Le point saillant
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Ce projet de recherche a été publié dans « Global Change Biology », prestigieuse revue sur le changement climatique.
Quelles sont les questions que les chercheurs ont posées et pourquoi les ont-ils posées?
Quels seront les effets du changement climatique sur la future croissance en diamètre des deux essences commerciales les plus importantes en Ontario (l’épinette noire et le pin gris)?
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| Les anneaux de croissance sont une précieuse source de données pour la modélisation de la croissance en diamètre des essences de la forêt boréale. Les chercheurs de l’IRFO veillent à ce que ces modèles tiennent compte des changements climatiques prévus, de sorte que les gestionnaires forestiers aient une idée plus précise des futures forêts de l’Ontario. |
Qu'ont-ils fait?
Ils ont modifié les modèles de croissance en diamètre pour y inclure les variables climatiques, en utilisant les données sur les anneaux de croissance de l’épinette noire et du pin gris qui poussent dans la forêt boréale de l’Ontario.
Qu'ont-ils appris?
D’après la modélisation, le pin gris va probablement mieux pousser dans un climat plus chaud, tandis que la croissance de l’épinette noire va vraisemblablement diminuer.
Les deux essences bénéficieront de la hausse des précipitations pendant les mois les plus pluvieux de l’année mais pas de saisons de croissance globalement plus humides.
En général, si le climat change comme on le prévoit, les conditions climatologiques favoriseront la croissance du pin gris plutôt que celle de l’épinette noire.
Qui peut utiliser les fruits de cette recherche?
Les spécialistes qui étudient les effets du changement climatique sur la forêt boréale, tout comme les personnes chargées de planifier les futures forêts et de modéliser l’approvisionnement en bois, peuvent utiliser ces modèles dans les buts suivants :
- examiner les effets futurs du climat sur la croissance en diamètre des arbres;
- réduire les incertitudes au sujet de l’approvisionnement durable en produits forestiers et en services écosystémiques de la forêt boréale de l’Ontario sous des conditions climatiques changeantes à l’avenir.
Pour de plus amples renseignements
- Communiquer avec Mahadev Sharma ou lire l’article intitulé « Climate-Diameter Growth Relationships of Black Spruce and Jack Pine Trees in Boreal Ontario, Canada », publié dans la revue Global Change Biology et diffusé par l’IRFO.
- Nirmal Subedi, ancien chercheur de l'OFRI, a aussi participé à ce projet de recherche.
Le saviez-vous? Faits concernant l'epinette noir
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| L’épinette noire a souvent une forme décharnée, avec des branches tombantes aux pointes tournées vers le haut, souvent ornées de lichens, ainsi qu’une grappe de branches formant une cime en massue. |
En savoir davantage sur l’épinette noire
- Le nom scientifique de cette essence est Picea mariana. Elle a été ainsi nommée en l’honneur du Maryland (mariana veut dire « du Maryland »), même si elle n’y pousse pas!
- L’épinette noire est l’essence la plus importante pour l’industrie forestière de l’Ontario. En effet, son bois est fait de longues fibres flexibles et douces, idéales pour la fabrication du papier.
- C’est l’un des résineux les plus courts de l’Ontario : parfois, il ressemble davantage à un arbuste qu’à un arbre. L’épinette noire ne vit pas très longtemps (de 60 à 200 ans), notamment à cause des feux de forêt et des vents. En revanche, cette essence s’adapte aux perturbations, et le feu permet aux cônes de libérer les semences, ce qui renouvelle les peuplements.
- La croissance de l’épinette noire est lente. Des peuplements purs (groupes d’une même espèce) présentent des racines peu profondes qui leur permettent de se développer dans des milieux inhospitaliers pour les autres arbres, comme le pergélisol, les tourbières et les sols peu profonds recouvrant le substratum rocheux.
- Dans des milieux plus secs et surélevés, les épinettes noires tendent à être plus hautes et fournies. Dans les zones humides, elles présentent un aspect plus broussailleux.
- Comment distinguer une épinette d’une pruche, d’un sapin ou d’un mélèze? En tout cas, pas en touchant les aiguilles, car celles de l’épinette sont piquantes!
- Autres signes distinctifs :
- Les aiguilles de l’épinette sont plus courtes que celles des pins, et elles poussent de façon individuelle sur la tige, tandis que les pins ont des aiguilles bien plus longues et groupées par 2, 3 ou 5.
- En outre, les aiguilles de l’épinette se pressent densément tout autour de la pointe de la branche tandis que celles de la pruche et du sapin poussent sur les côtés des rameaux.
- Les aiguilles d’épinette sont très drues, alors que celles du mélèze sont longues et douces.
- Il est facile de distinguer une épinette d’un pin. Par contre, même les forestiers et les botanistes peuvent avoir du mal à reconnaître les différentes espèces d’épinette. Voici quelques signes distinctifs :
- L’épinette de Norvège et l’épinette bleue, des espèces non indigènes, présentent des aiguilles carrées qui sont difficiles à rouler entre le pouce et l’index.
- Les épinettes noires, blanches et rouges ont des aiguilles plus rondes qu’on peut rouler entre les doigts.
- On écrase quelques aiguilles. Celles de l’épinette noire sentent le menthol. Si l’odeur rappelle la mouffette ou l'urine du chat, c’est une épinette blanche. Un parfum de zeste d’orange est caractéristique de l’épinette rouge (relativement rare en Ontario).
- Les épinettes noires ont des aiguilles très courtes, celles des épinettes rouges sont un peu plus longues, et celles de l’épinette blanche, encore plus.

Merci au magazine Northern Woodlands de nous avoir permis d’adapter sa photo. Voyez l’article informatif sur l’identification des épinettes à l’adresse http://northernwoodlands.org/knots_and_bolts/spruce-up-your-id-skills (en anglais seulement). - Les épinettes noires sont plus susceptibles de pousser sur des sols pauvres, et les épinettes blanches ont généralement meilleure apparence. L’épinette noire a souvent une forme décharnée, avec des branches tombantes aux pointes tournées vers le haut, souvent ornées de lichens, ainsi qu’une grappe de branches formant une cime en massue.
- De toutes les épinettes indigènes de l’Ontario, l’épinette noire présente le plus petit cône (environ 3 cm de long). De vieux cônes peuvent rester pendus aux arbres pendant des années. On a trouvé des graines viables dans des cônes de 20 ans! Les cônes mâles sont rouge foncé.
- • L’épinette noire est souvent attaquée par deux parasites : le faux-gui et la tordeuse des bourgeons. Le faux-gui est une plante parasite qui envahit la couronne et forme ce que l’on appelle des balais de sorcières.
- Les Autochtones utilisaient l’épinette noire de plusieurs façons :
- Bois : pour construire les abris, canots, nasses, cadres de raquettes, séchoirs
- Racines : pour lier les canots et paniers en écorce de bouleau, fabriquer des filets de pêche
- Sève, résine et écorce interne : pour guérir les plaies, brûlures, éruptions cutanées et inflammations
- Bière d’épinette : pour prévenir le scorbut et traiter d’autres maladies comme la diarrhée et les maux de gorge (également préparée par les colons européens et encore de nos jours dans certaines régions de l’Amérique du Nord!).
- Gomme d’épinette : une gomme à mâcher! Il y a 100 ans, les gens l’appréciaient beaucoup.
- Les animaux sauvages adorent les épinettes! En effet, les pessières créent de l’ombre fraîche qui protège la faune. L’épinette noire est une source de nourriture pour l’orignal, le caribou, le tétras du Canada, le lièvre d’Amérique et de nombreux rongeurs, oiseaux et insectes.



