Rétablissement du saumon de l'Atlantique dans le lac Ontario : le passé, le présent et l'avenir

Le passé

 

Le saumon de l'Atlantique a déjà été une partie importante du lac Ontario. Il y a plusieurs anecdotes pittoresques sur le saumon de l'Atlantique dans les annales des pionniers. On a raconté avoir pesé des poissons de près de 40 livres, mais la moyenne était probablement d'environ 10 livres. Un auteur a signalé : « Des fermes ont été achetées et payées, et des maisons ont été construites grâce à la vente de saumon ».

 

La rivière Credit était réputée comme ruisseau à saumon de l'Atlantique, mais ces derniers abondaient dans de nombreux autres affluents du lac Ontario dont: le ruisseau Wilmot, le ruisseau Duffins, le ruisseau Cobourg, la rivière Humber et la rivière Don.


Le saumon de l'Atlantique a disparu du lac Ontario vers la fin des années 1800. Cela a été essentiellement attribuable à la perte des habitats.

  • Des barrages ont été érigés afin de procurer de l'électricité aux moulins à farine et à scie. Ces barrages empêchaient les saumons adultes de migrer vers l'amont pour frayer.
  • Les coupes forestières (qui donnaient de l'ombrage aux rives des ruisseaux) ont entraîné leur réchauffement. Le saumon ne pouvait plus y vivre puisque c’est une espèce qui vit en eaux froides.
  • Le courant a recouvert de limon le gravier des frayères et des aires d'alvinage.
  • La surpêche a aussi contribué au déclin du saumon de l'Atlantique. Au moyen de lances et de filets, de grandes quantités de saumons ont été capturées pour servir de nourriture ainsi qu'au commerce.

En moins d'un siècle, une ressource qui semblait inépuisable a presque totalement disparu. Une des dernières observations du saumon de l'Atlantique dans les eaux de l'Ontario a eu lieu en 1896, dans le ruisseau Wilmot.
 

Le présent


Il y a de nombreuses raisons pour vouloir réintroduire le saumon de l'Atlantique dans le lac Ontario.

 

Les saumons de l'Atlantique jouaient auparavant un rôle écologique majeur dans le lac. Ils étaient des prédateurs de premier ordre pour la communauté piscicole du large. Cette espèce indigène était aussi une ressource appréciée des communautés des Premières Nations et des pionniers. À ce titre, le saumon de l'Atlantique est reconnu comme une partie importante de l'héritage naturel et culturel de l'Ontario. Le saumon de l'Atlantique est un bon baromètre de la santé d'un bassin. Les pêcheurs le tiennent aussi en haute estime.

 

Notre partenariat vise à réintroduire les populations (autosuffisantes) du saumon de l'Atlantique dans le lac Ontario. La recherche a démontré que de jeunes saumons de l'Atlantique peuvent aujourd'hui grandir et bien survivre dans les affluents du lac Ontario.

 

Les saumons juvéniles sont de plus en plus à l'aise dans les rapides des courants froids. Ils défendent leurs territoires vigoureusement et se reproduisent dans les aires où abondent des couverts et du gravier propre.

 

Présentement, nos efforts se concentrent sur trois cours d'eau « gages de succès » : la rivière Credit et les ruisseaux Duffins et Cobourg.

 

Nous augmentons les niveaux de peuplement afin de tirer parti de la bonne qualité des frayères et des aires d'alvinage. Nous surveillons le retour des saumons adultes et la production de saumons juvéniles sauvages. Nous comparerons l'efficacité de diverses stratégies d’empoissonnement et le succès des diverses souches. De concert avec des groupes communautaires, et grâce à la collaboration des propriétaires, nous travaillons à des projets d'amélioration des habitats. Nous étudierons comment le saumon de l'Atlantique se débrouille dans le lac, surtout à la lumière des changements écologiques provoqués par des envahisseurs aquatiques.


L’avenir

Mark Donaldson (à gauche), Churchill Cellars et Warren May, biologiste de MRN, District d'Aurora.  Crédit pour l'illustration: Marion Daniels

Beaucoup de choses ont changé dans le lac Ontario et ses affluents depuis les années 1800. Bien que le rétablissement du saumon de l'Atlantique présente de nombreux défis, nous demeurons optimistes quant à nos chances de réussite.

 

Ramener une espèce sauvage, c'est un long parcours. Il importe de célébrer chaque étape franchie le long de cet itinéraire.


Pour en savoir plus sur ce programme, nos partenaires et les possibilités de bénévolat, voir le site Bring Back the Salmon (en anglais seulement) ou appeler l'Unité de gestion des ressources du lac Ontario du MRN au 705 755-1345.