Depuis des décennies, les chercheurs scientifiques de l’IRFO sont reconnus à l’extérieur de l’Ontario pour leurs recherches et leur expertise dans des domaines allant de la production de matériel de pépinière et la gestion de la végétation en passant par l’écologie des paysages. Plus tôt cet été, trois scientifiques (Steve Colombo, Rongzhou Man et John McLaughlin) ont été invités à prendre la parole lors d’importantes réunions nationales et internationales sur les ressources naturelles tenues en Belgique, à Edmonton et à Sault Ste. Marie. Voici un aperçu de leurs présentations ou choisir un bouton de lien (ci-dessous).
À la fin juin, le chercheur scientifique de l’IRFO Steve Colombo s’est rendu en Belgique pour assister à la conférence AEBIOM European Bioenergy, 2012 (en anglais seulement), où il a fait une présentation sur les enjeux liés à la durabilité et à la dette de carbone dans le cadre de la récolte de biomasse dans les forêts de l’Ontario. Il explique qu’on l’a invité à s’adresser lors de la conférence en raison des travaux que lui-même, son collègue chercheur à l’IRFO, Jiaxin Chen, et des scientifiques des universités de Toronto et Queen’s, ont fait sur la compensation des gaz à effet de serre par l’utilisation de combustibles à base de bois.
« Les Européens sont de grands utilisateurs de granulés de bois comme combustible et ils s’inquiètent de l’aspect durable des granulés qui proviennent des forêts canadiennes, explique Steve Columbo. Ils s’intéressent donc fortement aux résultats de nos travaux sur les avantages, en matière d’émissions de carbone, de remplacer les combustibles fossiles par des biocombustibles à base de bois. »
Lors de son séjour en Belgique, il a découvert que certains Européens ne connaissaient pas l’approche du Canada en matière de durabilité forestière. « J’ai été surpris de constater que la durabilité de l’aménagement forestier au Canada faisait encore une fois l’objet de discussion, alors qu’il est tout à fait clair qu’au cours des 30 dernières années, le Canada – et l’Ontario, qui m’est encore plus familier – ont fait des progrès énormes en ce qui concerne l’aménagement forestier durable. Nous sommes les chefs de file mondiaux dans des domaines comme l’aménagement du paysage. Mais beaucoup d’Européens ne sont pas du tout au courant de ce qui se passe au Canada. »
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Pour sa part, le message qu’il avait à communiquer a retenu l’attention de certains des participants producteurs, utilisateurs et décideurs dans le domaine de la bioénergie.
« Pour l’essentiel, mon message est qu’on ne peut tenir pour acquis que le biocombustible à base de bois est carboneutre. Plus précisément, j’ai expliqué que nous pourrions récolter davantage de biomasse en Ontario dans le cadre d’aménagement forestier durable et que la récolte de biomasse peut favoriser une structure forestière plus naturelle. Mais l’obtention d’un bénéfice net de carbone lié au passage à la bioénergie peut être retardée selon la source de votre biomasse et le combustible fossile que vous remplacez. »
Par exemple, si la pratique courante est de brûler les débris de coupe, en se servant de ces débris pour fabriquer des granulés au lieu de les brûler permettra d’obtenir relativement rapidement un bénéfice de carbone pour cette zone. Ces granulés sont une solution de rechange à un combustible fossile et puisque les fibres auraient été brûlées de toute façon, l’effet net de les brûler pour fournir de l’énergie est pratiquement carboneutre.
Pour en savoir davantage sur les résultats obtenus par Steve Colombo et ses partenaires, lire : Forest Bioenergy or Forest Carbon? Assessing Trade-Offs in Greenhouse Gas Mitigation with Wood-Based Fuels (en anglais seulement).
Pour plus de renseignements sur sa conférence ou en obtenir une copie, envoyez-lui un courriel.
Pour en savoir davantage au sujet de ses recherches et publications, consultez son profil sur le site public de l'IRFO (page du personnel).
Si cet article vous a intéressé, vous pourriez aussi lire : The Carbon Neutrality Assumption for Forest Bioenergy: A Case Study for Northwestern Ontario (en anglais seulement).
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| Lindsey Freeman, ancien technicien à la recherche de l’IRFO, mesure la croissance des jeunes trembles et les examine pour déterminer s’ils ont des difformités de la tige ou de la couronne dans le cadre d’une étude de la qualité des trembles dans une forêt mixte boréale du nord-est de l’Ontario. |
Aussi la fin juin, le chercheur scientifique de l’IRFO, Rongzhou Man, s’est rendu à Edmonton pour une conférence (qu’il a lui-même aidé à organiser) : Boreal Mixedwoods 2012–Ecology and Management for Multiple Values (en anglais seulement).
Il a fait deux présentations liées à l’Ontario, dont l’une était un aperçu de la sylviculture des forêts mixtes et l’autre, un aperçu des politiques relatives aux forêts mixtes.
