Puits ou source? Modélisation des stocks de carbone des forêts de l’Ontario

Les forêts renferment beaucoup de carbone : environ 80 p. 100 du carbone en surface et 40 p. 100 du carbone souterrain de la planète. Notre façon de gérer les forêts peut constituer un facteur déterminant quant à savoir si elles seront des puits (si elles absorbent plus de carbone qu’elles n’en dégagent, ce qui contribuerait à ralentir le changement climatique) ou des sources (si elles libèrent plus de carbone qu’elles n’en absorbent, ce qui risque d’accentuer le changement climatique).  

 

De toute évidence, nous souhaiterions que nos forêts soient des puits afin de ralentir le changement climatique, mais pour gérer correctement le carbone forestier et nous acquitter de nos engagements nationaux et internationaux concernant les bilans de carbone, nous devons connaître la quantité exacte de carbone qui entre dans les forêts ontariennes et qui en sort.

 

Ce n’est pas chose facile d’estimer le bilan de carbone d’une zone forestière dont la superficie dépasse celle de bien des pays; cela demande des modèles informatiques sophistiqués. Depuis plusieurs années, les chercheurs de l’IRFO travaillent à mettre au point un modèle qui permettra de prédire la quantité de carbone emmagasiné dans l‘ensemble de la zone et dans différents bassins particuliers (arbres vivants, autres végétaux, couverture de feuilles mortes, etc.), tant aujourd’hui que dans le siècle à venir.

Comment peut-on favoriser le stockage du carbone dans les forêts
-
En employant des pratiques de gestion forestière qui visent à améliorer la régénération et la croissance des arbres, pour que les forêts absorbent plus de carbone.
- En plantant des arbres sur des terres marginales afin de créer de nouvelles forêts qui absorberont et retiendront plus de carbone sur la Terre (voir le programme 50 millions d'arbres).
- En menant des activités d’exploitation forestière durable, ce qui permet de transférer le carbone des arbres dans différents produits ligneux où il sera stocké pendant des décennies (pensez au temps durant lequel le bois de votre maison restera intact et stockera du carbone!).
- En remplaçant l’acier, le béton et d’autres matériaux à plus forte consommation d’énergie par des matériaux en bois.

 

Ce modèle appelé FORCARB-ON est fondé sur le FORCARB2, modèle américain de bilan de carbone forestier. Ses promoteurs, Jiaxin Chen, Steve Colombo et Michael Ter-Mikaelian, de l’IRFO, ainsi que Linda Heath, du Service des forêts du département de l’Agriculture des É.-U., ont concentré leur attention sur 39,36 millions d’hectares de forêts gérées de l’Ontario. Ce sont notamment des forêts de la Couronne qui produisent du bois d’œuvre, des forêts qui sont administrées comme des parcs et réserves, des zones bénéficiant d’une protection limitée contre les incendies et des forêts privées.

 

Et quels sont les résultats obtenus avec ce modèle? Il prédit que les forêts gérées de l’Ontario continueront de constituer un petit puits de carbone au cours du siècle à venir. Mieux encore, le stock de carbone que renferment les produits ligneux provenant des arbres de ces forêts augmentera probablement beaucoup. Donc, lorsqu’il s’agit de ralentir le changement climatique, il est nettement préférable de couper les arbres mûrs et d’en tirer des produits ligneux, plutôt que de laisser ces arbres libérer du carbone qui se consumera ou se décomposera à mesure que les arbres mourront.

 

Les chercheurs ont également établi des prévisions pour le stockage du carbone des forêts et pour les émissions liées aux produits du bois récolté dans quatre catégories : l’utilisation, l’enfouissement, la combustion pour la production d’énergie, ainsi que la décomposition ou la combustion sans production d’énergie. En outre, la toute dernière version de leur modèle comprend un module permettant de simuler les effets d’un incendie de forêt sur le carbone forestier. Cependant, les projections établies jusqu’à maintenant n’incluent pas les effets du changement climatique, ce qui pourrait avoir une incidence sur la question de savoir si les forêts de l’Ontario seront un puits ou une source au fil du temps.

 

Pour obtenir de plus amples détails sur FORCARB-ON et les projections actuelles, envoyez un courriel à information.ofri@ontario.ca pour demander l’étude intitulée Carbon Budget of Ontario’s Managed Forests and Harvested Wood Products, 2001-2100, publiée dans Forest Ecology and Management.


*L'article mentionné ci-dessus indique que 42,4 millions d'hectares de forêts ont été gérés en Ontario; depuis que cet article a été publié, la superficie a été recalculée à 39,36 millions d'hectares.