La crevette rouge sang fait voir rouge !

La crevette rouge sang (Hemimysis anomala) ne fait pas le bonheur des gestionnaires des pêches, car elle est parmi les plus récentes espèces non indigènes qui ont envahi les Grands Lacs.

Observation d'une crevette rouge sang au microscope à dissection
Observation d'une crevette rouge sang au microscope à dissection. Photo : Gracieusement fournie par le Great Lakes Environmental Research Laboratory (NOAA)

Elle se gave de zooplancton, la nourriture qui fait vivre les petits poissons qui, à leur tour, sont la principale source de nourriture pour les plus prisées des espèces de poissons des pêches commerciales et récréatives. Bref, la crevette rouge sang est une grave menace, et les gestionnaires des pêches travaillent dur pour perfectionner les méthodes servant à la déceler, à la suivre et à mesurer les répercussions de sa présence envahissante dans le lac Ontario. Ce sont, entre autres, les méthodes suivantes :

 

• Mettre à l'essai les méthodes les plus efficaces pour piéger la crevette rouge sang, dont la mise au point et le perfectionnement de filets à zooplancton et à phytoplancton.

 

• Utiliser ces méthodes pour tracer l'aire de répartition de la crevette rouge sang et relever ses préférences en fait d'habitat. La densité des populations de l'espèce dans le lac Ontario va de zéro à 200 individus par mètre carré. Les nuées de crevettes rouge sang comptent parfois des millions d'individus.

 

 

• Recueillir des données sur la nature des réseaux alimentaires aux endroits peuplés de crevettes et aux endroits non peuplés de celles-ci, afin de mesurer les différences et de brosser un tableau « avant-après » pour voir ce qu'il advient lorsqu'un endroit est envahi par l'espèce.

 

• Examiner le contenu de l'estomac de poissons pour noter les différences entre le régime alimentaire des poissons dans les zones non envahies et celui des poissons dans les zones envahies. Des traceurs écologiques sont également utilisés pour révéler les liens entre les proies et les prédateurs au sein des réseaux alimentaires, afin de savoir, entre autres, si les polluants sont absorbés par les proies, puis transmis à leurs prédateurs.

 

• Surveiller la croissance d'algues et les proliférations d'algues. Le zooplancton se nourrit d'algues. Si la crevette dévore le zooplancton, les volumes d'algues vont-ils augmenter ? C'est une question que se posent les gestionnaires.

 

• Étudier la consommation de crevettes rouge sang par le poisson. Les chercheurs ont découvert qu'elle est pour l'instant relativement petite, peut-être parce que le poisson commence tout juste à se familiariser avec cette nouvelle « nourriture » et que la crevette se cache pendant le jour (le poisson se nourrit au lever et à la tombée du jour).

 

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La crevette rouge sang

• La crevette rouge sang, un minuscule crustacé omnivore, est la 185e espèce aquatique à avoir envahi les Grands Lacs. Comme tant d'autres avant elle, elle y a été introduite par les eaux des ballasts de navires provenant de la mer Noire et de la mer Caspienne, en Europe de l'Est.
• Elle peut atteindre un centimètre de long et préfère les fonds rocailleux près des rives (souvent près des quais et des murs de soutènement, où elle se réfugie à l'ombre pendant le jour).
• On lui a donné le qualificatif « rouge sang » parce qu'elle crée un voile rouge quand elle se déplace en très grand nombre (le seul moment où elle peut être facilement repérée). Vaguement apparentée à la vraie crevette (qui n'est pas connue pour se déplacer en très grand nombre), elle a été signalée officiellement la première fois en 2006, dans les eaux américaines des lacs Michigan et Ontario. Elle est aujourd'hui présente dans les eaux canadiennes des lacs Ontario, Érié et Huron.
 


Collaborateurs :

  • Cornell University, Syracuse et New York
  • Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
  • Ontario Power Generation Inc.
  • Pêches et Océans Canada
  • St. Lawrence River Institute of Environmental Sciences, Cornwall
  • U.S. Geological Service
  • Université Queen’s, Kingston

 

Renseignements :

  • Tim Johnson, scientifique (recherche sur les Grands Lacs), Section de la recherche-développement en matière de pêche, ministère des Richesses naturelles, Picton, 613 476-7718
  • Jeff Brinsmead, biologiste des espèces envahissantes, Direction de la biodiversité, ministère des Richesses naturelles, Peterborough, 705 755-5424
  • Alastair Mathers, coordonnateur (lac Ontario) des travaux reliés à l'Accord Canada-Ontario concernant l'écosystème du bassin des Grands Lacs, Unité de gestion des ressources du lac Ontario, ministère des Richesses naturelles, Picton, 613 476-8733

 


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