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Comme la portée des défis de gestion des ressources continue de s'élargir, le personnel du MRN songe à l'utilisation des évaluations de vulnérabilité comme un outil pour l'aider à déterminer celles qui sont les plus importantes.
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| Dans le nord-est de l’Ontario, avec son relief inhabituellement plat et ses sols fertiles, mais mal drainés, la ceinture d’argile se distingue de la forêt boréale environnante. Sa formation remonte à 8 000 ans avant notre ère lorsqu’un lac glaciaire s’est vidé. |
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur le changement climatique définit la vulnérabilité au changement climatique comme « le degré auquel un système est vulnérable ou incapable de faire face aux effets négatifs du changement ». Le fait de connaître la vulnérabilité d'un système permet aux décideurs de proposer des mesures visant à la réduire ou à l'éliminer. L'évaluation de la vulnérabilité englobe une série d'étapes :
- déterminer la vulnérabilité actuelle d'un système ou d'une espèce;
- étudier les indicateurs du changement;
- estimer les conditions futures;
- appliquer ces informations pour déterminer la sensibilité potentielle et la capacité d'adaptation.
Alors, qu'est-ce qu'une évaluation de la vulnérabilité? C'est un outil qui peut aider les gestionnaires des ressources à déterminer, quantifier et hiérarchiser les vulnérabilités d'un système pour, par exemple, comprendre comment le changement climatique affectera les forêts et lier cela à la façon dont les pratiques d'aménagement forestier doivent être adaptées pour assurer la durabilité. L'une de ces évaluations est centrée sur l'écodistrict 3E-1 — également connu sous le nom de ceinture d'argile (Faits concernant la ceinture d’argile) dans le nord de l'Ontario et met l'accent sur les préoccupations liées aux forêts.
Selon Rachelle Lalonde, écologiste terrestre auprès de la Section des sciences et de l'information du nord-est du MRN et responsable de l'évaluation de la vulnérabilité de la ceinture d'argile, « L'objectif de cette évaluation est d'établir où et comment cet écodistrict pourrait être vulnérable au changement climatique et déterminer les possibilités d'adaptation ».
Elle explique que l'équipe d'évaluation se concentre spécifiquement sur la productivité et la composition, le chablis, la paludification — le processus de formation de la tourbe — et la sensibilité au feu. « D'autres thèmes environnementaux de l'évaluation comprennent : les tourbières, l'hydrologie, les milieux aquatiques, la faune et la socio-économie », dit-elle. « En plus de cerner les options d'adaptation de la ceinture d'argile, nous voulons mettre au point des outils et des techniques que nous pourrons utiliser dans le cadre des évaluations de la vulnérabilité dans d'autres secteurs. »
Les chercheurs de l'IRFO aident à définir les vulnérabilités et les risques et à élaborer des indicateurs pour suivre les changements futurs dans deux secteurs : les tourbières ainsi que la productivité et la composition des forêts. Ces indicateurs peuvent être axés sur une espèce ou peuvent fournir des informations sur l'évolution des systèmes entiers.
Indicateurs des tourbières
Jim McLaughlin de l'IRFO est à la tête de la section des tourbières. Il signale que les indicateurs choisis pour les tourbières sont les suivants : 
Le ceinture d'argile est situé à environ 700 km au nord de Toronto.
- l'étendue des divers types de tourbières;
- la composition de leur espèce;
- la superficie des terres brûlées et la gravité des incendies;the amount of area burned and fire severity
- le stockage et les émissions de carbone dans les tourbières.
« Nos analyses ont montré que les changements attendus sur le plan du climat de l'Ontario ne sont pas susceptibles de toucher l'ensemble des tourbières », a dit M. McLaughlin. « Toutefois, la tourbière oligotrophe pourrait augmenter tandis que la tourbière basse pourrait diminuer. En outre, la régénération et la croissance des arbres et des arbustes sont susceptibles d'augmenter, ce qui fera augmenter le stockage de carbone. En général, les tourbières devraient conserver leur fonction de puits de carbone, mais peut-être à un niveau réduit au fur et à mesure que la zone et la gravité des incendies augmentent. »
Indicateurs de la productivité et de la composition des forêts
Bill Parker de l'IRFO est à la tête de la section de la productivité et de la composition des forêts, assisté par Steve Colombo et Mahadev Sharma.
« Nous avons choisi la composition des espèces de forêts et la productivité des forêts comme indicateurs forestiers », explique Parker. « Pour chaque indicateur, nous avons déterminé ce que les effets à long terme du changement climatique pourraient être. Par exemple, en supposant que les projections climatiques liées au scénario A2 du Groupe de travail international sur le changement climatique concernant la dépendance agressive continue sur les combustibles fossiles sont exactes, d'ici à 2100, la ceinture d'argile pourrait être mieux adaptée à la croissance des espèces d'arbres forestiers des Grands Lacs-St-Laurent que les espèces boréales. »
Il ajoute que : « nous nous attendons à ce que la croissance des espèces boréales dans l'écodistrict 3E-1 s'améliore au cours des 30 à 60 prochaines années, car le climat devient plus chaud et plus humide, et que des espèces comme le pin blanc, l'érable, le chêne sont favorisées par rapport aux conifères boréaux ».
Mme Lalonde soutient qu'« une fois que les vulnérabilités sont déterminées, les partenaires et les intervenants, y compris le MRN, les autochtones, l'industrie forestière locale, les d'organismes non gouvernementaux locaux et les municipalités aideront à déterminer les risques et à hiérarchiser les options d'adaptation en fonction de leur acceptabilité, de leur faisabilité et des effets sur la durabilité des forêts ».
Pour en savoir plus sur l'évaluation de la vulnérabilité de la ceinture d'argile, communiquez avec l'IRFO. Un rapport sur ce projet sera disponible d'ici l'été 2012.
Visitez le site Web du MRN au changement climatique.
Le saviez-vous? Faits concernant la ceinture d’argile
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| Pendant le premier tiers du 20e siècle, des milliers d’aspirants agriculteurs ont gagné le nord jusqu’à la ceinture d’argile, région appelée à l’époque le « Nouvel Ontario », dans l’espoir de tirer des profits très intéressants de ses sols fertiles. Or, la réalité ne se fit pas longtemps attendre pour nombre d’entre eux. Deux obstacles importants les empêchaient de bien réussir en agriculture : la longueur des hivers et le mauvais drainage des sols. Cette ferme se trouvait près d’Englehart. |
La ceinture d’argile est l’une des régions ontariennes les plus étonnantes. En quoi se distingue-t-elle de la forêt boréale qui l’entoure? La forêt boréale se caractérise par un relief souvent rocailleux et vallonné, au sol peu fertile, alors que la ceinture d’argile est un îlot très plat dans la forêt boréale, aux sols en général argileux et fertiles, mais mal drainés, dont 20 pour cent sont des tourbières.
Au début du 20e siècle, la ceinture d’argile a connu une période de prospérité lorsque des milliers d’agriculteurs pleins d’espoir ont gagné le nord. Mais la fertilité du sol ne suffisait pas : la saison de croissance des cultures était trop courte et les hivers trop rigoureux pour que la plupart des agriculteurs puissent gagner leur vie décemment. .
Il reste encore quelques agriculteurs dans la ceinture d’argile, qui cultivent essentiellement de l’avoine, de l’orge et du foin pour les élevages de bovins laitiers et de bovins de boucherie des environs. Dans la ceinture d’argile, les industries primaires sont toutefois les industries forestière et minière.
Lisez une article fascinant sur le ceinture d'argile (Canadian Geographic janvier 2012; en anglais seulement)


