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| L’if du Canada, un arbuste commun des sous-bois, est une source d’éléments chimiques appelés taxanes qui servent à la fabrication de médicaments pour traiter diverses formes de cancer. |
Après six années de travail, le chercheur scientifique de l’IRFO Tom Noland met fin à ses travaux sur l’if du Canada en bouclant son second projet de recherche sur le sujet, lequel portait plus particulièrement sur la récolte de plants qui poussent à l’état sauvage. Les résultats de cette étude ont paru dans le numéro de juillet-août 2011 de la publication The Forestry Chronicle (en anglais seulement).
« La récolte commerciale de l’if du Canada a débuté en 2003 dans les forêts de l’Ontario sans qu’une politique de récolte durable n’ait été établie, indique M. Noland. On dispose dorénavant des données nécessaires pour confirmer que les directives de récolte durable de l’Association de l’if du Canada, soit une récolte modérée des pousses de trois ans suivie d’une période de reprise de la croissance de quatre ans avant d’effectuer une nouvelle récolte, assurent une récolte durable en Ontario. »
L’if du Canada est un arbuste rampant à feuilles vivaces que l’on trouve dans le sous-bois des forêts de presque tout l’Est du Canada et du Nord-Est des États-Unis. C’est une plante importante pour la faune; les cerfs se nourrissent de cet arbuste, mais il est très toxique pour les êtres humains. De plus, il a une valeur économique, car son feuillage contient des éléments chimiques très utiles, les taxanes.
« Prenez par exemple le taxane qu’on connaît sous le nom de paclitaxel, explique M. Noland. L’if du Canada en contient des concentrations plus élevées que la plupart des autres espèces d’if, et c’est l’ingrédient actif du TaxolMD, l’un des médicaments anticancer les plus prisés dans le monde. Notre étude démontre qu’une récolte bien dirigée de la biomasse de l’if sauvage à des fins d’extraction des éléments chimiques anticancéreux peut être effectuée de manière durable en Ontario. Voilà une bonne nouvelle pour l’économie du Nord. »
Parmi les résultats les plus intéressants de l’étude, selon M. Noland, il y a le fait que la saison de la récolte et l’emplacement du peuplement ne semblent pas influer sur la quantité d’if qui croît après la récolte et que l’if repousse facilement, à la condition que la récolte ne soit pas trop sévère.
Outre l’étude sur la récolte de l’if sauvage, M. Noland s’est également penché sur la croissance de l’if du Canada en tant que culture agricole dans le Nord de l’Ontario. Dans le cadre de ses travaux, il a sélectionné des plants ayant un taux de croissance rapide et une concentration de taxane élevée, et il a déterminé la meilleure façon de les multiplier et de les cultiver dans des plantations. Pour connaître les résultats de cette recherche, lisez le document Canada Yew: Developing a Value-Added Crop for Northern Ontario (Forest Research Report No. 172; en anglais seulement).
Qu’est-ce que l’avenir réserve à M. Noland, ce chercheur scientifique en biochimie des arbres qui est particulièrement intéressé aux produits forestiers non ligneux? « Je travaille actuellement sur un projet d’analyse d’échantillons de végétaux pour connaître les effets de la perturbation sur la qualité du fourrage des caribous, j’ai établi un groupe d’étude pour connaître les effets de l’herbicide glyphosate sur le thuya occidental et j’analyse des échantillons de bio-huile dérivée du bois liquéfié dans la bioraffinerie mobile du MRN pour trouver tout produit chimique utile, explique-t-il. J’ai adoré faire la recherche sur l’if et aller sur le terrain, surtout à l’automne, après la saison des moustiques, mais je me prépare déjà à relever de nouveaux défis. »
