La maladie corticale du hêtre entraîne l’abattage de plusieurs centaines d’arbres dans le parc provincial Killbear et de nouvelles recherches pour l’IRFO

photo - grumes de hêtre au parc provincial Killbear

Maladie corticale du hêtre a tué des centaines d'arbres au parc provincial Killbear près de Parry Sound.

 

La cochenille. Elle évoque quelque chose de collant que le dentiste déloge de nos dents! Mais en fait, la cochenille du hêtre est un minuscule insecte non indigène qui creuse dans l’écorce du hêtre. En plus d’abîmer l’écorce, elle perce des trous qui laissent entrer un parasite exotique encore plus ravageur, le champignon Neonectria faginata. Ce champignon provoque la maladie corticale du hêtre, qui se répand maintenant à l’ensemble des hêtres en Ontario.

 

La maladie corticale du hêtre peut mener à une rupture du tronc, qui se met à pourrir rapidement et qui se fend en deux subitement, parfois même avant que l’arbre ne montre des symptômes d’infection. Le parc provincial Killbear, situé à proximité de Parry Sound, est le troisième parc le plus achalandé de l’Ontario. C’est un habitat de rêve pour les hêtres, mais c’est aussi le point zéro pour les hêtres fendus. Depuis la fin de 2012, des centaines de hêtres jugés vulnérables à une fissure ont dû être abattus dans le parc.

 

« Les usagers de notre parc sont naturellement affectés par la perte de tous ces arbres », affirme Rick Hornsby, le directeur du parc. « De nombreux sites de camping ont subi des changements drastiques. Mais nous avons reçu très peu de plaintes. Les gens semblent comprendre que nous avons fait ce qu’il fallait faire. Le biologiste du parc surveille les nouveaux arbres qui poussent et nous allons étudier la possibilité de planter des essences indigènes sur les sites de camping qui ont perdu le plus grand nombre d’arbres. »

 

« Nous examinons également les utilisations possibles du bois coupé, mais il servira fort probablement de bois de chauffage dès que ce sera possible de le faire sans propager la maladie. »
 

En parlant de transporter du bois de chauffage, c’est exactement ce que l’IRFO est en train d’étudier!

 

photo - rupture du tronc

La maladie corticale du hêtre peut mener à une rupture du tronc, qui se met à pourrir rapidement et qui se fend en deux subitement, parfois même avant que l’arbre ne montre des symptômes d’infection. John McLaughlin et ses partenaires recueillent des données sur les arbres fendus.

En collaboration avec Richard Wilson, de la Section de la vitalité forestière et de la sylviculture, et le personnel du parc, le chercheur scientifique John McLaughlin de l’IRFO tente de déterminer quand ces arbres coupés pourront être déplacés sans danger et servir de bois de chauffage. Ils ont déjà établi que les piles de branches et de cimes en copeaux peuvent être utilisées en guise de paillis en toute sécurité. « Comme ce matériau se décompose rapidement, les pathogènes n’ont plus de tissus sains pour s’alimenter », explique John McLaughlin.

 

La situation au parc Killbear a déjà permis aux chercheurs d’apprendre de nouvelles choses au sujet de la maladie corticale du hêtre. « Nous avons été étonnés de découvrir des arbres fendus qui étaient infestés par la cochenille, mais qui ne montraient pas encore de signes de la présence du champignon Neonectria, qui est l’autre élément de la maladie corticale du hêtre », poursuit-il. « Il semble y avoir un autre champignon qui fait pourrir le bois dans le tronc. L’appétit vorace de la cochenille et l’infection par le champignon Neonectria peuvent avoir provoqué un certain changement physiologique qui relance l’autre champignon, causant ainsi la pourriture et la rupture du tronc. »

 

John McLaughlin et ses partenaires recueillent également des données sur les arbres fendus, notamment la hauteur à laquelle la fêlure a eu lieu, si l’arbre penchait ou non et si le tronc s’est fendu du côté où il penchait, l’état de pourriture du tronc et les champignons qui étaient présents sur le tronc. Ils se serviront de ces renseignements pour concevoir un système qui permettra de classer les hêtres qui courent le risque de se fendre.

 

Pour en savoir plus sur les moyens qui sont pris au parc Killbear pour composer avec la maladie corticale du hêtre et la rupture des hêtres, communiquez avec le directeur Rick Hornsby.

 

Pour en savoir plus sur la recherche sur la maladie corticale du hêtre, communiquez avec John McLaughlin à l’IRFO.

 

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