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Le thuya occidental est une essence commerciale de plus en plus prisée. L’Ontario en compte d’ailleurs de nombreux peuplements. Puisque son bois résiste à la pourriture, il est notamment utilisé pour la construction de quais, de terrasses et de cabanes en rondins et la fabrication de poteaux et de bardeaux. Cet arbre fournit également un abri et de la nourriture à la faune. Faites une ballade sur une des routes de l’Ontario bordées de forêts et vous verrez que le feuillage des cèdres commence à la hauteur d’un cerf. On le retrouve par ailleurs souvent dans les jardins, car il sert de clôture de verdure entre les terrains.
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| Meghan Garside, étudiante en stage à l’IRFO durant l’été, utilise un pied à coulisse pour mesurer le diamètre d’un thuya occidental de l’arboretum de l’IRFO à Sault Sainte Marie. |
Toutefois, le thuya occidental a fait l’objet de peu d’études comparativement aux espèces commerciales plus populaires, comme l’épinette noire et le pin gris, et il existe peu de données sur la façon d’en assurer la gestion. Le MRN mène actuellement plusieurs études afin de déterminer les meilleures façons de cultiver, de récolter et de régénérer le cèdre.
En 2011, les chercheurs de l’IRFO Tom Noland et Rongzhou Man ont commencé une nouvelle étude visant à déterminer la tolérance de l’espèce à l’herbicide glyphosate appliqué en différentes concentrations et en différentes périodes de l’année. Le glyphosate est l’herbicide utilisé le plus souvent dans les forêts de l’Ontario pour lutter contre la végétation qui fait concurrence aux arbres destinés à la récolte.
« Un aspect important de la régénération des forêts après la récolte consiste à contrôler la végétation qui fait concurrence aux jeunes semis, indique M. Noland. La gestion de la végétation permet de s’assurer qu’on obtient un mélange approprié d’essences, et dans ce cas-ci un peuplement de thuya occidental sain, plutôt que des espèces moins désirables et plus agressives, comme le sapin baumier, qui supplante le cèdre. »
M. Noland ajoute que les connaissances sont limitées sur la tolérance du cèdre au glyphosate. Pour la présente étude, les chercheurs ont planté 1000 semis de cèdre dans l’arboretum de l’IRFO, près de Sault Ste. Marie. On a installé une clôture à cervidés autour du site pour que les chercheurs puissent se pencher uniquement sur les effets de l’herbicide, sans se préoccuper de la présence des cerfs.
« Cette année, nous laissons le temps aux plants de bien s’établir, explique M. Noland. L’an prochain, nous permettrons aux végétaux concurrents de prospérer et nous appliquerons du glyphosate à trois différentes concentrations, trois fois durant l’année. Nous comparerons cette procédure de contrôle des végétaux à un procédé mécanique et à une absence de contrôle. Nous évaluerons les plants de semis à l’automne et déterminerons s’ils poussent bien et s’ils montrent des signes de stress. Nous effectuerons ensuite une évaluation finale de la croissance à l’automne de la troisième année. »
Les résultats de ces travaux, qui paraîtront d’ici 2014, nous aideront à prendre de meilleures décisions concernant la gestion de la régénération du cèdre après la récolte.
Pour obtenir d’autres renseignements, communiquez avec Tom Noland. Michael Irvine, spécialiste de la gestion de la végétation à la Section de la vitalité forestière et de la sylviculture du MRNO, participe également à ce projet.
Articles connexes:
Le thuya occidental : les chercheurs se lancent à la découverte du mystère d’une essence commerciale pleine de promesses, mais qui se fait discrete
Atlas des arbres de l'Ontario : Thuya Occidental (Thuja occidentalis)
Rapport de recherche connexes:
Silvicultural Practices for Eastern White Cedar in Boreal Ontario (en anglais)
Bulletin de deffusion—Centre de ressources pour propriétaires fonciers :
Le thuya occidental
Le saviez-vous? Faits concernant le thuya occidental
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- Douglas Larson, chercheur à l’Université de Guelph, a découvert que le thuya occidental est de loin l’essence d’arbre qui vit le plus longtemps en Ontario. Le thuya occidental le plus âgé pousse sur l’escarpement du Niagara et a germé en 688, de sorte qu’il a plus de 1324 ans en 2012.
- M. Larson a aussi découvert que le thuya occidental est l’arbre qui pousse le plus lentement au monde. Il en a trouvé un âgé de 155 ans qui ne pesait que 11 grammes, ce qui laisse supposer qu’il n’avait pris que 0,1 gramme par an. Le thuya occidental pousse donc environ 10 000 fois plus lentement que le douglas taxifolié. (Pour en savoir plus sur les travaux de M. Larson, lisez The Last Stand: A Journey Through the Ancient Cliff-Face Forest of the Niagara Escarpment (en anglais seulement).
- On reconnaît les plantations de thuya occidental le long des routes à leur taille uniforme car les cerfs ont mangé tout ce qui était à leur hauteur. En effet, un bosquet de thuya occidental est un véritable buffet pour les cerfs.
- La plantation de plusieurs thuyas occidentaux en rang serré forme une magnifique haie verte.
- Le thuya occidental résiste à la pourriture et c’est pourquoi il est idéal pour les clôtures, les quais, les saunas et les bardeaux.
- À la découverte du fleuve St-Laurent en 1536, l’explorateur français Jacques Cartier a suivi les conseils des Autochtones en faisant bouillir des aiguilles de thuya pour en faire une infusion qui a sauvé son équipage du scorbut.