Dans sa première présentation, Rongzhou Man a mis l’accent sur le fait que les essences mixtes représentaient une partie de plus en plus importante de la forêt boréale ontarienne et il a souligné que nos forêts mixtes ont tendance à être plus complexes que celles de l’Ouest canadien. Il a fortement encouragé les aménagistes forestiers à continuer de promouvoir les forêts mixtes pour toute une gamme de raisons, dont le fait qu’elles ont une plus grande biodiversité, qu’elles sont plus écologiquement résilientes et qu’elles fournissent des possibilités pour des produits de bois de grande qualité.
Dans sa deuxième présentation, il a donné un aperçu de l’histoire de l’aménagement des forêts mixtes en Ontario, de la planification en fonction des forêts mixtes et des possibilités liées à l’aménagement de ce type de forêt, dont l’émulation des perturbations naturelles, palier à la réduction de la demande du bois et réduire le recours aux pesticides.
Rongzhou Man dit que la conférence a accueilli toute une brochette d’experts sur l’aménagement des forêts mixtes boréales, dont Vic Lieffers et Phil Comeau de l’université d’Alberta et Yves Bergeron de l’Université du Québec. En plus des présentations de Rongzhou Man, la conférence comprenait :
- une présentation de ce que nous avons appris au sujet de l'aménagement des forêts mixtes (en anglais seulement) la première réunion nationale sur l'aménagement des forêts mixtes en avril 1988 (beaucoup!)
- une discussion entre experts sur les possibilités et les défis de l'aménagement des forêts mixtes boréale (en anglais seulement), la régénération des conifères et le changement climatique ayant été ciblés comme défis importants
- une présentation sur l'avenir de l'aménagement des forêts mixtes (en anglais seulement), y compris mettre au point un plus grand nombre de produits du tremble et produire davantage de bioénergie
Rongzhou Man souligne aussi que Glen Armstrong de l'université d'Albert a traité des aspects économiques des forêts mixtes boréales (en anglais seulement), disant que compte tenu des prix actuels, la sylviculture intensive n’était pas économiquement viable, mais que récolter le bon bois de la bonne manière et au bon moment dans le cadre de l’aménagement d’une forêt mixte pouvait augmenter les profits et réduire les coûts.
Pour voir toutes les présentations, visitez le site Web de la conférence (en anglais seulement). Ou vous pouvez attendre que ses actes soient publiés l’an prochain dans un numéro spécial de The Forestry Chronicle. Nous vous ferons savoir lorsque ce numéro sera disponible.
Pour plus de renseignements au sujet de cette conférence ou de l’aménagement des forêts mixtes boréales en Ontario, faites parvenir un courriel à Rongzhou Man.
Pour en savoir davantage au sujet de ses travaux de recherche, consultez son profil sur le site public de l'IRFO (page du personnel).
En août, John McLaughlin, pathologiste et chercheur auprès de l’IRFO, a fait deux présentations lors de la conférence Terrestrial Invasive Plant Species, tenue à Sault Ste. Marie.
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| Des chercheurs de l’IRFO ont découvert que le pin de Macédoine (comme l’arbre au centre ci-dessous) et certains hybrides de pin de Macédoine et de pin blanc poussant à l’arboretum de l’IRFO à Sault Ste. Marie sont très susceptibles à la brûlure des aiguilles de Dook, une maladie fongique indigène. |
John McLaughlin siégeait aussi au comité organisateur de la conférence, tout comme le chef de l’IRFO, Wayne Fiset, et Lisa Buse, coordonnatrice du transfert technologique de l’IRFO. La première présentation de John McLaughlin portait sur les récentes découvertes faites par les chercheurs de l’IRFO, à savoir que les pins hybrides comprenant en partie du pin blanc et du pin de Macédoine sont plus susceptibles à la maladie connue sous le nom de brûlure des aiguilles de Dook, maladie indigène de l’Amérique du Nord signalée pour la première fois en 1984.
« Nous avons récemment découvert une grave flambée de cette maladie dans une archive génétique de pins à cinq aiguilles dans l’arboretum de l’ORFO à l’extérieur de Sault Ste. Marie, a fait savoir John McClaughlin. Cette plantation contient des pins à cinq aiguilles ayant un éventail d’antécédents génétiques, mais les pins de Macédoine (ou les pins contenant de ce pin) étaient de loin les plus gravement atteints. »
Il explique que sous la direction du généticien et chercheur Pengxin Lu, les chercheurs de l’IRFO sont à mettre au point des hybrides de pin blanc dans l’espoir d’en trouver qui soient tolérants à la maladie invasive exotique, la rouille vésiculeuse. Au cours des derniers cent ans, cette maladie est l’une des causes principales du déclin du pin blanc en Ontario et les chercheurs n’ont pas encore été en mesure de trouver des spécimens de pin blanc indigènes en mesure de résister à cette maladie. Les hybrides représentent le meilleur espoir de rétablir le pin blanc dans des endroits à risque élevé d’infection à la rouille vésiculeuse.
Au cours de la dernière décennie, les chercheurs de l’IRFO ont réussi à mettre au point des hybrides qui sont des pins blancs à plus de 85 pour cent et qui résistent quand même à la rouille vésiculeuse. Ils travaillent maintenant à la mise au point d’une autre génération d’hybrides qui seront des pins blancs à 94 pour cent.
