Les forêts boréales mixtes de l’Ontario, qui couvrent la majeure partie du Nord de la province, se composent d’essences diverses telles que l’épinette, le pin, le tremble, le peuplier et le bouleau. Ces forêts poussent souvent aux endroits les plus fertiles et peuvent être très productives. Elles comptent également quelques avantages distincts par rapport aux forêts dominées par une seule essence. Par exemple :
- Plus il y a d’essences d’arbre dans la forêt, plus les scieries de la région ont accès à une vaste gamme de produits possibles;
- Si un ravageur ou une maladie dévaste une forêt mixte, il est probable que pas plus de quelques essences seront touchées et qu’une partie ou la majorité des arbres seront épargnés;
- Plus la forêt est diverse, plus elle peut abriter un grand nombre d’espèces fauniques.
Par conséquent, les forestiers cherchent des moyens pratiques de régénérer (c’est-à-dire de faire pousser de nouveaux arbres après la coupe) les peuplements mixtes d’épinette blanche et de peuplier faux-tremble. Ils s’efforcent particulièrement de découvrir les meilleures façons d’empêcher que les plantes concurrentes nuisent aux précieux conifères lorsque les arbres sont jeunes.
En 2002, un groupe de chercheurs dirigé par Doug Pitt, du Centre canadien sur la fibre de bois (et dont faisait partie Bill Parker, de l’IRFO), a entrepris d’étudier certains emplacements dans le centre-ouest de l’Alberta et le nord-est de l’Ontario pour faire la lumière sur les traitements radiaux et généralisés visant à contrôler les végétaux qui font concurrence aux semis d’épinette et au tremble en cours de régénération naturelle (traitement radial = vise à limiter la concurrence dans un rayon de deux mètres autour de chaque épinette; traitement généralisé = vise à limiter toute la concurrence sur l’ensemble de la parcelle).
Voici les conclusions présentées par les chercheurs après cinq périodes de végétation :
- Les semis d’épinette poussant sur des parcelles qui n’avaient subi aucun traitement affichaient un volume de tige deux fois plus petit que les semis ayant bénéficié de mesures minimales de lutte contre la végétation. Il est probable que la croissance de ces arbres sera ralentie pendant des décennies.
- Les mesures de lutte appliquées pendant deux à quatre ans contre toutes les plantes concurrentes situées dans un rayon de deux mètres autour de chaque plant d’épinette (semis à cinq mètres d’intervalle) ont beaucoup amélioré la croissance et le développement de l’épinette, ainsi que ceux du tremble.
- Il est possible d’améliorer la croissance en hauteur des semis d’épinette en les faisant bénéficier de l’ombrage partiel du tremble. Les semis sont ainsi moins sujets à l’endommagement causé par la gelée tardive au printemps.
Les chercheurs soulignent que le tremble et l’épinette ont des besoins particuliers quant à l’eau, à la lumière et aux éléments nutritifs du sol. De plus, les objectifs de gestion des forêts boréales mixtes peuvent aussi varier selon que l’on vise, par exemple, à accroître la composante en conifères ou à créer un habitat faunique plus diversifié. Cette complexité signifie que les forestiers ont besoin d’une gamme de stratégies et d’outils pour rétablir et maintenir les forêts boréales mixtes.
Pour obtenir de plus amples détails sur les résultats de cette étude, envoyez un courriel à information.ofri@ontario.ca et demandez votre exemplaire de Early Vegetation Control for the Regeneration of a Single-Cohort, Intimate Mixture of White Spruce and Trembling Aspen on Upland Boreal Sites, publié dans la Revue canadienne de recherche forestière.