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| Tianna Burke, étudiante au Programme Expérience été à l’IRFO, se prépare pour prendre une photo hémisphérique afin d’évaluer la lumière disponible au thuya occidental en régénération. |
Ils poussent à peu près partout en Ontario, sans être abondants. Ils poussent là où à peu près rien d’autre ne pousse, pas très rapidement ou bien. Ils sont importants, non seulement pour l’industrie forestière en Ontario, mais aussi en tant qu’espèce culturelle et spirituelle des Premières nations du Canada. Ceux qui poussent sur les falaises dans le sud de l’Ontario sont les plus vieux arbres de l’est de l’Amérique du Nord (jusqu’à 1,100 ans!). L’espèce? Le thuya occidental.
Jusqu’à récemment, le thuya occidental n’était pas une espèce très cultivée en Ontario. La demande a toujours été régulière, car le thuya est imputrescible, ce qui le rend populaire pour les quais, les terrasses, les poteaux, les clôtures, les bardeaux et les rondins de cabines. Cependant, en raison de sa rareté relative, de sa croissance lente et du manque de bois de qualité, l’industrie forestière l’a généralement considéré comme une espèce secondaire.
Le thuya occidental a d’autres usages importants : c’est l’une des principales plantes médicinales du peuple Ojibway qui l’a utilisé pour traiter le scorbut et d’autres malaises. C’est aussi une source de nourriture et un habitat pour le cerf de Virginie, de petits mammifères et plusieurs espèces d’oiseaux, ainsi qu’un arbre populaire dans l’aménagement paysager qui sert de matériel pour couvrir le sol.
Il y a plusieurs années, le chercheur scientifique de l’IRFO Rongzhou Man s’est intéressé au thuya occidental en s’apercevant que des peuplements entiers étaient sujets à des coupes à blanc et en réalisant qu’on disposait de peu d’informations sur la gestion de cette espèce. Le MRN effectue une série d’études afin d’améliorer la documentation sur le thuya occidental (voir la liste au bas de la page), et Man a participé aux recherches depuis le début. Ses travaux se concentrent sur la façon dont les thuyas rémanents réagissent à la coupe. Pour vérifier, par exemple, si les méthodes de coupe assurent la survie et la croissance de la régénération préétablie des thuyas (les jeunes arbres laissés après la récolte pour devenir la prochaine forêt) dans les basses terres là où le thuya de sous-bois est généralement abondant. Aussi inconnu : si la coupe partielle laisse les arbres rémanents dominants dans les hautes terres suffisamment sains pour fournir l’origine des graines et un abri pour une régénération naturelle.
L’étude du thuya représente un défi, car il pousse lentement, dit Man. « Tandis que d’autres espèces prennent de quatre à cinq ans pour se régénérer, le thuya occidental peut prendre jusqu’à vingt ans. Une croissance lente et une haute résistance au stress signifient qu’il faut plus de temps aux chercheurs pour savoir comment le thuya réagit suite aux coupes. »
Les chercheurs évalueront les placettes d’échantillonnage tous les cinq ans pendant que les arbres sont en croissance, mais il faudra près de 20 ans pour obtenir des résultats concluants. Pour en savoir plus sur les travaux de l’IRFO sur le thuya occidental, communiquez avec Rongzhou Man, rongzhou.man@ontario.ca, ou au (705)946-7484.
Qui d’autre au MRN étudie le thuya occidental?
L’étude du thuya occidental de Rongzhou Man fait partie d’un cadre plus large de recherches du MRN destiné à combler les manques d’information reliée à cette espèce. D’autres études incluent :
- Le développement d’un protocole de contrôle pour évaluer le success de la régénération – Gordon Kayahara, Section des sciences et de l’information du Nord-est.
- La mesure de la forme du thuya occidental, de la production du peuplement et des liens écologiques – Dan Corbett, Section des sciences et de l’information du Nord-est
- L’évaluation de la performance des espèces plantées sur de hautes
terres concurrentes et l’évaluation de la dissémination des graines des arbres rémanents ou des bordures – Nick Buda et Doug Reid, du Centre de recherche sur l’écosystème des forêts du Nord (CREFN)
- Faire des essais sélectifs afin de déterminer les herbicides forestiers que le thuya occidental tolère – Les chercheurs Tom Noland et Rongzhou Man de l’IRFO et Michael Irvine de la Section de la vitalité forestière et de la sylviculture
Les rechercheurs espèrent que leurs efforts aideront à maintenir des peuplements sains et productifs de thuyas occidentaux, qui supportent les besoins de l’industrie forestière et qui protègent les valeurs de notre patrimoine écologique et culturel.
