Des partenariats bénéfiques
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| Anguilles d’Amérique |
Des gens comme vous et moi. Des organismes et des gouvernements. Des groupes communautaires et des groupes de conservation de la nature. Des particuliers et de généreux commanditaires du secteur privé. Tous viennent en aide au ministère des Richesses naturelles (MRN) pour protéger et rétablir la diversité biologique des Grands Lacs. Pour ce faire, il faut que nous travaillions tous en étroite collaboration sous l'égide de l’Accord Canada-Ontario concernant l’écosystème du bassin des Grands Lacs (ACO).
Le cycle biologique de l'anguille – une voyageuse extraordinaire
L'anguille d'Amérique ne fraie qu'à un seul endroit : la mer des Sargasses, située au milieu de l'océan Atlantique. À leur naissance, les jeunes anguilles se laissent porter par les courants océaniques et migrent naturellement dans les rivières, lacs et ruisseaux du littoral oriental de l'Amérique du Nord. Celles qui remontent le Saint-Laurent jusqu'au lac Ontario (toutes des femelles) se classent parmi les plus grosses et les plus productives de l'espèce. Après une période de croissance de 10 à 25 ans, elles migrent de nouveau vers la mer des Sargasses pour se reproduire. Après la fraie, elles meurent.
Un poisson pêché depuis des siècles
L'anguille d'Amérique était un aliment très populaire chez les peuples des Premières nations. Quant aux premiers immigrants européens, ils découvrirent rapidement que l'anguille était considérée comme un mets délicat sur le Vieux Continent. Elle devint donc pour eux un important produit d'exportation et une source alimentaire.
Peu de temps après, l'anguille prit de l'importance en tant qu'espèce commerciale dans le bassin oriental du lac Ontario et dans le haut Saint-Laurent. Jusqu'en 1978, elle a représenté jusqu'à 50 pour cent des prises annuelles des pêches locales, soit plus de 500 000 livres par an. Dès lors que la reproduction et les prises n'évoluèrent plus au même rythme, la situation devint insoutenable. Du milieu des années 1990 jusqu'au début de ce siècle, les prises baissèrent régulièrement, pour chuter à moins de 10 pour cent de la meilleure récolte annuelle.
Les problèmes
La surpêche alliée à un labyrinthe d'aménagements hydroélectriques tout le long de la route de migration des anguilles a contribué au déclin de l'anguille d'Amérique. Elle figure aujourd'hui sur la Liste des espèces en péril en Ontario. Bien qu'en 2004, la pêche à l'anguille ait été interdite en Ontario, les populations d'anguilles ne sont toujours pas rétablies. Les changements climatiques, le développement et l'agriculture ont également joué leur part dans cette situation en dégradant l'habitat des anguilles.
Que fait-on aujourd'hui?
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| Mensuration d’une anguille d’Amérique |
Un plan pluriannuel à plusieurs volets, appuyé par le MRN dans le cadre de l’Accord Canada-Ontario, a été élaboré pour rétablir l'anguille d'Amérique dans la partie est du lac Ontario, son habitat d'origine. Afin d'aider les anguilles à échapper aux barrages et aux turbines, des solutions ont été proposées, la mise en place de plans d'action d'envergure par le secteur de l'hydroélectricité des deux côtés de la frontière canado-américaine étant l'une des plus importantes. De plus, les pêcheurs commerciaux ne sont pas de reste : ils capturent des anguilles et les acheminent jusqu'aux installations de Picton et de Cornwall, où on les mesure, les pèse et les dote d'une étiquette avant de les relâcher près de Montréal. On espère ainsi permettre aux anguilles de contourner les turbines hydrauliques pendant leur voyage de retour vers l'Atlantique. Pendant leur migration, on en capture aussi à différents endroits de la péninsule de Gaspé pour en savoir plus long sur leur taux de survie et leur capacité à terminer leur cycle biologique.
Le personnel ministériel a participé à la coordination des compétences de nombreux partenaires prêts à contribuer au rétablissement de l'anguille. Depuis 2006, presque quatre millions de jeunes anguilles ont été relâchées entre Gananoque, Brockville et Belleville. Des études sont en cours pour surveiller la croissance et le taux de survie des jeunes anguilles.
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| Alastair Mathers |
Selon Alastair Mathers, coordonnateur de l'écosystème du bassin des Grands Lacs - Lac Ontario, les mesures prises par le public et le secteur de l'hydroélectricité conjuguées à l'ensemencement « ont donné quelques résultats encourageants. Les alevins grandissent beaucoup plus rapidement que prévu et parviennent à migrer dans tout le réseau, en dépit de leur transport par camion quelquefois à des milliers de kilomètres. En outre, des progrès ont été réalisés pour aider les anguilles en maturation à rejoindre en toute sécurité leur frayère. »
Il est évident que la coopération de nombreux partenaires et partisans le long de la route de migration de l'anguille d'Amérique joue un rôle essentiel dans le rétablissement de l'anguille de l'Atlantique.
Les principaux partenaires, commanditaires et partisans du rétablissement de l'anguille d'Amérique
• Hydro Québec
• Ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec
• New York Power Authority
• New York State Department of Environmental Conservation
• Ontario Commercial Fisheries’ Association
• Ontario Power Generation
• Pêches et Océans Canada
• United States Fish and Wildlife Service


