Protéger et rétablir ensemble la biodiversité d'une
zone spéciale : Les Grands Lacs

Lake Huron shoreline
Rive du lac Huron

Impossible de ne pas s'émerveiller devant le vaste et complexe écosystème des Grands Lacs. L'éventail des expériences qu'il offre est remarquable : paysages spectaculaires le long des routes bordant la côte accidentée du lac Supérieur, randonnée sur un sentier menant à un belvédère sur le lac Huron, observation d'oiseaux dans une paisible terre humide du lac Érié ou encore regarder d'un terrain de camping le soleil se coucher sur le lac Ontario. Toutefois, le plus remarquable dans cet écosystème reste l'incroyable diversité de ses formes de vie, ou biodiversité, qui lui donne d'ailleurs son unicité. L'écosystème du bassin des Grands Lacs, qui abrite des milliers d'espèces de plantes, de poissons et d'animaux sauvages, est l'une des régions de la Terre à l'écologie la plus diversifiée et productive.

 

Depuis longtemps, le défi que posent la protection et le rétablissement des poissons et d'autres espèces fauniques indigènes ainsi que d'autres parties de l'écosystème des Grands Lacs n'échappe pas aux membres du personnel du ministère des Richesses naturelles (MRN) de l'Ontario, et ils le relèvent. Depuis quelques années, la protection et le rétablissement de la biodiversité sont régis par l’Accord Canada-Ontario de 2007concernant l’écosystème du bassin des Grands Lacs (ACO)

 

Parmi les membres du personnel du ministère qui accomplissent ce travail essentiel et passionnant, on nommera :

  • Andy McKee – coordonnateur de l'écosystème du bassin des Grands Lacs – Lac Huron
  • Dr. Rob Mackereth – scientifique en recherche appliquée au Centre de recherche sur l'écosystème des forêts du Nord
  • Khahy Ho – coordonnatrice de l'écosystème du bassin des Grands Lacs – Lac Érié
  • Marilee Chase – coordonnatrice de l'écosystème du bassin des Grands Lacs – Lac Supérieur
  • Eric McIntyre – coordonnateur du Conseil d'intendance environnementale du secteur est de la baie Georgienne

Tous ont un rôle important à jouer dans les projets visant à rétablir des espèces en voie de disparition ou à assurer la croissance de populations en déclin dans le bassin des Grands Lacs. Ils coordonnent des projets particuliers ou les initiatives plus vastes de nombreux organismes, groupes et particuliers. Ils savent que la collaboration fait toute la différence.


Andy McKee
Andy McKee

Pour Andy McKee, la biodiversité indique clairement l'état et l'équilibre d'un écosystème. Selon lui, plus il y a d'espèces saines, plus nous sommes susceptibles de pouvoir maintenir la vie à tous les niveaux. D'après lui, « Sur la Terre, nous sommes tous interconnectés les uns aux autres, tous interdépendants. »

 

Pourquoi protéger et rétablir la biodiversité? Et pourquoi dans les Grands Lacs?

 

Ces immenses lacs intérieurs d'eau douce englobent l'une des régions du Canada où la diversité biologique est la plus riche. Ils renferment divers écosystèmes naturels, des zones humides côtières en passant par les alvars (plaines calcaires au sol peu épais et à la végétation clairsemée). Ces écosystèmes abritent des milliers d'espèces de plantes, de poissons et d'espèces fauniques indigènes, dont beaucoup sont uniques à la région des Grands Lacs. Ce sont des valeurs en eux-mêmes et ils ont aussi une grande importance pour nous : ils procurent des emplois, offrent des activités récréatives, sont sources d'inspiration artistique et spirituelle, et maintiennent globalement notre qualité de vie.


Dr. Rob Mackereth
Dr. Rob Mackereth

À Thunder Bay, Rob Mackereth explique la philosophie qui sous-tend le rétablissement et la protection de la biodiversité : « J'estime qu'il nous revient, en tant qu'intendants de l'environnement, de protéger notre 'capital’ naturel. Nous devons le gérer de façon à en tirer des avantages…sans, toutefois, le changer irrémédiablement. »

 

 

 


Khahy Ho
Khahy Ho

Les projets auxquels participe Khahy Ho tendent à minimiser les effets du développement et à sensibiliser la population à l'importance de la nature. Rob Mackereth et Khahy Ho ne sont pas les seuls à travailler pour atteindre ces objectifs. En vertu de l’Accord Canada-Ontario concernant l’écosystème du bassin des Grands Lacs, des douzaines de membres du personnel du MRN collaborent avec 240 partenaires à 200 projets, dont une cinquantaine sont axés sur le rétablissement et la restauration de poissons et d'autres espèces fauniques indigènes des Grands Lacs et de leurs populations.

