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| Les arbres envahis par des espèces concurrentes peuvent croître lentement ou même mourir, ce qui entrave le renouvellement de nos forêts. La gestion de la végétation aide à débarrasser les arbres de grande valeur des concurrents. |
Au cours des dernières années, les chercheurs Wayne Bell de l’IRFO, Nancy Luckai de l’Université Lakehead, ainsi qu’Al Stinson et Sue Pickering du Centre écologique du Canada-Partenariat de recherche en foresterie, ont mené ensemble un projet avec des partenaires de la Colombie-Britannique, de l’Ontario, du Québec et du Nouveau- Brunswick pour résumer les connaissances au sujet des méthodes de contrôle de la végétation en compétition avec les conifères.
Ces chercheurs ont étudié non seulement les conséquences environnementales de l’utilisation de divers traitements de gestion de la végétation, mais aussi les répercussions sociales et économiques du dégagement des conifères au niveau du peuplement forestier et du paysage. Ils se sont concentrés principalement sur les résultats d’études dans les forêts aménagées de l’Ontario qui ont débutées au début des années 1990 dans le cadre du programme de nouvelle gestion de la végétation du MRN, mais ont aussi examinés des résultats d’autres études faites à travers le Canada.
« Nous voulions combiner tous les travaux effectués au cours des deux dernières décennies, » explique Bell. « Il y a eu des rapports sur des projets individuels à différents endroits, mais l’information était éparpillée et avait besoin d’être résumée et d’être accessible aux praticiens. Le but est d’aider les gestionnaires des forêts à choisir le traitement le plus efficace pour leurs sites selon leurs circonstances. »
Il fait remarquer que la gestion de la végétation aide à diriger la lumière, l’eau et les nutriants vers les arbres cultivés afin d’améliorer leur survie et leur croissance. « Les gestionnaires forestiers choisissent des traitements selon une combinaison de l’autécologie des espèces en compétition sur le site, des objectifs de gestion et d’autres valeurs, ainsi que des considérations environnementales et socioéconomiques. »
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| Au cours d’une visite sur le terrain, le scientifique chercheur de l’IRFO, Wayne Bell, révèle de nouvelles idées de gestion de la végétation qui concurrence les arbres de récolte. |
Al Wiensczyk et Kathie Swift de FORREX (Forum for Research and Extension in Natural Resources), un organisme à but non-lucratif de la Colombie- Britannique, ont joué un rôle clé dans le résumé des informations afin de déterminer ce qui est connu à propos de l’efficacité de la sylviculture et des répercussions écologiques de différents traitements. Wiensczyk explique que les options de traitement peuvent être placées dans les catégories suivantes :
- Systèmes de coupe et préparation physique des sites : Débroussaillage, anhélation, paillage
- Thermique : feu, vapeur
- De culture : culture des semis, couverture des cultures, pâturage
- Traitements par aspersion chimique et biologique
« Ces bilans sont en partie basés sur l’information de la base de données canadienne sur la gestion des forêts mise en place et maintenue par Dean Thompson, Ressources naturelles Canada, et coparrainée par le Centre écologique du Canada – Partenariat de recherche en foresterie, » indique Wiensczyk. « Cette base de données contient environ 14 500 citations sur la gestion forestière au Canada, en particulier sur le contrôle de la végétation concurrente, des insectes et des maladies ».
Lorsqu’on lui a demandé de partager certaines découvertes réalisées jusqu’à présent, Krishna Homagain, étudiant diplômé de l’Université Lakehead et ancien stagiaire à l’IRFO, indique : « Les herbicides sont toujours la méthode la plus rentable que nous possédons. Par exemple, les résultats après dix ans d’une de nos plus importantes études, le Fallingsnow ecosystem project, démontrent que les traitements avec des scies d’éclaircissage et des débroussailleuses mécaniques coûtent trois fois plus que l’herbicide par mètre cube de bois. »
Les chercheurs Stephen Wyatt de l’Université de Moncton et Marie-Hélène Rousseau de l’Université Laval travaillent pour résumer les questions sociales en relation avec les alternatives de gestion de la végétation. Ils ont proposé un cadre pour l’évaluation des préoccupations du public et soulignent que le public évalue et accepte les alternatives de gestion de la végétation en se basant sur le contexte, les risques, l’esthétique, la confiance et la connaissance. Ils nous avertissent du fait que l’acceptation du public des alternatives peut changer au cours du temps et selon les situations et qu’ils perçoivent des risques basés non seulement sur les données scientifiques, mais aussi sur les valeurs, les doutes et la confiance envers les preneurs de décisions et les gestionnaires des ressources.
