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| Gloxinia écarlate |
En été, le soleil torride calcine les côtes du lac Huron, en particulier dans la région de la baie Georgienne où les rochers dénudés réfléchissent les vagues ondoyantes de chaleur. Les biologistes qui valident au sol des images satellite des limites des terres humides apprécient l'ombre que leur procurent les forêts de conifères qui s'étirent comme un ruban à travers les divers marécages, étangs peu profonds et anses des 30 000 îles de la baie Georgienne.
En vertu de l’Accord Canada-Ontario concernant l’écosystème du bassin des Grands Lacs (ACO), le personnel du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (MRN) fixe les priorités concernant la protection contre les activités d'exploitation de ces « tourbières ou marécages » (comme certains d'entre nous les appelleraient), éléments précieux d'un milieu en voie de disparition.
La plupart des travaux visant à établir les limites des terres humides, méticuleusement identifiées à partir d'images satellite et de photos aériennes, doit se dérouler pendant les chaleurs estivales, car ces zones sont alors accessibles, l'eau coule et les peuplements végétaux poussent. C'est également à cette période de l'année que ces hommes et ces femmes dévoués procèdent à l'identification des espèces en péril, rares ou menacées qui pourraient habiter une région particulière de ces terres humides. Ces zones côtières dignes d'intérêt font l'objet de pressions soutenues en matière d'aménagement, car les citadins ontariens, voire des étrangers, recherchent des propriétés au « pays des chalets ».
Les municipalités locales ont besoin de l'information fournie par les biologistes pour décider en connaissance de cause qui devrait construire quoi et où, ou si, tout compte fait, l'aménagement de ces terres ne serait pas une erreur. Beaucoup d'entre nous ne se rendent pas compte que toutes les terres et les eaux de l'Ontario ne doivent pas être utilisées : il faut en mettre certaines de côté et les protéger soigneusement.
Certaines zones doivent être mises de côté et soigneusement protégées.
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| Répertoire des zones humides |
Selon Ron Black, biologiste de la faune à Parry Sound du ministère, qui participe aussi à des projets en vertu de l'ACO le long de la côte est de la baie Georgienne :
« Tout tourne autour de la conservation de notre biodiversité, malheureusement en voie de disparition. » Pourtant, les êtres humains, en tant qu'espèce, en ont autant besoin que les poissons, les oiseaux et les plantes.
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| Andy McKee |
Selon Andy McKee – coordonnateur de l'ACO pour le bassin du lac Huron, qui comprend la baie Georgienne, les terres humides subissent de graves pressions de nombreuses sources.
On trouve des terres humides côtières, explique-t-il, du sud de Goderich sur la côte est du lac Huron, autour de la péninsule Bruce, le long du secteur sud de la baie Georgienne jusqu'à sa limite orientale et Sault Ste. Marie.
Beaucoup de gens, d'après lui, ne savent pas que les terres humides côtières contiennent des habitats d'importance essentielle pour quelques espèces rares affichant l'une des plus fortes densités dans notre pays et dans le monde, dont des peuplements végétaux, des poissons et des animaux sauvages dans les bassins des Grands Lacs de l'Ontario.
Les terres humides du secteur est de la baie Georgienne s'égrènent comme les perles de diamants d'un collier sur les 5 300 kilomètres de côtes de la Baie. Elles sont tout aussi précieuses et offrent :
• un excellent abri aux importants oiseaux des aires marécageuses, comme le butor d'Amérique et le râle de Virginie;
• des aires de repos aux oiseaux migrateurs, comme la sauvagine et le faucon;
• des aires de nidification aux oiseaux aquatiques qui nichent en colonie, comme le grand héron, le goéland marin et la sterne caspienne;
• un habitat à de nombreux serpents et tortues en péril, comme le crotale Massasauga de l'Est, la tortue mouchetée et le seul lézard de l'Ontario, le scinque pentaligne, ainsi qu'à la paruline à capuchon, à la tortue géographique, à la tortue ponctuée et au chevalier noir;
• un habitat essentiel de reproduction et d'alevinage aux espèces dépendant des milieux humides, comme le lépisostée osseux et le maskinongé.
