurs pour pertes de bétail; coût de quarantaine et recherche. Les propriétaires d’animaux de compagnie dépensent 50 millions de dollars par année de plus pour faire vacciner leurs animaux.

 


Quelle est la situation actuelle de la rage arctique en Ontario?

 

• De 1989 à 1995, la souche arctique de la rage a été complètement éradiquée du Sud-Est de l’Ontario par le largage aérien d’appâts contenant un virus antirabique oral destiné aux renards. C’était là la première tentative de lutte contre la rage en Amérique du Nord. En 1994, le programme d’appâtage a été étendu à l’ensemble du Sud de l’Ontario.


• De 1995 à 2002, époque où les programmes d’appâtage sont entrés en vigueur principalement dans le Sud de l’Ontario, il y a eu 1 365 cas de rage, ce qui correspond à une moyenne de 170 cas par année. Les renards ont compté pour 21 % de la totalité des cas. La souche de la rage de la chauve-souris a compté pour 20 % des cas, tandis que 9 % des cas étaient attribuables à la souche « du raton laveur mi-atlantique » de la rage, le restant étant attribuable à la souche arctique. 


• De 2003 à 2008, il y a eu seulement 600 cas de rage, ou 100 cas par année en moyenne, et une réduction globale de 93 % de la rage comparativement à la période 1958-1992. La souche de la rage de la chauve-souris a compté pour 56 % des cas et celle du raton laveur, pour 1 %. De tous les cas de rage, seulement 3 % touchaient les renards. Les programmes d’appâtage ont été très efficaces pour ce qui est de la réduction du nombre de cas de rage du renard.


• La maladie persiste encore, surtout chez la mouffette et à de faibles concentrations, dans la région au sud de la baie Georgienne et à l’est du lac Huron. Il y a eu par la suite de nouvelles invasions de cette souche en provenance du nord. En 2002, les régions de Sudbury et de Kirkland Lake ont connu une flambée de rage dans la foulée d’un incident survenu en 2001 aux environs de Cochrane. Les programmes d’appâtage se poursuivent jusqu’à présent pour réagir à la présence persistante ou à la réapparition de cas de rage dans certaine régions.

 

Mesures de lutte que prend le ministère des Richesses naturelles (MRN)

 

• Le MRN est un chef de file dans la mise au point de méthodes de vaccination d’espèces fauniques telles que le renard et le raton laveur. Une de ces méthodes, le largage aérien d’appâts, a été reconnue dans le monde entier pour l’efficacité avec laquelle elle élimine la rage du renard, du raton laveur et du coyote sur de grands territoires.

 

• Les programmes de recherche et de largage d’appâts par voie aérienne du MRN ont toujours été axés sur l’immunisation des renards sauvages, des ratons laveurs et des mouffettes. Les scientifiques savent maintenant que s’ils parviennent à immuniser un pourcentage suffisamment élevé de la population de « l’espèce » qui transmet la maladie, celle-ci finira par disparaître complètement.

 

• Les appâts utilisés à l’heure actuelle contiennent 1,8 ml de vaccin antirabique scellé dans un petit emballage-coque en plastique. Cet emballage-coque est enfoui dans la matrice de l’appât, un mélange de graisse, de cire, de sucre, d’huile et d’aromatisants. Il n’y a pas si longtemps, le vaccin antirabique était un virus vivant. Plus récemment, un nouveau vaccin génétiquement modifié a été mis au point au Canada. Ce vaccin servira à la vaccination des renards, en plus des mouffettes et des ratons laveurs, par voie orale. Pour que les vaccins oraux soient efficaces, ils doivent être absorbés dans la paroi de la gueule de l’animal, car ils seraient détruits par des acides s’ils parvenaient jusqu’à l’estomac.

 

• Des travaux de recherche ont permis de mettre au point un appât qui attire autant les renards que les ratons laveurs et les mouffettes, mais qui est également facile à fabriquer en série, à entreposer, à manipuler et à distribuer sur de grandes superficies. Les chercheurs doivent veiller avant tout à ce que l’emballage-coque contenant le vaccin soit mâché avec l’appât pour s’assurer que le vaccin est déposé dans la gueule du renard, du raton laveur ou de la mouffette qui mange l’appât. L’appât d’origine, couleur kaki, était de forme carrée, mesurait 35 mm sur 35 mm sur 10 mm et pesait environ 13 grammes. Une version modifiée de l’appât d’origine à été mise au point en 2006 pour atteindre plus efficacement les mouffettes. Cet appât mesure 40 mm sur 22 mm sur 10 mm et pèse environ 4 grammes. Tous les appâts distribués par le MRN sont munis d’une étiquette sur laquelle figure un numéro de téléphone.

 

• Tous les ans, à l’automne, le MRN largue par voie aérienne dans les forêts et les champs des régions rurales des appâts destinés aux renards sauvages à raison de 20 appâts par km2 le long de couloirs aériens espacés de deux kilomètres. Les densités de répartition des appâts destinés aux mouffettes sont plus élevées. Elles peuvent atteindre 300 appâts par kilomètre carré. Les Twin Otter sont dotés de matériel spécialement conçu pour le largage des appâts. Ces avions sont pilotés au moyen des plus récentes technologies informatiques et des satellites pour disperser les appâts le plus uniformément possible et pour enregistrer leur position. Dans les régions urbaines, les appâts sont distribués au long des ravins riverains et des boisés par du personnel qui marche dans ces secteur ou par hélicoptère.

 

• Depuis 1989 jusqu’à ce jour, environ 19 250 000 appâts contenant des vaccins contre la rage ont été distribués dans la région Sud-Ouest de l’Ontario et dans certaines parties de la région Nord de l’Ontario pour combattre la souche arctique de la rage. De ces appâts, 1 160 000 ont été répandus en 2009 pour atteindre les renards et les moufettes dans la région Sud-Ouest de l’Ontario. Les zones annuelles de dispersion des appâts sont délimitées à la lumière des renseignements récents sur l’emplacement des cas de rage, tels que consignés par l’Agence canadienne d’inspection des aliments, qui est responsable des diagnostics de rage au Canada.


 

 

Renseignements:


Natalie Gorman
Ministère des Richesses naturelles
705 755-1551


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