Estimer les services des écosystèmes


Estimer les services des écosystèmes dans le sud de l’Ontario

 

Estimer les services des écosystèmes dans le sud de l’Ontario - Le rapport complet

(PDF 4.8Mo)

 

Un résumé de la publication spécialisée, intitulée «Estimating Ecosystem Services in Southern Ontario» est disponible en français.  La publication complete n’est disponible qu’en anglais comme le permet le Règlement 411/97 pris en application de la Loi sur les services en français. Pour obtenir de l’aide en français, veuillez communiquer avec le ministère au 1-800-667-1940.


Par : Groupe d’informatique spatiale, Austin Troy et Ken Bagstad (2009)


Estimer les services des écosystèmes dans le sud de l’Ontario
Estimer les services des écosystèmes dans le sud de l’Ontario.
Résumé


La présente étude a été commandée par l’unité de la planification de la région du sud du ministère des Richesses naturelles (MRN) de l’Ontario, en partenariat avec l’unité socio-économique de la division de la gestion ministérielle et les organisations membres du programme de gestion intégrée des terres (GIT) : la forêt modèle de l’Est de l’Ontario, le parc national des Îles-du-Saint-Laurent, les comtés unis de Leeds et Grenville et la réserve de la biosphère de l’arche de Frontenac. Une partie du soutien financier a été fournie par le programme GéoConnexions de Ressources naturelles Canada.


Les services des écosystèmes sont les bienfaits que les personnes tirent, directement ou indirectement, de nos systèmes écologiques. Ces services peuvent être compris en termes écologiques mais ils peuvent aussi être exprimés en termes économiques au moyen d’études d’estimation. Ces services sont le fondement du bien-être humain et représentent aussi une partie importante de la valeur économique totale de notre paysage et de notre économie. Néanmoins, cette valeur est souvent ignorée et l’on présume qu’elle est « zéro ». Il est par conséquent important d’être en mesure d’estimer la valeur économique des services des écosystèmes. De plus en plus, l’estimation est reconnue comme étant un outil utile pour soupeser les compromis entre la conservation et l’aménagement de terrain lors de la prise de décisions relatives à l’environnement.


Il y a un intérêt considérable à l’échelle mondiale pour l’application des concepts des services des écosystèmes, tant à titre de justification de la conservation que de méthode pour appuyer la conception de politiques efficaces de gestion des ressources. À l’heure actuelle, on ne dispose pas d’une base d’information complète et défendable pour comprendre les services des écosystèmes dans le sud de l’Ontario. Pour remédier à cette lacune dans nos informations, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRN) a commandé le présent rapport pour tenter d’estimer la valeur des services des écosystèmes dans le sud de l’Ontario. La présente étude a pour but de :

 

  • Améliorer notre compréhension du patrimoine naturel de l’Ontario en ajoutant une valeur socio-économique aux informations existantes du MRN sur le patrimoine naturel;
  • Déterminer comment l’information sur les services des écosystèmes pourrait appuyer la prise de décisions concernant les politiques et la planification (en permettant une comptabilisation plus complète des coûts).
  • Facilité la détermination des lacunes dans des domaines clés des publications (par exemple, le piégeage du carbone)
  • Élaborer une justification économique défendable pour la conservation du patrimoine naturel du sud de l’Ontario.

 
Méthodologie

 

Zone de protection de la nature Sylvan Glen
Zone de protection de la nature Sylvan Glen : Photo de C.M. Lemieux.
Il n’était ni possible ni commode dans cette étude de recherche d’estimer la valeur de la totalité du patrimoine naturel de l’Ontario par des études d’estimation directe compte tenu de l’argent et du temps qu’elles auraient nécessité. On a utilisé une autre approche dans laquelle l’information sur l’estimation produite par des recherches connexes sur des sites dont le contexte était semblable à celui du site des politiques a été appliquée. Cette approche consistant à utiliser l’information d’une autre étude s’appelle le « transfert de la valeur » ou le « transfert des avantages ». Dans cette étude, le Groupe d’informatique spatiale (GIS) a appliqué rigoureusement l’approche du transfert de la valeur pour déterminer l’information sur l’estimation la plus appropriée pour les services des écosystèmes du sud de l’Ontario.


Lors de la première étape, le GIS a travaillé avec le MRN pour déterminer les limites de l’aire de l’étude où le transfert de la valeur allait être appliqué. En s’appuyant sur les publications existantes, le GIS a élaboré des classifications préliminaires pour la couverture végétale et les services des écosystèmes pour les utiliser comme lien pour le transfert de la valeur. Cette classification était fondée sur le Système d’information sur les ressources des terres du sud de l’Ontario (SOLRIS) du MRN auquel on a apporté de petites modifications pour mieux l’adapter aux catégories décrites dans les publications.

 
Le GIS a utilisé sa base de données pour rechercher des études d’estimation pour des types de couverture végétale comparables à ceux de l’aire de l’étude. Le GIS a déterminé que les études sur les régions tempérées de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de la Nouvelle-Zélande étaient à peu près comparables en termes de contextes environnementaux et socio-économiques et pouvaient être inclus en partie pour combler les lacunes déterminées. Les types de couverture végétale pour lesquels il n’existe pas d’étude d’estimation transférable ont été retirés et on leur a attribué la valeur « pas de valeur connue ». De nouvelles catégories ou des subdivisions des catégories existantes ont été ajoutées dans les cas où les recherches effectuées dans les publications indiquaient que de telles catégories pouvaient être évaluées du point de vue économique.

