Voyage d'une carotte de tourbe : d'une tourbière gelée dans le Grand Nord à un laboratoire à l'IRFO

Les chercheurs de l'IRFO à un site de recherche des tourbières en parc provincial Polar Bear
Les chercheurs de l'IRFO à un site de recherche des tourbières en parc provincial Polar Bear. Oui, le chercheur du milieu porte une arme, une nécessité professionnelle lorsque l’on travaille dans un pays où se vivent des ours polaires.

 

Quelles sont ces plaques froides brunes qu'on traite à l'IRFO?

 

Si vous vous êtes rendus récemment dans les chambres de croissance de l'IRFO, vous avez pu voir la technicienne de laboratoire ShariAnn de Kuiper et le technicien en ressources John Schnare déballer soigneusement des plaques gelées brunes recouvertes de papier aluminium et ressemblant à des carrés au chocolat. Si la curiosité vous a piqués, vous avez dû les voir couper, peser et mesurer des morceaux de ces plaques avec diligence. ShariAnn enregistre toutes ces mesures, tandis que John disparaît dans la chambre de croissance glaciale pour trancher d'autres échantillons. Ils les placent ensuite dans des moules en aluminium et les empilent sur un chariot.

 

Pour l'observateur moyen, ce comportement peut sembler un peu inhabituel, mais de nombreux IRFOphiles savent qu'ils analysent des carottes de tourbe.

 

Alors, que sont des carottes de tourbe?

 

La tourbe se forme lorsque les matières végétales pourries des mousses, des carex, des herbes, des arbustes ou des arbres s'accumulent dans des zones saturées d'eau en permanence. Quand elles ne sont pas perturbées, les tourbières peuvent stocker efficacement le carbone séquestré dans ces plantes pendant des milliers d'années.

 

Les carottes en question sont des échantillons de tourbe. Les chercheurs recueillent ces échantillons en enfonçant un carottier spécial dans la tourbe.

 

Que font-ils avec ces carottes et pourquoi?

 

Ces carottes de tourbe font partie d'une étude menée par le chercheur scientifique Jim McLaughlin pour en savoir plus sur les cycles du carbone dans les tourbières du Grand Nord. Les tourbières sont reconnues mondialement comme étant très importantes pour le stockage de carbone. Bien qu'elles ne couvrent que 3 % de la superficie émergée de la planète, les tourbières contiennent près de 30 % de tout le carbone stocké sur la terre. Les chercheurs utilisent également des carottes pour découvrir à quelle vitesse le carbone s'accumule dans les tourbières du Nord, quel est l'historique de ces zones en matière d'incendies et comment les cycles de l'eau dans les tourbières réagissent aux changements climatiques.

 

Les équipes ont recueilli des échantillons de forage près de Kinoji, d’Attawapiskat, et dans le parc provincial de l’Ours polaire dans le Grand Nord, ainsi que dans des tourbières de fen près de la rivière White au cours des étés 2009, 2010, et 2011. Ils ont transporté les carottes à l'IRFO et les ont gelées jusqu'à ce qu'ils puissent les traiter. Voir le reportage photo ci-dessous pour savoir comment on les étudie.Les équipes de terrain ont prélevé des échantillons de base près d'Attawapiskat et du lac Kinojie dans le Grand Nord et dans une tourbière située près de White River au cours des étés 2009, 2010 et 2011. Ils ont transporté les carottes à l'IRFO et les ont gelées jusqu'à ce qu'ils puissent les traiter. Voir le reportage photo ci-dessous pour savoir comment on les étudie.

 

Ces travaux aideront les chercheurs à déterminer combien de carbone les tourbières du Grand Nord stockent ou séquestrent et serviront à mettre au point un modèle séquestration de carbone dans les tourbières pour favoriser l'aménagement du territoire en Ontario.
 

Lisez tout sur le long parcours étrange d'un échantillon de tourbe, d'Attiwapiskat à l'ordinateur de Jim McLaughlin! Voir la galerie ci-dessous.