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| La province de l’Ontario oeuvre à la protection de l’anguille d’Amérique. |
L’anguille d’Amérique est souvent prise pour la lamproie marine (une espèce parasite non indigène, qui tue le saumon et la truite des Grands Lacs). L’anguille d’Amérique passe une partie de sa vie dans les Grands Lacs et une partie dans l’océan Atlantique. Chaînon important de la diversité biologique des Grands Lacs, elle est une bonne indicatrice de l’état de santé de l’écosystème.
Une espèce singulière
- L’anguille d’Amérique ne fraye qu’à un endroit : l’océan Atlantique.
- La jeune anguille (une toute petite larve) est transportée par les courants de l’océan Atlantique jusqu’à des eaux douces (dont celles du fleuve Saint-Laurent), où elle passe jusqu’à 25 ans de sa vie.
- Chaque anguille qui atteint le réseau hydrographique du Saint-Laurent et du lac Ontario devient une adulte femelle.
- L’anguille qui vit dans le réseau hydrographique du Saint-Laurent et du lac Ontario est la plus grosse de son espèce. Elle représentait autrefois une part importante de son stock de géniteurs.
- Après un voyage aller-retour qui aura duré plusieurs décennies et couvert des milliers de kilomètres, l’anguille est de retour à son lieu de naissance, dans l’océan Atlantique, où elle meurt après avoir frayé.
L’anguille d’Amérique a longtemps été une espèce de pêche commerciale pour les populations établies le long du cours supérieur du Saint-Laurent et sur les rives du lac Ontario. En Ontario, ses prises commerciales ont atteint un sommet en 1978 : plus de 227 tonnes métriques (500 000 livres). De 1984 à 1993, ses prises annuelles sont restées stables. Elles se situaient entre 103 et 124 tonnes métriques (entre 228 000 et 273 000 livres). En baisse depuis 1993, elles représentaient moins de 14 tonnes métriques (30 000 livres) en 2003, avec un prix à quai de moins de 75 000 $.
L’anguille d’Amérique est en forte régression depuis le milieu des années 1990. Elle est aujourd’hui menacée de disparition dans les parties du lac Ontario et du Saint-Laurent qui font partie de son territoire habituel. Ces eaux sont gérées conjointement par le ministère des Richesses naturelles et le New York State Department of Environmental Conservation.
Le déclin de l’anguille d’Amérique est dû principalement aux activités humaines : la pêche a réduit ses populations; les barrages hydroélectriques entravent ses voies migratoires; les turbines des centrales hydroélectriques en tuent un certain nombre; la modification des milieux naturels et le changement climatique relié au réchauffement de la planète mettent en danger son habitat.
Le ministère des Richesses naturelles et Ontario Power Generation ont installé, en 1974, une passe migratoire (suite de petits bassins en escalier) à la centrale hydroélectrique R.H. Saunders, sur le Saint-Laurent près de Cornwall, pour faciliter la migration des anguilles en amont du barrage. Au début des années 1980, plus d’un million d’anguilles utilisaient la passe migratoire chaque année. Depuis 1998, leur nombre est inférieur à 15 000.
Le gouvernement de l’Ontario agit pour protéger l’anguille d’Amérique
- Il a fermé la pêche commerciale de l’anguille en 2004.
- Il a proposé que certains règlements soient modifiés pour que Pêches et Océans Canada ferment la pêche sportive de l’anguille.
- Il collabore avec Ontario Power Generation pour trouver des voies migratoires moins dangereuses pour les anguilles qui traversent des barrages hydroélectriques dans le Saint-Laurent.
- Il collabore avec Ontario Power Generation et l’Ontario Commercial Fisheries’ Association, afin de peupler, de jeunes anguilles, les eaux du cours supérieur du Saint-Laurent.
Autres mesures prises pour protéger l’anguille d’Amérique
- Pêches et Océans Canada, l’Ontario, le Québec et les provinces maritimes coopèrent pour élaborer un plan d’action coordonné.
- L’Atlantic States Marine Fisheries Commission dirige un projet interétatique en vue de protéger l’espèce et de gérer ses pêcheries le long de la côte américaine de l’Atlantique.
- En Ontario, l’anguille d’Amérique est inscrite sur la liste des espèces en voie de disparition. Depuis juin 2008, elle bénéficie d’une protection juridique en vertu de la Loi sur les espèces en voie de disparition de l’Ontario. La désignation de l’anguille d’Amérique est encore à l’étude en vertu de la Loi canadienne sur les espèces en péril.
Pour en savoir plus sur les efforts déployés pour protéger l’anguille d’Amérique dans le bassin du Saint-Laurent et du lac Ontario, on peut communiquer avec Alastair Mathers, ministère des Richesses naturelles, au 613 476-8733.
Photographie
l’anguille d’Amérique: Ministère des Richesses naturelles
