Le Bon, la Brute et le Truand : Études des populations de petits poissons dans le lac Huron

Qu'est-ce qu'il se passe dans les populations de petits poissons du bassin principal de la baie Georgienne et du chenal Nord du lac Huron? Les biologistes et les techniciens en pêche de la province en ont désormais une bonne idée : le nombre des espèces envahissantes, comme le gobie à taches noires et l'épinoche à cinq épines, augmente, tandis que celui des espèces indigènes, comme le doré jaune, la perchaude, le crapet de roche et les ménés, dont le méné émeraude et le queue à tache noire, est à la baisse.

 

Techniciens des pêches du lac Huron triant des poissons recueillis au cours d'une petite étude sur la population de poissons
Techniciens des pêches du lac Huron triant des poissons recueillis au cours d'une petite étude sur la population de poissons – Photo : Jason Mortlock

Ces constatations proviennent d'une étude pluriannuelle de plus de 21 000 petits poissons habitant à proximité des berges, à une profondeur de cinq mètres ou moins d'eau.

 

« On a trouvé des gobies à taches noires presque partout dans le bassin principal du lac Huron et dans le sud de la baie Georgienne », dit Stephen Gile de l'Unité de gestion des ressources des Grands Lacs supérieurs. « Le gobie s'est aussi répandu dans le nord de la péninsule Bruce, à Stokes Bay, et dans le chenal Nord. »

 

Ce que révèle l'étude à propos des petits poissons en général est tout aussi important. Les petits poissons se nourrissent de plancton, avant de devenir eux-mêmes la proie des gros poissons. Leur abondance et leur variété indiquent l'abondance et la variété de tous les poissons dans un cours d'eau, y compris les indésirables. Pendant l'étude, les techniciens ont attrapé des espèces communes, rares, indigènes et envahissantes : perchaudes, crapets de roche, queues à tache noire, ventres citrons, épinoches à cinq épines, gobies à taches noires, grands brochets et gaspareaux.

 

Pour recueillir des données, les techniciens en pêche ont attrapé de jour et de nuit, à l'aide de sennes de 30 mètres de long, des poissons dans les lieux de prélèvement des échantillons. Ils ont également installé des longs filets nordiques et des verveux de 1,5 mètre de haut, ainsi que des pièges à ménés. De juillet à septembre, ils installaient des filets tous les jours dans chacun des bassins de prélèvement des échantillons et les laissaient pendant trois semaines.

 

Au total, un échantillonnage a été effectué à huit emplacements dans chaque bassin, neuf prélèvements au minimum étant réalisés à chaque emplacement. Les techniciens en pêche ont remonté les filets 179 fois et ont attrapé 21 436 poissons. Ils en ont pesé et mesuré 3 621, sur lesquels ils ont aussi prélevé des écailles. Cette étude sur la population de poissons à proximité des berges s'inscrit dans une série d'enquêtes annuelles qui a débuté en 2003.

 

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Des poissons à foison...les outils des techniciens

• En 2003, lorsque la série d'études a commencé, les techniciens en pêche se servaient de diverses sortes de filets, mais depuis 2006, ils n'utilisent plus que des verveux et des filets maillants, car ces derniers se sont révélés beaucoup plus efficaces pour attraper le plus large éventail possible de poissons.
• Pour les très petits poissons, ils utilisent des pièges à ménés, aussi appelés pièges de type Gee. Le poisson s'engouffre dans ces nasses en treillis métallique en forme d'entonnoir, passe par la petite ouverture et se retrouve piégé dans un « panier » dont il ne peut s'échapper.
• Les verveux sont légèrement plus compliqués. Ce sont des nasses constituées d'un réseau de mailles en fibres synthétiques qui est tendu sur une armature de forme rectangulaire. L'armature forme l'ouverture, laquelle est tournée en direction du rivage. En fonction de la profondeur de l'eau, les techniciens utilisent un filet de 46 ou 91 cm de haut. Un filet à guideau simple court de l'ouverture du verveux jusqu'au rivage. Les poissons qui nagent parallèlement au rivage se heurtent à ce mur de treillis, font demi-tour et suivent ensuite les filets à guideaux doubles ou à ailes, d'un côté ou de l'autre du mur, traversent l'armature rectangulaire avant de pénétrer dans l'enclos principal.
• Les sennes de 30 mètres de long utilisées pendant l'étude retiennent les poissons dans une zone en forme de C. Sur la rive, un technicien tient le poteau en bois auquel une extrémité de la senne (aussi appelée « senne de plage ») est attachée. Un autre technicien, qui tient l'autre extrémité de la senne, marche dans l'eau en formant un demi-cercle. Les techniciens rapprochent ensuite les deux extrémités du filet, enserrant ainsi une étendue d'eau en forme de C et séquestrant par la même occasion tous les poissons s'y trouvant.
• Bien sûr, le maillage des filets maillants varie, soit qu'il permet le passage des petits poissons ou l'emprisonnement des gros poissons au moment où le maillage glisse le long de leur tête et les retient derrière les ouïes. La taille du maillage des filets maillants nordiques d'importation de 30 mètres de long utilisés au début de l'étude allait de cinq à 55 millimètres, mais, après 2008, les techniciens cessèrent de s'en servir, car ils se rendirent compte que les filets maillants standard « fabriqués en Ontario » étaient tout aussi efficaces.
• De 2003 à 2009, les différents filets utilisés dans les études menées dans le lac Huron et le chenal Nord ont permis d'attraper presque 90 espèces de poissons, soit environ 60 pour cent des 153 espèces de poissons que l'on rencontre en Ontario.
 


Partenaires du projet :

  • Programme d'expérience de travail pour les jeunes Autochtones
  • Georgian Bay Association
  • Fédération des pêcheurs et chasseurs de l'Ontario

 

Pour plus de renseignements, veuillez contacter :

  • Stephen Gile ou Jeff Spears, Unité de gestion des ressources des Grands Lacs supérieurs – Lac Huron, Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario, Owen Sound 519 371-5791
  • Andy McKee, coordonnateur de l'ACO pour le bassin du lac Huron, Unité de gestion des ressources des Grands Lacs supérieurs – Lac Huron, Owen Sound 519 371-5449

 


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