Bref historique de la rage en Ontario

La rage est une maladie infectieuse et contagieuse qui atteint le système nerveux central. Ce virus mortel, qui est connu depuis 2300 av. J.-C., persiste dans presque tous les coins du monde.

 

La rage est généralement mortelle si elle n’est pas soignée. Le virus de la rage est concentré dans la salive, les muqueuses et les tissus du système nerveux central d’un animal enragé. Seuls les êtres humains et d’autres mammifères peuvent être infectés par une morsure ou un coup de griffe d’un animal enragé, ou par le contact du virus avec les tissus humides de la bouche, du nez et des yeux.

 

Il y a deux manifestations du virus de la rage : la rage muette et la rage furieuse. Les deux formes peuvent entraîner un comportement anormal. Immédiatement avant de mourir, un animal qui est atteint de la rage furieuse aura l’air d’être « devenu fou » : une mousse baveuse s’écoulera de sa gueule et il mordra tout sur son passage. Il peut montrer des signes de grande excitation et s’attaquer à des choses immobiles ou à d’autres animaux. Ordinairement, des accès de rage furieuse alternent avec des périodes de dépression.

 

Les symptômes de la rage muette ou paralytique ne comprennent aucune période de « folie ». Les premiers signes sont la paralysie, habituellement de la mâchoire inférieure, et une tête tombante. La paralysie se propage rapidement aux membres et aux organes vitaux, et la mort ne tarde pas à venir. Les animaux qui présentent la forme muette de la rage peuvent devenir dépressifs et se retirer dans des endroits isolés. Certains peuvent avoir l’air « apprivoisé », du fait qu’ils ne craignent plus les humains.

 

L’Ontario a déjà été « la capitale nord-américaine de la rage » en raison du nombre élevé d’animaux enragés qui y étaient signalés. Depuis 1992, il y a eu une réduction de 98% du nombre de cas. En Ontario, les programmes de lutte contre la rage du raton laveur concentrent leurs efforts sur les formes terrestres de la rage (souche du renard arctique et souche médio-atlantique de la rage du raton laveur) tandis que les programmes de sensibilisation portent sur les diverses souches du virus de la chauve-souris.

 

La souche du renard arctique


Cette souche de la rage a envahi le Sud de l’Ontario de 1954 à 1959, en provenance du Nord de l’Ontario et du Québec. Dans le Nord de l’Ontario, la maladie a été éradiquée en 1972, mais elle est réapparue en 1989. Elle a été éliminée du Sud-Est de la province, mais persiste dans l’ensemble du Sud-Ouest de l’Ontario.

 

La souche du raton laveur


La souche du raton laveur (médio-atlantique) a été signalée pour la première fois en Floride, en 1947. Elle est restée dans les régions côtières du Sud-Est des États-Unis jusqu’en 1977, puis elle s’est rapidement propagée vers le nord. Elle a pénétré le territoire ontarien en juillet 1999. Le premier cas a été observé chez un raton laveur trouvé mort dans un chenil, au nord-ouest de Prescott. Depuis la découverte de ce premier cas, 132 autres cas ont été signalés dans l’ensemble de cette région. Le dernier cas connu de rage du raton laveur en Ontario date de septembre 2005.

 

Les souches de la chauve-souris


Ces souches ont été confirmées pour la première fois en Ontario en 1961. Il existe huit espèces de chauves-souris en Ontario, toutes ayant une souche du virus qui lui est propre, mais les souches les plus communes sont celles de la petite chauve-souris brune, de la grande chauve-souris brune et de la chauve-souris argentée. Bien que la chauve-souris soit le mammifère le plus répandu, moins de 2 % des chauves-souris ayant subi un test de dépistage de la rage sont porteuses du virus (c’est-à-dire 2 % de toutes les chauves-souris présentant un comportement bizarre, mortes ou ayant possiblement mordu un être humain ou un animal de compagnie). Dans l’ensemble de la population, ce pourcentage serait beaucoup moins élevé.

 

Le rôle du ministère des Richesses naturelles dans la lutte contre la rage

 

Le ministère des Richesses naturelles a la responsabilité de la gestion de la rage et de la recherche sur cette maladie chez les espèces fauniques. Par le passé, il employait trois moyens principaux de lutte contre la rage : le largage aérien d’appâts-vaccins, la capture-vaccination-remise en liberté (CVR) et l’intervention au point d’infection quand un nouveau cas est signalé. À l’heure actuelle, le principal moyen utilisé est le largage d’appâts contenant des vaccins antirabiques par avion ou hélicoptère dans les zones où l’incidence de rage terrestre est particulièrement élevée. Le MRN est également un chef de file dans la recherche sur cette maladie mortelle. Qu’il s’agisse d’études sur le déplacement des espèces fauniques, sur la génétique ou sur la mise au point d’appâts et de vaccins, le MRN fonde toujours ses programmes sur les meilleures données scientifiques qui soient.
 

 

Photographie

photo Microscope par iStockPhoto.com