Personne-ressource : Jim McLaughlin
En juillet 2008, le gouvernement de l’Ontario a annoncé une nouvelle initiative de planification pour le Grand Nord, qui représente 42 pour cent de la base géographique de la province, mais ne dispose que de 24 000 habitants, la plupart autochtones. Dans le cadre de cette initiative, au moins 225 000 kilomètres carrés de cette zone seront protégés et le gouvernement travaillera avec les communautés autochtones afin de développer des plans d’aménagement des terres basés sur les collectivités qui assurent une protection adéquate, mais qui permettent également un développement économique durable pour des industries comme l’exploitation minière et la foresterie.
Cependant, on en sait peu sur la façon dont les écosystèmes du Grand Nord fonctionnent et sur la façon dont les activités humaines pourraient les affecter, particulièrement les 31 millions d’hectares de zones humides, dont la plupart sont couvertes de tourbe (des matériaux constitués de restes de plantes partiellement décomposés) et connues sous le nom de tourbières. Ces terres stockent de grandes quantités de carbone; ainsi, il est important d’en apprendre davantage sur la façon dont elles fonctionnent et répondent aux changements afin d’aider aux efforts de ralentissement du changement climatique et d’assurer que les écosystèmes, les plantes et les animaux du Grand Nord sont protégés.
Les chercheurs prévoient des études dans le Grand Nord afin d’en apprendre davantage sur le cycle du carbone dans les tourbières, sur la façon dont le carbone s’est accumulé, sur la façon dont les incendies se sont propagés sur ce paysage au fil du temps et sur la façon dont le cycle de l’eau répond aux changements (les nutriments comme le carbone circulent dans l’eau comme dans les plantes et le sol). Les chercheurs ont choisi des sites dans le Parc provincial Polar Bear et dans les basins des rivières Attawapiskat et Moose pour la collecte de données détaillées pour la surveillance de la dynamique du carbone et du pergélisol. Ils recueilleront également un ensemble de données moins détaillées à travers la région afin de mesurer les taux accumulation de tourbe.
Ces données aideront les chercheurs à affiner les estimations de la quantité de carbone stocké ou absorbé dans les tourbières du Grand Nord, ainsi qu’à mettre au point un modèle d’absorption du carbone dans les tourbières afin d’appuyer l’aménagement du territoire.