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| Les scies d’éclaircissage comptent parmi les moyens de contrôler la croissance de plantes qui concurrencent des arbres de grande valeur comme le pin gris et l’épinette noire. |
« Peu importe la méthode, les traitements de dégagement effectués tôt donnent généralement plus de fibres de conifère à long terme, » explique Bell. « Le truc est de trouver une combinaison de traitements qui assure l’atteinte de nos objectifs à long terme pour un site donné. »
Selon un membre de l’équipe de biologistes et chercheurs de Eacom Timber Inc. (anciennement Domtar) Kandyd Szuba, basé à Espanola, ON, l’analyse de l’étude de cas à l’échelle du paysage s’est concentrée sur les conséquences à plus long terme des diverses options de dégagement dans le cadre de la planification de la gestion forestière (PGF). Les modèles d’approvisionnement en bois utilisés pour cette analyse représentaient deux PGF approuvées par le MRN (y compris tous les objectifs et toutes les contraintes écologiques) : pour la Spanish Forest (analyse non spatiale SFMM) et pour la forêt Romeo Malette (Modèle spatial Patchworks).
L’écologiste en recherches sylvicoles de l’IRFO Jennifer Dacosta travaille en collaboration avec Szuba. Elle explique : « Dans nos études de cas, la réduction dans l’utilisation d’herbicide a produit moins de zones récoltées, moins de volume de bois d’épinettes, de pins et de sapins récoltés, un revenu plus faible pour la Couronne, un plus grand réseau de routes et des coûts plus élevés pour maintenir les routes et transporter le bois. Mais cela a aussi produit plus de forêts anciennes – plus que requis pour atteindre les objectifs écologiques; plus d’habitats pour la faune qui préfère une forêt plus ancienne et mature, comme le pic à dos noir; et moins d’habitats pour les espèces qui préfèrent des forêts jeunes ou récemment perturbées, comme la crécerelle, l’orignal et le bruant à gorge blanche .»
Alors comment les chercheurs partagent-ils leurs découvertes? Le partenaire au projet John Pineau de l’Institut forestier du Canada (IFC) indique, « Nous en sommes maintenant à transférer les résultats à travers les ateliers régionaux, les présentations, les séries de lecture de l’IFC et des articles dans une édition spéciale de « The Forestry Chronicle » en mars/avril 2011 afin de disséminer ses informations au plus grand nombre de gestionnaires des ressources possible. »
Les partenaires du projet de synthèse sont l’université Lakehead, le Centre écologique du Canada – Partenariat de recherche en foresterie, l’Institut forestier canadien, FORREX, Eacom Timber Inc., Tembec Enterprises Inc.- Forest Resource Management Group, Spatial Planning Systems, Université de Moncton, Université Laval, Service Canadien des Forêts, ministère des Ressources naturelles et de la faune du Québec, l’université de Guelph, et le National Council for Air and Stream Improvement – Opérations canadiennes.
Pour en savoir plus sur la gestion de la végétation:
L'edition mars / avril 2011 de Forestry Chronicle est entièrement axée sur la gestion de la végétation (en anglais)
Voir aussi Aperçu (vol 8, no 1, page 14) | Insights (vol 5, no 2, page 1; en anglais)
Aussi disponible: Vegetation Management Alternatives - A Guide to Opportunities (en anglais; pour obtenir une copie sur papier, communiquez par courriel avec l'IRFO)
Ou écoutez l'enregistrement WebEx d'un séminaire de l'IRFO datant de 2010 intitulé Management Alternatives in Boreal and Temperate Forests: What Do We Know About Releasing Conifers? (en anglais)