 
Résultats

 

Terrain boisé du Sud de l'Ontario
Terrain boisé du Sud de l'Ontario : Photo de E. Boysen.
Dans ce projet, on a utilisé une seule approche pour estimer les bienfaits des écosystèmes dérivés des paysages naturels. Le projet a produit des estimations de la valeur annuelle des services des écosystèmes pour le sud de l’Ontario ainsi que la variation géographique des valeurs. Les principaux résultats de l’étude sont les suivants :

 

  • Le présent rapport présente une estimation prudente de la valeur des services des écosystèmes dans le sud de l’Ontario. L’étude a été limitée par la disponibilité des valeurs dans les publications. Un grand nombre de lacunes existent dans la classification de la valeur par type de couverture végétale et de service des écosystèmes (Tableau 2). Dans les cas où il n’existe pas d’estimation de la valeur, on a attribué une valeur de zéro à la couverture végétale et au service de l’écosystème, ce qui revient à sous-estimer grandement la valeur des systèmes naturels.

 

  • L’estimation des services des écosystèmes est une science encore jeune. Elle n’est pas encore capable de faire correspondre les modifications de la configuration du paysage et des processus des écosystèmes aux niveaux de la prestation et des valeurs des services correspondants. Ces processus influencent les indicateurs écologiques comme la productivité primaire nette, la biodiversité, la qualité des sols, le ruissellement, les taux de sédimentation, le recyclage des éléments nutritifs et les processus des perturbations naturelles qui sont à la base de la prestation de la plupart des services des écosystèmes.

 

  • Il y a une variabilité considérable dans les estimations de la valeur de certains types de services et de couverture végétale et les différences sont parfois de plusieurs ordres de grandeur. Dans la plupart des cas, ces différences reflètent les limites supérieure et inférieure de l’utilisation d’une ressource par les êtres humains. Par exemple, les espaces verts sont plus appréciés dans les régions urbaines et les banlieues que dans les régions rurales en raison de la rareté de ce type de couverture végétale et du plus grand nombre de personnes qui en profitent. On a tenté de tenir compte de ces différences en divisant les types d’utilisation des terres en types urbains et ruraux. Cependant, de grands écarts peuvent persister entre les valeurs.

 

  • Les publications sur l’estimation demeurent biaisées en faveur des terres humides, des étendues d’eau libre et des forêts tandis que les écosystèmes des herbages et des savanes sont moins étudiés du point de vue de l’estimation de la valeur économique. Ce biais est notable étant donné la rareté et l’importance biologique des herbages dans le sud de l’Ontario.

 

  • L’augmentation du volume des publications primaires a permis de créer des typologies des couvertures végétales plus précisément définies que celles qui étaient disponibles il y a plusieurs années. Ces classifications reflètent avec plus d’exactitude l’importance socio-économique des services des écosystèmes, en particulier la très grande valeur des services des écosystèmes dans les régions urbaines et les banlieues qui est attribuable à leur rareté et à la grande densité de la population. Ces valeurs très élevées montrent l’importance de la protection des espaces verts dans les villes et dans leurs banlieues en développement rapide où les éléments du patrimoine naturel sont une composante essentielle au maintien d’une excellente qualité de vie.

 

  • La recherche sur l’estimation primaire devrait toujours être la stratégie préférée pour la collecte de l’information sur la valeur des biens et services des écosystèmes. Cependant, il n’est presque jamais possible de procéder à une estimation complète de tous les services des écosystèmes en utilisant des recherches originales étant donné le temps et l’argent nécessaires pour réaliser ces études. Dans ce contexte, la méthode du transfert de la valeur représente une « deuxième meilleure » stratégie à envisager et un point de départ pour l’évaluation des différentes solutions en matière de gestion de l’environnement et de politiques environnementales.


Prochaines étapes


Forêt inondable, comté de Peterborough
Forêt inondable, comté de Peterborough : Photo de W.D. Bakowsky.
Une question essentielle soulevée dans cette recherche est la suivante : « Comment une estimation des services des écosystèmes devrait-elle être utilisée dans la prise de décisions? » Bien qu’un certain nombre de territoires, tant à l’échelle locale qu’internationale, aient mis à l’essai des projets d’estimation des services des écosystèmes, le cadre plus vaste des services des écosystèmes n’a joué qu’un rôle limité dans l’arène publique de la prise de décisions. Le type d’estimation spatialement explicite de la présente recherche peut être utile aux décideurs d’un certain nombre de façons. Par exemple, il pourrait améliorer l’analyse des coûts et des avantages pour les projets à grande échelle qui se répercutent sur de grandes étendues de terres. Il pourrait aussi servir d’outil pour comparer les résultats de divers scénarios de différents critères des politiques.

 
En commandant la présente recherche et en la présentant au public, le Ministère des Richesses naturelles espère entamer un dialogue sur la meilleure façon pour la province d’envisager l’estimation des services des écosystèmes dans les politiques et la prise de décisions à l’échelle provinciale et locale. Une approche holistique à l’estimation des services des écosystèmes pourrait déboucher sur des politiques beaucoup plus efficaces qu’une approche axée sur un seul objectif.

 
Note*   Les usages possibles décrits dans la section de l’analyse du présent rapport ne sont pas approuvés officiellement par le ministère des Richesses naturelles. Ils sont plutôt inclus pour être envisagés dans le cadre de l’élaboration de la politique publique et pour promouvoir un dialogue avec les intervenants. Les estimations présentées dans les Annexes du présent rapport ne sont pas le dernier mot sur le sujet et ces sections contiennent des suggestions concernant les domaines qui pourraient faire l’objet de recherches ultérieures visant à améliorer la couverture et la fiabilité des estimations.