Les lacs peuplés de touladis sont rares. Seulement 1 % à peu près des lacs de l’Ontario hébergent des touladis, mais cette proportion représente de 20 à 25 % de la population mondiale de touladis. Le touladi est une ressource halieutique importante en Ontario. C’est une espèce de prédilection chez de nombreux pêcheurs à la ligne, résidents ou non, et qui offre une variété d’occasions de pêche.
Le touladi est une espèce à croissance lente et à maturité tardive, qui produit un petit nombre d’œufs et peuple des eaux oligotrophes improductives. Les touladis fraient en août, quand la température de l’eau descend sous les 10 à 14°C, puis se dispersent après le frai.
Tout récemment, dans le cadre de sa stratégie concertée de protection des lacs à touladis, le MRN a mis à jour sa liste des eaux intérieures peuplées de touladis et a désigné officiellement les lacs qui seront gérés pour la reproduction naturelle du touladi ou pour l’ensemencement. La liste actuelle désigne 2 283 lacs intérieurs en Ontario (exclusion faite des Grands Lacs) gérés pour le touladi, dont 2 098 lacs identifiés pour la gestion des populations se reproduisant naturellement et 185 lacs dépendants de l’empoissonnement. Les lacs dits « naturels » comprennent les lacs qui peuvent avoir subi une perte des populations de touladis, mais où l’on veut favoriser leur retour. Les lacs désignés pour l’empoissonnement au touladi sont gérés de façon à offrir des possibilités de pêche récréative ou à orienter l’effort de pêche à la ligne loin des lacs « naturels ».
Il ne fait aucun doute que la surpêche a joué un rôle clé dans le déclin des populations de touladis, mais bien d’autres agents stressants ont aussi eu un effet adverse sur les stocks de touladis. Les touladis et les lacs qui en contiennent sont particulièrement vulnérables aux répercussions des activités humaines, notamment les déversements accrus de phosphore en provenance des fosses septiques de chalets et d’autres sources d’enrichissement en matières nutritives, l’acidification, l’arrivée d’espèces exotiques et la destruction de l’habitat. Le MRN s’attaque à bon nombre de ces autres agents stressants qui nuisent aux stocks de touladis par le biais d’autres composantes de sa stratégie concertée de protection des populations de touladis en Ontario.
Recommandations concernant les saisons de pêche
- Les dates de fermeture de la saison de la pêche au touladi doivent tenir compte de la période de frai, de manière à offrir une protection durant cette période critique. En raison de différences géographiques et climatiques considérables, les périodes de frai du touladi peuvent varier quelque peu à travers la province. Nous recommandons donc aux gestionnaires des pêches de choisir la saison de pêche appropriée à l’échelle de la zone parmi les suivantes : du 1 er janvier au 30 septembre ou du 1 er janvier à la Fête du travail.
- Lorsqu’une plus courte saison de pêche hivernale s’impose, les gestionnaires des pêches devraient adopter une exception ordinaire pour uniformiser la longueur des saisons.
Recommandations concernant les limites de prise et de possession
- Tout porte à croire qu’une limite de prise et de possession de trois (3) touladis serait trop libérale pour la viabilité à long terme de la pêche au touladi dans les lacs intérieurs. Nous recommandons l’adoption à l’échelle de la province d’une limite de prise et de possession de deux (2) poissons pour les titulaires de permis de pêche sportive et d’un (1) poisson pour les titulaires de permis de pêche écologique.
- Les limites de prise et de possession de touladis doivent continuer à faire partie des limites de prises totales pour la truite et le saumon.
Recommandations concernant les limites de taille
- L’élaboration de règlements régissant les limites de taille pour la pêche au touladi dans les lacs intérieurs est compliquée par les différents potentiels de croissance des populations (les gros touladis sont habituellement piscivores, alors que les petits sont généralement planctonophages). Une seule limite de taille ne convient habituellement pas aux deux types de population, ce qui complique l’application des règlements régissant les limites de taille ordinaires à l’échelle de vastes régions géographiques. Idéalement, il faudrait recueillir des données sur les caractéristiques de l’évolution biologique de chaque lac pour faire le choix d’une limite de taille appropriée.
- Les règlements suivants régissant les limites de taille ordinaires pour les différentes classes de populations de touladis doivent être constamment revus : protection des petits touladis de 33 à 40 cm, protection des gros touladis de 40 à 55 cm dans les lacs du Sud de l’Ontario, protection des gros touladis de 45 à 60 cm dans les lacs du Nord de l’Ontario, ou taille limite minimum de 56 cm pour les populations de gros touladis du Nord de l’Ontario.