Le projet de la baie Rondeau

King rail
Le râle élégant, une espèce menacée. Photo : Brian Small

L'automne est chaud et humide. Le personnel du ministère des Richesses naturelles de l'Ontario (MRN) et d'autres personnes se dépêchent de terminer avant l'arrivée de l'hiver la construction des derniers bassins humides et bassins de décantation (un volet du rétablissement des terres humides côtières du sud de l'Ontario). Ces travaux ravissent les propriétaires fonciers, très souvent des éleveurs de bétail et des producteurs céréaliers.

 

Il n'est pas rare de les voir travailler littéralement au côté du personnel du MRN pour protéger leurs précieuses terres humides. Ils comprennent bien qu'il est essentiel pour leurs exploitations agricoles de créer et de protéger les étangs, ruisseaux, chenaux, marais, tourbières et de conserver et nettoyer ainsi cet élément indispensable qu'est l'eau.

 

Ils ont aussi compris que les poissons, les oiseaux migrateurs et des millions d'organismes vivants habitant dans ces zones marécageuses tireront parti de ces travaux.

 

Dans la région de la baie Rondeau, les activités ne manquent pas depuis quelques années à la saison de croissance. À la suite de discussions avec d'autres propriétaires fonciers, 24 agriculteurs confrontés à des problèmes semblables, à savoir l'érosion de leurs terres en raison du ruissellement, ont accepté de participer aux premières phases du projet de rétablissement de la baie Rondeau pour rendre à celle-ci ses eaux claires et limpides. Cette petite baie (lac Érié) faisait faire beaucoup de souci aux environnementalistes gouvernementaux et même à des gens comme vous et moi.

 

Jusqu'à présent, dix projets ont été terminés. Citons les suivants :
   • remise en état ou création de terres humides côtières et de chenaux de communication; plantation      d'arbres et d'arbustes le long de zones tampons pour empêcher l'érosion du sol;
   • construction de systèmes à bassin double et intégration de ces derniers dans les terres humides     existantes; l'un des bassins collecte les sédiments et l'autre reçoit les éléments nutritifs dont il retient     l'excédent, ce qui permet aux microbes et aux plantes aquatiques se trouvant à différents niveaux     dans le bassin de se transformer en de « bonnes choses » et pas en ces polluants qui, pendant des      années, se sont déversés dans les rivières et les ruisseaux qui sillonnent la région avant de se jeter      dans la baie Rondeau;
   • avant de pouvoir rétablir/remettre en état chaque site, il faut limiter la croissance d'un grand roseau      envahissant : le Phragmites australis, comme on l'appelle. D'une beauté trompeuse, ce roseau      commun obstrue le système et empêche un drainage efficace … et il se propage comme une traînée      de poudre. Ce projet a été intense et efficace.
   • Et, bien entendu, il faut s'occuper de la paperasserie qu'engendrent les accords de conservation      volontaires (15 ans ou plus) pour sauvegarder les terres humides. Les agriculteurs soutiennent avec      enthousiasme ces accords nécessaires.

 

Pourquoi tant s'en faire? Pourquoi participer?

 

Dr. Janice Gilbert, une écologiste des terres humides, a participé pendant trois ans à un projet d'évaluation de la région. Afin d'expliquer la raison pour laquelle le choix s'est porté sur la baie Rondeau, elle dit : « Par rapport à d'autres baies des Grands Lacs, la baie Rondeau est un petit bassin hydrographique, dont la superficie ne dépasse guère 12 000 hectares (presque 30 000 acres). Elle se niche à mi-chemin de la rive nord du lac Érié dans la région carolinienne du Canada. »

 

Brian Locke, chef de la gestion du lac, Unité de gestion des ressources du lac Érié, ajoute : « C'est une importante aire de frai et d'alevinage pour l'achigan à petite bouche et le brochet et l'habitat du lépisostée tacheté, une espèce en péril. »

 

Greg Dunn, qui a également participé au projet, fait état du nombre important d'oiseaux migrateurs y faisant halte pour se reposer et se nourrir avant de poursuivre leur long périple vers leurs aires de nidification dans le Nord du Canada. Il ajoute : « Les terres humides le long de la baie sont le refuge d'un grand nombre d'espèces rares et menacées de plantes, d'amphibiens, de mammifères, de reptiles, comme la tortue à carapace molle et la tortue mouchetée, d'oiseaux, comme le râle élégant, et d'insectes…qui disparaissent beaucoup trop rapidement. »

 

Qui contribue à régler la situation?

 

   • Les biologistes du ministère ont rédigé un rapport dans lequel ils présentent des solutions de      rechange et les solutions les plus prometteuses pour le bassin versant de la baie Rondeau.
   • Un comité consultatif de partenaires a été formé. Il comprend tous les organismes participants et      des représentants de la collectivité agricole.
   • Les membres du personnel ministériel ont fait des présentations et ont parlé face à face avec des      propriétaires fonciers/ agriculteurs (en faisant souvent du porte à porte ou en assistant aux réunions      de regroupements d'agriculteurs) pour indiquer les mesures à prendre et ce en quoi nous pouvons toutes et tous prêter main-forte.

 

Système à bassin double
Système à bassin double. Photo: Jennifer Richards

Au début, un seul agriculteur, intéressé, a décidé qu'il valait peut-être la peine de mettre de côté une parcelle de terre humide qui ne donnait qu'une récolte tous les deux ou trois ans. Il a accepté de participer au projet. Plusieurs autres agriculteurs lui ont alors emboîté le pas.

 

Or, il n'est pas impossible que les résultats de tout ce creusage d'étangs et toute cette plantation d'arbres se fassent sentir plus tôt qu'attendu. Les nouvelles terres humides et celles qui ont été remises en état font l'objet d'une surveillance serrée et tout le monde espère qu'il ne faudra pas attendre sept ans comme prévu pour que la quantité d'azote, de phosphore et de sédiments atteignant la baie Rondeau chute fortement. Les biologistes, les membres du comité consultatif, le personnel COA et les agriculteurs croient tous qu'il est possible de restaurer les terres humides, de purifier l'eau et de rétablir d'importantes espèces de poissons, pour la pêche commerciale et sportive. C'est une histoire étonnante que l'on entend partout.

 

Des solutions simples pour régler de graves problèmes. Des solutions qui fonctionnent parce que tout le monde se mobilise.

 

Il y a encore beaucoup à apprendre sur le rétablissement, la création et la conservation des précieuses terres humides de l'Ontario – voir aussi :

Projet de restauration des cours d'eau et des terres humides du comté de Huron
Conserver/protéger les terres humides et encourager des mesures d'intendance
Préserver la biodiversité des Grands Lacs – un aperçu

Agency partners working with the Ministry under the 2007-2012 COA :
• Canards illimités Canada
• Environnement Canada
• Friends of Rondeau
• Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario
• Ministère de l'Environnement de l'Ontario
• Municipalité de Chatham-Kent
• Office de protection de la nature de Lower Thames Valley
• Association pour l'amélioration des sols et des récoltes de l'Ontario
• Pêches et Océans Canada
• Stewardship Kent (Conseil d'intendance environnementale de l'Ontario)

 

plus des propriétaires fonciers locaux, des éleveurs de bétail, des producteurs céréaliers et des personnes intéressées