Sans les terres humides, nous pourrions perdre une grande partie des diverses espèces de plantes, d'insectes, de reptiles et de poissons du monde.
Andy McKee et Ron Black affirment que, même si les terres humides sont des milieux spéciaux pour la faune et la flore, il y a de nombreuses choses qui y sont associées ou en font partie dont on peut continuer à jouir. Citons à ce titre :
• la chasse et le piégeage
• la pêche
• l'observation des oiseaux
• la photographie
• la navigation de plaisance comme le canotage et le kayak
• le plaisir d'être dans la nature
• sans compter les marais à canneberges ou les excursions guidées qui sont sources de revenu.
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| Vue aérienne de Parry Sound |
Depuis 2004 donc, des biologistes comme M. Black et leur équipe partent vérifier dans le secteur est de la baie Georgienne les limites de zones pré-établies et déterminent quelles espèces y existent en réalité dans des zones données. Ils prennent en outre des notes précises sur les caractéristiques particulières du terrain et les entrent dans le Système de données intégrées sur la nature et la géographie de l'Ontario (DINGO). Des cartes sont ensuite remises aux municipalités locales, cartes qui leur sont utiles pour dresser des plans et fixer les règlements de zonage, auxquels elles les joignent. Grâce à ces données difficilement recueillies, sont également prises des décisions au sujet des terres devant faire l'objet d'une protection spéciale ou d'une remise en état.
Selon M. Black, les municipalités apprécient ces renseignements. Il ajoute que, lorsque quelqu'un frappe à leur porte pour le leur demander, la plupart des propriétaires de chalets acceptent volontiers de parcourir leur propriété pour étudier des endroits, où ils ne sont peut-être d'ailleurs jamais aventurés auparavant.
Jusqu'à présent, 23 nouvelles terres humides ont été évaluées (des alentours de Port Severn jusqu'à proximité de la rivière French). Ces terres étant toutes importantes à l'échelle provinciale, elles sont donc très utiles dans le cadre de la protection de la biodiversité de l'Ontario. Ces travaux impressionnent tant certains propriétaires de chalets qu'ils s'y joignent, en mettant de côté par exemple des terres pour les protéger ou en travaillant en collaboration avec des organismes de conservation de la nature, comme la Georgian Bay Area Foundation, Conservation de la nature Canada, la Georgian Bay Land Trust (fiducie foncière de la baie Georgienne) et la Georgian Bay Biosphere Reserve.
M. Black précise que les nombreux partenaires participant à l'évaluation de ces terres humides sont convaincus que leur travail contribuera à sauvegarder un élément d'une importance vitale pour tous les Ontariens. Comme tant d'autres professionnels de la gestion des ressources qui participent à ces projets, il dit : « Sans nos partenaires, nous ne nous en sortirions pas ».
Il y a encore beaucoup à apprendre sur le rétablissement, la création et la conservation des précieuses terres humides de l'Ontario – voir aussi :
• Préserver la biodiversité des Grands Lacs – un aperçu• Rétablissement, amélioration et création de terres humides sur les côtes et les rivières du réseau des Grands Lacs
o Partie 1 - projet de restauration des cours d'eau et des terres humides du comté de Huron
o Partie 2 - projet de la baie Rondeau
• Conserver/protéger les terres humides et encourager les mesures d'intendance dans le cadre du Plan conjoint des habitats de l'Est en Ontario
Partenaires de l'évaluation des terres humides dans le secteur est de la baie Georgienne :
• Canton d'Archipelago
• Canton de Carling
• Canton de la baie Georgienne
• Conservation de la nature Canada
• De nombreux propriétaires fonciers privés
• Georgian Bay Biosphere Reserve
• Georgian Bay Association/Foundation
• Georgian Bay Land Trust
• Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario



