À la suite de la surprenante apparition en 2008 et 2009 d'un nombre important de saumons de l'Atlantique en frai dans la rivière Credit, les ichtyobiologistes surveilleront de près ce cours d'eau au cours des prochaines années.
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| L'électropêche permet aux biologistes spécialistes des pêches de surveiller la rivière Credit pour y détecter l'éventuelle présence de saumons de l'Atlantique. Photo : MRN/2007 ACO- Jason Mortlock |
À la suite de la surprenante apparition en 2008 et 2009 d'un nombre important de saumons de l'Atlantique en frai dans la rivière Credit, les ichtyobiologistes surveilleront de près ce cours d'eau au cours des prochaines années.
« Nous ne nous attendions pas à voir de quelconques résultats aussi tôt dans le programme », dit Marion Daniels, biologiste, gestion des ressources, au ministère des Richesses naturelles. « Il n'y a que quelques années que l'ensemencement d'alevins a eu lieu et l'habitat des poissons de la rivière Credit est toujours en cours de remise en état. »
Selon Mme Daniels, jusqu'en 2006, le ministère et ses partenaires faisaient des essais de rétablissement et d'empoissonnement dans de nombreux cours d'eau se déversant dans le lac Ontario pour essayer de trouver les techniques qui pourraient marcher pour réintroduire le saumon de l'Atlantique dans le lac Ontario et ses affluents. Les partenaires ont ensuite libéré un grand nombre d'alevins (2,5 millions jusqu'à présent) dans trois cours d'eau minutieusement choisis : la rivière Credit à Mississauga, le ruisseau Duffins dans la région de Durham et le ruisseau Cobourg dans le comté de Northumberland. L'espoir : faire démarrer le frai.
En 2008, soit seulement deux ans plus tard, on a observé un couple de saumons de l'Atlantique en frai dans la rivière Credit. En 2009, d'autres saumons en frai ont été signalés. La même année, au barrage de Streetsville, situé à une vingtaine de kilomètres en amont du lac Ontario, des observateurs ont vu des douzaines de saumons qui tentaient de remonter le cours d'eau. Des pêcheurs bénévoles ont réussi à attraper 34 poissons adultes et les ont libérés en amont du barrage.
« On pourrait penser que le nombre de poissons n'est pas impressionnant, mais il faut savoir qu'en général au moins la moitié des alevins ensemencés ne survivent pas. De plus, la rivière Credit n'est pas un torrent de campagne, mais un cours d'eau modifié qui se fraye un passage tant bien que mal dans la RGT en milieu résidentiel et industriel », dit Mme Daniels.
Le saumon de l'Atlantique se multiplie dans des rivières au lit de gravier, aux eaux limpides, froides et courantes. À titre d'espèce indicatrice, leur présence est un baromètre de la santé d'un écosystème. « L'apparition de saumons en 2008 et 2009 est une excellente nouvelle », dit Mme Daniels.
Cette année et dans les prochaines années, les biologistes du ministère auront recours à l'électropêche et aux observations d'un réseau de bénévoles pour savoir combien de saumons nagent, se développent et survivent dans la rivière Credit, le ruisseau Duffins et le ruisseau Cobourg. Pour en savoir davantage à ce sujet, consultez le site www.bringbackthesalmon.ca
Cliquez ici pour voir une carte de la zone du projet
Qu'est-ce que l'électropêche?
• L'électropêche consiste à faire passer un faible courant électrique dans l'eau pour immobiliser temporairement les poissons; ces derniers sont capturés au filet et déposés dans un vivier. Les biologistes identifient, mesurent et pèsent alors les saumons de l'Atlantique, en prélèvent des échantillons d'écailles et de tissus avant de les remettre à l'eau, indemnes.
• L'électropêche permet également d'évaluer les populations d'autres espèces qui sont temporairement immobilisées.
• Le ministère et ses partenaires espèrent que le saumon de l'Atlantique réussira à frayer dans la rivière Credit, le ruisseau Duffins et le ruisseau Cobourg, cours d'eau dans lesquels des douzaines de projets de remise en état des habitats sont en cours. Le succès de ces projets pilotes pourrait conduire à la réhabilitation d'autres cours d'eau et, espérons-le, à une généralisation du frai du saumon de l'Atlantique et à son retour en grand nombre dans le lac Ontario.
• Le saumon de l'Atlantique est une espèce indigène du lac Ontario; toutefois, dès1896, la construction de barrages pour produire de l'électricité et en alimenter les scieries et les moulins à grain, l'agriculture et le développement des cours d'eau qui servaient de frayères aux saumons entraînent la disparition de l'espèce. Une surpêche massive, aussi bien dans les ruisseaux de frai que dans le lac Ontario, a également précipité la fin de ce poisson patrimonial.
Partenaires et promoteurs du projet :
- Établissement vinicole australien Banrock Station
- Credit Valley Conservation
- Office de protection de la nature de la région de Ganaraska
- Régie des alcools de l'Ontario
- Fédération des pêcheurs et chasseurs de l'Ontario
- Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
- Office de protection de la nature de Toronto et de la région
Pour plus de renseignements, veuillez contacter :
- Marion Daniels, biologiste, gestion des ressources, Unité de gestion des ressources du lac Ontario, Ministère des Richesses naturelles, Peterborough 705 755-1345
- Alastair Mathers, coordonnateur de l'écosystème du bassin des Grands Lacs (ACO), Unité de gestion des ressources du lac Ontario, Ministère des Richesses naturelles, Picton 613 476-8733
