Par Ngaire Eskelin
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| Les chercheurs étudient comment l’épinette blanche plantée avec des graines de différentes provenances en Ontario croîtra dans diverses conditions climatiques. Les résultats nous permettront de mieux faire correspondre les sources de semences aux lieux de plantation dans un contexte de changement climatique. |
Nous savons qu’il est préférable de planter une graine d’arbre dans des conditions climatiques semblables à celles d’où provient le semencier car ces nouveaux arbres seront génétiquement adaptés aux mêmes conditions. Toutefois, si le climat continue de changer tel que prévu les semenciers deviendront de moins en moins adaptés à leur environnement d’origine. Les enveloppes climatiques se déplacent et il est peu probable que les espèces d’arbres de l’Ontario puissent suivre le pas. Ils pourraient alors avoir besoin d’une migration assistée : le déplacement d’un peuplement vers une nouvelle région serait causé par la réduction des conditions climatiques favorables de la région actuelle.
En 2008, un projet a été mis sur pied par une équipe de chercheurs de l’IRFO (Bill Parker, Pengxin Lu, Steve Colombo et moi-même), en consultation avec la section de la vitalité forestière et de la silviculture du MRN, le Service canadien des forêts ainsi que Université Lakehead. Ce projet vise à approfondir la compréhension de l’adaptation rapide des espèces d’arbres de l’Ontario aux changements climatiques afin d’appuyer les décisions reliées à la migration assistée. Voici les questions étudiées :
• Quels seront les effets de la hausse de température/ déplacement des enveloppes climatiques sur la croissance de l’arbre, la production et la qualité du bois?
• Quelles populations d’arbres seront mieux adaptées au climat futur prévu dans une région donnée?
• La meilleure démarche serait-elle de planter au nord les populations d’arbres du sud afin de maximiser la survie et la croissance des arbres?
Quelques- unes de nos découvertes jusqu’à présent :
• L’organisation d’un atelier portant sur la migration assistée à Sault Ste. Marie en septembre 2009; les participants ont présenté des travaux de recherches sur le sujet et discutés de l’étendue du problème ainsi que des opportunités de collaboration.
• Publication d’une vue d’ensemble d’un projet incluant une bibliographie sur la migration assistée (MNR Climate Change Research Report CCRR-19; en anglais seulement)
Nous travaillons présentement avec le USDA Forest Service Northern Research Station (NRS) afin de réévaluer une étude historique sur la provenance du pin blanc – un test qui évalue la croissance des arbres à partir de la semence dans toute l’aire de répartition de l’espèce – a vu le jour en 1958 grâce à une initiative du International Union of Forest Research Organizations. Ces essais n’étaient pas liés aux études sur les changements climatiques bien qu’ils s’intéressaient à plusieurs conditions climatiques qui nous permettront de comparer la croissance des arbres à partir de graines provenant de peuplements différents; au fil du temps ces données sur les conditions climatiques détermineront les régions les plus favorables à la croissance des peuplements et la distance acceptable pour déplacer la source des semences.
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| Ngaire Eskelin, forestier spécialiste en recherche, prépare un semis d’épinette blanche pour effectuer un test de provenance. |
Seulement 12 sites sont intacts; avec l’aide du NRS, sept de ces sites seront réexaminés, soit en Ontario, Minnesota, Wisconsin, Michigan et dans l’État du Maine. Tous ces sites contiennent des arbres en provenance de 12 sources de semences communes. Des évaluations sur la croissance et la survie seront menées sur la production et le stockage de carbone; de plus USDA-FS Southern Research Station étudiera les caractéristiques du bois pour prédire les effets des changements climatiques sur la qualité du bois.
Ici à l’IRFO nous menons aussi une étude environnementale contrôlée qui examine les effets de la température sur la croissance de semis de pins blancs en provenance de neuf sources de semences. L’objectif de cette expérience plutôt courte est de determiner les meilleures températures estivales pour chaque semis en provenance de différentes régions de l’Ontario pour ainsi déterminer les meilleures conditions climatiques futures pour les planter.
Les résultats de ces études ainsi que d’autres études envisagées contribueront à l’élaboration de politiques pour la migration assistée qui évaluent les avantages et les risques afin d’assurer que le MRN conserve des forêts bien adaptées malgré les changements climatiques prévus.
Pour plus de renseignements sur cette recherche, veuillez communiquer avec Bill Parker, bill.parker@ontario.ca, (705) 946-7424.
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