Ce que nous savons sur les tourbières de pergélisol et les effets du climat sur le carbone des tourbières; faits concernant la tourbe et les tourbières

photo des tourbières du Grand Nord
Les tourbières situées dans le Grand Nord de l’Ontario font partie d’un des plus importants puits de carbone au monde.

 

Dans le grand Nord de l’Ontario, les tourbières représentent près de 50 % du paysage. Elles constituent l’un des puits de carbone les plus importants du monde, puisqu’elles retiennent environ 36 gigatonnes (donc 36 milliards de tonnes!) de carbone. Les basses-terres de la baie d’Hudson contiennent environ 75 % de ce carbone.

 

D’après la Loi de 2010 sur le Grand Nord de l’Ontario, les organismes d’aménagement du territoire doivent considérer le potentiel pour l’écosystème de capturer et de stocker le carbone. Pour les aider dans ce sens, les chercheurs Jim McLaughlin de l’IRFO et Kara Webster du Centre de foresterie des Grands Lacs (Forêts Canada) ont passé en revue la documentation scientifique concernant les tourbières et les méthodes utilisées pour cartographier, contrôler et modeler différents aspects des tourbières du pergélisol. Leur travail consistait plus particulièrement à :

  • Identifier les principaux facteurs des bilans de carbone des tourbières comme la succession écologique de celles-ci, le dégel du pergélisol, l’hydrologie et le feu.
  • Identifier les besoins en recherche et en surveillance relativement à l’aménagement du territoire dans le Grand Nord compte tenu du changement climatique.
  • Proposer deux hypothèses sur la façon dontle changement climatique pourrait affecter le carbone des tourbières dans les basses-terres de la baie d’Hudson :
    • L’accélération du dégel du pergélisol et une tourbière plus mouillée peuvent accroître les émissions de méthane dans les écorégions boréales.
    • Une évapotranspiration accrue et une tourbière plus sèche peuvent accélérer les pertes de dioxyde de carbone à cause de la décomposition de la tourbière (et possiblement le feu) dans les écorégions du sud.
  • Proposer un cadre d’évaluation de la vulnérabilité et de l’adaptation par rapport aux changements climatiques pouvant être utilisé pour les tourbières des basses-terres de la baie d’Hudson et les défis posés par l’utilisation de ce cadre dans la planification de l’aménagement du territoire.

McLaughlin et Webster ont documenté leur étude dans un nouveau rapport et recueillent à présent les données nécessaires pour élaborer un modèle informatique en vue d’estimer les états actuels et futurs projetés des basses-terres de la baie d’Hudson et la quantité de carbone qui y est entreposé stores.

 

Si vous désirez obtenir de plus amples renseignements, téléchargez le rapport Effects of a Changing Climate on Peatlands in Permafrost Zones: A Literature Review and Application to Ontario’s Far North (en anglais seulement).
  

 

Saviez-vous que…? Faits concernant la tourbe et les tourbières

    photo des tourbières du Grand Nord
     Des chercheurs de l’Institut de recherche forestière de l’Ontario cherchent à mettre au point un modèle pour estimer la quantité de carbone stocké dans les tourbières du Grand Nord de l’Ontario.
  • La tourbe se forme lentement pendant des centaines d’années lorsque des matières végétales pourries (en particulier la sphaigne) s’accumulent dans des zones saturées d’eau en permanence.
  • Les tourbières sont des zones de terre constituées principalement de tourbe.
  • L’Ontario possède environ 24 millions d’hectares de tourbières non boisées qui couvrent 20 p. 100 de la province.
  • Quarante-sept pour cent du Grand Nord de l’Ontario est constitué de tourbières non boisées.
  • Le Canada possède la deuxième plus grande région de tourbières au monde (la première se trouve en Russie et la troisième aux États-Unis).
  • Les tourbières dans le Grand Nord de l’Ontario font partie de l’un des puits de carbone les plus importants au monde. Les basses terres de la baie d’Hudson forment la plus vaste tourbière en Amérique du Nord et la deuxième plus grande au monde.
  • Quand elles ne sont pas perturbées, les tourbières peuvent stocker le carbone pendant des milliers d’années.
  • La tourbe s’accumule très lentement au rythme d’environ la moitié d’un millimètre par année. Il faut au moins 2 000 ans pour former une tourbe d’un mètre de profondeur.
  • De plus, les tourbières purifient l’eau souterraine, aident à prévenir les inondations et abritent plusieurs espèces d’animaux et de végétaux terrestres et aquatiques. 

Comment les gens ont-ils utilisé la sphaigne, la tourbe et les tourbières?

    Photo d’un bébé portant une couche de tourbe
    La tourbe et la mousse de tourbe ont eu de nombreux usages au cours des siècles!
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  • La tourbe est principalement utilisée pour améliorer la terre agricole et de jardin, car elle retient plusieurs fois son poids en eau et elle est acide (son faible pH est bénéfique pour les végétaux comme les pins, les rhododendrons, les azalées, les hydrangées et les bleuets). Elle sert également à faire des pots de tourbe pour les jeunes plantes de jardin. La tourbe n’est pas utilisée pour le paillis, car elle a tendance à partir au vent lorsqu’elle est sèche.
  • Dans certains pays, comme en Irlande, la tourbe est utilisée afin de produire de l’électricité et de fabriquer des briquettes pour les foyers ainsi que du combustible pour les poêles à bois. L’utilisation de la tourbe comme combustible remonte à au moins 2 000 ans.
  • La tourbe est utilisée comme litière pour les animaux de compagnie et le bétail et comme un matériau pour cultiver les champignons.
  • Les bleuets, les canneberges et le riz sauvage sont autant d’exemples de récoltes cultivées dans des tourbières.
  • Dans le domaine industriel, la tourbe est utilisée pour absorber les produits chimiques déversés. Les services d’incendie s’en servent pour absorber l’essence sur les scènes d’accidents de véhicules. Les distilleries se servent de la tourbe pour aromatiser le whiskey.
  • À travers l’histoire, la sphaigne et la tourbe ont été utilisées dans les couches (certaines personnes se servent encore de la sphaigne comme couche de dépannage dans les campings) ainsi que dans les produits d’hygiène féminine, les pansements antiseptiques destinés aux soldats, les matelas, les isolants des habitations, le matériel d’emballage et les matériaux de construction et pour la filtration de l’eau et des fosses septiques. Les Vikings se servaient de la mousse de tourbe pour conserver le poisson pendant les mois passés en mer (en anglais seulement).