« La mauvaise nouvelle est que les hybrides ayant le pin de Macédoine dans leur ascendance sont très susceptibles à la brûlure des aiguilles de Dook, explique John McLaughlin. La bonne nouvelle est que les hybrides ayant le pin de l’Himalaya dans leur ascendance démontrent non seulement une bonne résistance à la rouille vésiculeuse, mais une assez bonne tolérance à la brûlure des aiguilles de Dook. »
Il ajoute : « La susceptibilité du pin de Macédoine ne représente pas seulement une préoccupation pour les chercheurs, mais aussi pour l’industrie horticole. Le pin de Macédoine est un arbre populaire dans le secteur de l’aménagement paysager et si nous continuons à le planter et qu’il s’hybride avec notre pin blanc indigène, nos populations de pin pourraient être encore plus compromises par la maladie. »
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| Des chercheurs de l’IRFO ont choisi trois tests axés sur l’ADN pour déterminer si les noyers cendrés qui semblent être sains sont des noyers cendrés purs et sont donc protégés par la loi ou s’il s’agit d’hybrides (noyer cendré/noyer de Siebold). Si des barres apparaissent dans les boîtes orange, cela prouve que l’arbre est un noyer cendré; s’il y a des barres dans les boîtes jaunes, l’arbre est un hybride. Les barres dans les boîtes bleues indiquent que l’arbre est un pin de Siebold. Ce gel est un composite à des fins d’illustration. |
Dans sa seconde présentation, John McLaughlin a donné un rapport sur sa recherche sur le chancre du noyer cendré, une maladie invasive exotique qui a provoqué, en 2005, la désignation de cette essence en tant qu’espèce en voie de disparition au Canada.
Il explique que lui-même et son équipe de recherche à l’IRFO appuient le Programme de rétablissement du noyer cendré de diverses façons, dont la mise au point d’un test basé sur l’ADN pour déterminer l’hybridité du noyer cendré et identifier les arbres purs à des fins de tests supplémentaires et de reproduction future.
« Parce que le noyer cendré est maintenant une espèce en voie de disparition, les noyers cendrés en bonne santé sont protégés, explique John McLaughlin, mais le hic, c’est que le noyer cendré d’hybride facilement avec le noyer de Siebold, arbre qu’on plante souvent pour sa production de noix et dans le cadre d’aménagement paysager et les hybrides ne sont pas protégés par la loi. Il peut être difficile de déterminer si un arbre est un noyer cendré pur ou un hybride. Lorsqu’une personne a besoin de déterminer s’il s’agit d’un arbre pur ou d’un hybride, elle prélève une bouture et nous l’envoie pour que nous fassions des tests pour déterminer s’il s’agit ou non d’un hybride. »
Mettre au point la méthode de dépistage a présenté des défis, dit-il. Lui et son équipe utilisent trois des dix marqueurs d’ADN identifiés par l’université Purdue comme étant des indicateurs utiles d’hybridité et ont déterminé qu’ils fonctionnent bien.
Ils ont cependant eu leur part de défis techniques lors de leurs travaux, dont le fait que le noyer cendré canadien semble avoir des profils d’hybridation différents de ceux du noyer cendré américain.
« Environ 90 pour cent des hybrides américains ont comme parent maternel le noyer de Siebold, explique-t-il, alors que seulement 77 pour cent des arbres canadiens que nous avons testés ont cette essence comme parent maternel. Pourquoi? Nous ne sommes pas certains de la réponse, mais il se peut que le noyer cendré américain soit passé par un plus grand nombre de cycles d’hybridation que les arbres canadiens. »
Il ajoute que lorsque les activités scientifiques appuient des lois comme la Loi sur les espèces en voie de disparition, les méthodes utilisées doivent être particulièrement rigoureuses. « Par exemple, nous ne pouvons affirmer qu’un arbre en particulier est un noyer cendré pur. Mais nous pouvons dire que selon les tests que nous avons faits, l’arbre ne présente pas d’indices d’hybridité. »
Les boutures prélevées d’arbres en santé qui ne présentent pas d’indice d’hybridité seront archivées pour qu’elles puissent être plantées pour produire des arbres puis testées pour déterminer s’ils sont véritablement résistants au chancre du noyer cendré.
Selon John McLaughlin, beaucoup de personnes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du MRN participent aux travaux de rétablissement du noyer cendré, comme le personnel de Section de la vitalité forestière et de la sylviculture, le personnel du bureau de district du MRN (sud de l’Ontario), le personnel de la Forest Gene Conservation Association et les chercheurs américains du USDA Forest Service et de l’université Purdue.
Pour obtenir plus de renseignements au sujet des travaux de John MacLaughlin au sujet de la brûlure des aiguilles de Dook ou le chancre du noyer cendré, envoyez-lui un courriel.
Vous pouvez aussi en savoir davantage au sujet de ses travaux de recherche en consultant son profil sur le site public de l'IRFO (page du personnel).
Pour accéder à ses diaporamas ou pour télécharger le programme de la conférence TIPS, qui contient un résumé de toutes les présentations, visitez le site Web TIPS (en anglais seulement).