 


Que fait-on? Énormément! Et c'est passionnant.

Marilee Chase
Marilee Chase

L'effort purement physique et le temps qu'exigent certains projets sont ahurissants. Il y des projets qui comprennent des modifications visibles et importantes du paysage, comme la reconstruction ou l'amélioration de frayères ou de l'habitat de nidification d'espèces indigènes, et d'autres pour lesquels le travail peut être extrêmement délicat, comme l'insertion d'une étiquette de surveillance électronique dans les ombles de fontaine « coaster ». Qu'elles soient importantes ou petites, toutes ces tâches visent le même but : faire revivre les espèces qui ont complètement disparu et celles dont la population a été réduite à presque rien.

 

Tout en haut de la liste des espèces à rétablir, on trouve le saumon de l'Atlantique, l'anguille d'Amérique, l'esturgeon jaune, le doré jaune, l'omble de fontaine « coaster » et l’aigle à tête blanche. Chacune de ces espèces constitue un baromètre de l'état de l'écosystème et joue un rôle important dans la chaîne alimentaire aquatique. Quand elle évoque l'omble de fontaine « coaster », qu'elle étudie, Marilee Chase le compare « au canari qu'on emportait dans les mines de charbon », c'est-à-dire que pour elle, son déclin retentit comme un avertissement sans appel : quelque chose ne va vraiment pas dans l'écosystème qu'il fréquente. Cousin de l'omble de fontaine, l'omble de fontaine « coaster » foisonnait jadis dans les eaux canadiennes du lac Supérieur.

 


Les partenaires sautent à pieds joints dans l'aventure

 

Toutes ces espèces indigènes, poissons et animaux sauvages confondus, ont pâti des activités humaines, à l'origine de la pollution, du développement, de la perte d'habitats en raison de l'exploitation agricole ou forestière, de l'expansion urbaine et des prises excessives. Toutefois, des deux côtés de la frontière canado-américaine, on déploie des efforts concertés pour réparer les dégâts. On trouve pour mener cette lutte non seulement des organismes et des gouvernements qui se soucient de la conservation de la nature, mais aussi des groupes communautaires, des propriétaires fonciers privés et de généreux commanditaires du secteur privé (même des gens comme vous et moi) qui ont tous fait le grand saut pour mettre la main à la pâte. C'est fantastique, car ces interventions sont essentielles pour réussir à protéger et à rétablir la biodiversité des écosystèmes du bassin des Grands Lacs.

 

Eric McIntyre
Eric McIntyre

C'est également encourageant. Lorsqu'il travaillait à Parry Sound pour accroître la population de dorés jaunes dans la rivière Moon, le nombre de gens qui participait aux travaux de restauration a surpris Eric McIntyre.

 

« Les motifs désintéressés, le dévouement de nos partenaires et bénévoles m'impressionnent toujours », dit-il.

 

 

 

 

 

 


« Par amour de la nature, nos partenaires aiment vraiment que leurs bottes soient sales et mouillées. Toujours d'après elle, la plupart des personnes auxquelles elle a affaire ont le sentiment d'avoir accompli une mission quand elles nettoient un ruisseau, ou aménagent ou améliorent une aire de frayage. Planter des arbres, des arbustes et des herbes le long des berges d'un ruisseau pour améliorer l'habitat riverain des poissons et des animaux sauvages leur procure une grande satisfaction au plan personnel », dit Khahy Ho .

 

« La conservation de la biodiversité de l'Ontario permettra d'avoir un environnement sain, foisonnant d'espèces et d'habitats divers, de l'eau propre et un air pur », ajoute-t-elle.

 

Pour nous, les choses vont bien… grâce à l'aide de tous

 

Des progrès importants sont réalisés. Ainsi :

   • on a procédé à l'ensemencement de plus de quatre millions d'anguilles dans le lac Ontario,
   • on a repéré pour la première fois en 60 ans un nid d'aigle sur les rives du lac Ontario,
   • des esturgeons jaunes ont frayé dans la rivière Détroit du lac Érié,
   • des œufs de saumon de l'Atlantique ont éclos dans 41 classes sous les yeux fascinés de centaines      d'enfants.

 

Khahy Ho conclut par ces mots : « Selon moi, la conservation de la biodiversité est un objectif ambitieux, mais réaliste … il semble que de plus en plus d'Ontariens se rendent compte que vous devons vivre en fonction des moyens de la nature. »

 

L'important, c'est que vous et moi, nous tous, travaillions ensemble pour protéger et rétablir nos espèces indigènes et leurs habitats, en particulier autour du bassin des Grands Lacs, car c'est notre patrimoine naturel commun et qu'il est d'une richesse spectaculaire.