Quelles sont les questions que les chercheurs ont posées et pourquoi les ont-ils posées?
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En 2010, une épidémie de la maladie de la brûlure des aiguilles de Dooks a été diagnostiquée dans une banque génomique* de pins à cinq aiguilles de l'arboretum de l'IRFO, près de Sault Ste. Marie. L'épidémie a donné au pathologiste en recherche forestière de l'IRFO John McLaughlin, au généticien en recherche forestière de l'IRFO Pengxin Lu et à leurs collègues la possibilité de voir à quel point diverses essences de pins sont vulnérables à cette maladie, qui est originaire d'Amérique du Nord.
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| Ce pin de Macédoine, dans l'arboretum de l'IRFO, a été tué par la brûlure des aiguilles de Dooks. |
Qu'ont-ils fait?
Ils ont examiné tous les arbres de cette banque génomique pour voir quels étaient les arbres malades et déterminer la gravité de l'infection.
Qu'ont-ils appris?
Les pins bleus de l'Ouest et de l'Himalaya sont vulnérables à la brûlure des aiguilles de Dooks : une première pour ces essences. En outre, le pin de Macédoine et les hybrides issus en partie d'un croisement avec cette essence sont les plus vulnérables et ont été les arbres les plus endommagés par l'infection. Les pins du Japon et de Corée n'ont manifesté aucun symptôme. N'en ont pas manifesté non plus les hybrides issus d'un croisement entre le pin blanc et le pin bleu de l'Himalaya, que les chercheurs de l'IRFO avaient créés pour qu'ils résistent à la rouille vésiculeuse, une maladie introduite (cliquez ici pour en savoir plus sur les hybrides résistants à la rouille vésiculeuse; en anglais seulement).
Qui peut utiliser les résultats de cette recherche?
Les résultats de cette recherche sont importants pour ceux qui envisagent de planter des pins de Macédoine à des fins ornementales ou pour créer, par croisement, des arbres résistants à la rouille vésiculeuse (cette essence n'est plus utilisée pour ce genre de recherche en Ontario, parce qu'elle n'offre pas un degré utile de résistance). Les chercheurs, les jardiniers paysagistes et les propriétaires fonciers ne devraient pas planter de pins de Macédoine en Amérique du Nord, parce que cela pourrait rendre d'autres essences de pin blanc plus vulnérables à la brûlure des aiguilles de Dooks (en raison d'une contamination de leur patrimoine génétique par des gènes prédisposés à cette maladie).
Pour de plus amples renseignements
Lire l'article intitulé New Hosts and Differential Susceptibility of Five-Needle Pine Species to Dooks Needle Blight (Lophophacidium dooksii) publié dans le Journal of Plant Pathology. On peut l'obtenir en communiquant avec IRFO ou avec John McLaughlin ou Pengxin Lu de l'IRFO.
*Une banque génomique est une collection d'arbres ayant des traits génétiques remarquables, tels qu'une croissance supérieure ou une résistance supérieure aux maladies.
Le saviez-vous? Faits concernant le pin blanc
« Comme la terre, le pin blanc pourvoyait aux besoins. Son bois blanc crème, léger et facile à travailler nous a donné un gagne-pain, une économie prospère, un abri, un objet sur lequel nous asseoir et même des allumettes. Le pin blanc nous a aussi enseigné que même les ressources naturelles qui sont abondantes doivent être gérées avec soin. Les magnifiques forêts de pins blancs qui présentaient des défis à nos premiers colons et les récompensaient de leurs efforts n'existent plus, mais le pin blanc, lui, est éternel. » Passage tiré de l'ouvrage White Pine: Ontario Celebrates Its History (1984).
- Le pin blanc est l’arbre-emblème de l'Ontario et le roi des forêts de l'Est de l'Amérique du Nord. C'est le plus grand arbre de cette région.
- Le pin blanc peut vivre jusqu'à 500 ans et parfois plus, et ses billes peuvent être encore plus âgées! Au milieu des années 1990, des chercheurs de l'IRFO ont découvert que certaines billes de pin blanc et de pin rouge trouvées sur les rives de lacs dans les parcs provinciaux Algonquin et Lady Evelyn Smoothwater étaient millénaires. Leurs arbres étaient nés à la fin des années 800. Ils avaient vécu au moins 500 ans. Après leur mort, ils sont tombés dans l'eau où ils flottent depuis. Les chercheurs ont dans l'idée que les billes qui reposent dans la boue au fond des lacs de ces parcs sont encore plus vieilles. Si vous voyez de telles billes sur la rive devant votre chalet, protégez-les, car elles pourraient être de l'époque des Vikings!
- Le plus grand arbre documenté en Ontario est un pin blanc. Il pousse près de Haliburton et mesure environ 50 mètres de hauteur : la hauteur d'un bâtiment de 15 étages!
- Le pin blanc est souvent pris pour le pin rouge ou le pin gris. Il est toutefois le seul pin indigène de l'Est de l'Amérique du Nord à avoir cinq aiguilles par faisceau et de longs cônes. Le pin rouge, lui, a deux aiguilles par faisceau et des cônes courts et larges. Les aiguilles du pin gris sont réunies elles aussi en faisceaux de deux, mais elles sont plus courtes que celles du pin rouge, ont la forme d'un V et sont habituellement légèrement tordues. Les cônes du pin gris sont petits et groupés par deux (ils ressemblent aux cornes du bélier).
- Le feu est important pour les écosystèmes du pin blanc, car les graines de cet arbre germent bien sur les lits de germination brûlés, et les semis poussent mieux aux endroits où certains des arbres de l'étage dominant ont été tués (un couvert fermé ne donne pas suffisamment de lumière).
- Au début des années 1800, les colons européens furent remplis d'émerveillement devant le tronc du pin blanc : un tronc grand et droit, souvent dégarni à sa partie inférieure. Ils se mirent à abattre le pin blanc et à expédier les troncs en Angleterre, où ils servaient au début à construire les mâts des vaisseaux de la marine britannique. Les colons européens utilisaient aussi le pin blanc pour fabriquer mille et une choses, des cabanes aux berceaux et aux cercueils. Cet arbre est toujours utilisé pour fabriquer des planchers, des meubles, des cadres de fenêtre, des clôtures, des boiseries, des maisons en rondins et bien d'autres choses.
- Le pin blanc offre abri et nourriture à de nombreux oiseaux et petits mammifères. Le pygargue à tête blanche, le balbuzard et d'autres oiseaux de proie aiment construire leur nid sur de grands pins blancs. L'ours noir mange les graines du pin blanc. Pour les femelles de l'ours noir, le pin blanc est une sorte de garderie : les ourses envoient leurs oursons grimper à cet arbre pour qu'ils y soient à l'abri des dangers.
- Les Autochtones attachaient un grand prix au pin blanc. Les Iroquois l'appelaient « arbre de la paix » en raison de sa grande taille et de sa grâce. Voici quelques-unes des utilités que le pin blanc avait pour les Premières Nations :
- Nourriture. Le nom de tribu Adirondack vient probablement du mot iroquois pour « mangeur d'écorce » (qui renvoie au fait que les Algonquins mangeaient la face intérieure de l'écorce des arbres pendant les famines l'hiver).
- Médicaments. Les Autochtones utilisaient les aiguilles et la résine du pin blanc comme médicaments. En raison de son pouvoir antiseptique, la résine du pin blanc servait d'onguent et de tonique. (Le pin entrait aussi dans la fabrication de nombreux médicaments brevetés vendus durant les années 1800. Certains sirops contre la toux renferment toujours aujourd'hui de l'huile de pin.)
- Transport. La résine du pin blanc servait à boucher et à imperméabiliser les joints sur les canots d'écorce. Plusieurs Premières Nations de l'Est de l'Amérique du Nord utilisaient de grands troncs de pin blanc pour construire des pirogues qui pouvaient transporter jusqu'à 40 personnes.
- Le pin blanc est ciblé par des dizaines d'insectes et de maladies. Une des maladies les plus redoutables est la rouille vésiculeuse, une mycose (maladie provoquée par des champignons microscopiques) introduite en Ontario et à laquelle le pin blanc n'oppose aucune résistance.
- Voir aussi l'Atlas des arbres de l'Ontario : Pin blanc (Pinus strobus)
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| Pins blancs géants, dans le parc Algonquin, vers 1910. Ces arbres mesuraient probablement au moins 40 mètres de hauteur et avaient un diamètre de plus d’un mètre et demi. « Durant plus de 100 ans, le pin blanc a été le facteur dominant dans la croissance et le développement de l'Ontario. » ~ Passage tiré de l'ouvrage White Pine: Ontario Celebrates Its History (1984). |
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| Les grands pins blancs sont de populaires lieux de nidification pour les aigles et les autres grands rapaces. Photographie : Lyn Thompson, Section des sciences et de l'information du Sud, ministère des Richesses naturelles. |
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| À l'époque, les bûcherons équarrissaient les troncs de pins blancs géants pour qu'ils puissent être empilés soigneusement dans la cale des navires qui servaient au transport du bois. La perte de la moitié du bois de chaque arbre n'était pas considérée comme importante tant la réserve de pins semblait inépuisable. « Partout où poussait le pin blanc s'y menaient des chemins de fer. Les scieries suivaient les chemins de fer, et des collectivités poussaient aux endroits où s'étaient établies les scieries. » ~ Passage tiré de l'ouvrage White Pine: Ontario Celebrates Its History (1984). |
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