Faire ressortir le côté sauvage de la rivière Ausable

Le Conseil d'intendance environnementale de Middlesex et ses collaborateurs des milieux de la protection de la nature font ressortir le côté sauvage d'un bassin hydrographique. Ils améliorent la qualité des eaux et des habitats du poisson et de la faune dans la rivière Ausable, ce qui accroît la santé des eaux qui se déversent dans le lac Huron.

 

Un petit bras mort de rivière devient une terre humide dans la plaine inondable de la rivière Ausable

Un petit bras mort de rivière devient une terre humide dans la plaine inondable de la rivière Ausable – Photo : Angela Van Niekerk/ABCA

 

La rivière Ausable est le cœur de ce bassin hydrographique. Elle sillonne le comté de Huron, puis celui d'Essex, qui comprend des terres parmi les plus fertiles du Canada, dont 85 p. 100 ont été défrichées et drainées par des moyens artificiels. Malheureusement, l'accroissement de la production agricole a son revers : la perte de zones humides qui forment normalement un écosystème riche en espèces de poissons et d'autres animaux, en habitats variés et en eaux propres.

 

Par la diffusion d'information, un travail de sensibilisation et une aide financière, le Conseil d'intendance environnementale de Middlesex collabore avec les agriculteurs et propriétaires ruraux du bassin hydrographique de la rivière Ausable pour combattre l'érosion des sols et la pollution par des matières fertilisantes. Une douzaine de propriétaires fonciers ont relevé le défi de réduire la pollution et de rétablir le côté sauvage du bassin hydrographique.
Voici en quoi consistent (entre autres) leurs travaux :

  • Retirer de l'agriculture un pré humide de plus de 24 hectares, qui était exposé à des inondations et à l'érosion.
  • Planter plus de 15 000 arbres et arbustes indigènes, afin de créer une bande tampon pour freiner l'érosion des sols le long d'une berge de sept kilomètres. La nouvelle végétation a aussi permis d'établir un luxuriant habitat faunique de 35 hectares, qui ressemble à une zone humide, et d'ombrager des tronçons de la rivière Ausable pour les espèces de poissons qui ont besoin d'une eau ombragée et fraîche.
  • Installer des clôtures pour que le bétail ait moins accès à la rivière et protéger ainsi les berges contre le piétinement et l'érosion. D'autres sources d'eau ont été prévues pour le bétail.
  • Draguer le limon et arracher les plantes aquatiques dans les bras morts de la rivière, pour améliorer davantage l'habitat du poisson à ces endroits. De gros débris ligneux (p. ex., des rondins et des mottes de racines) ont été installés à divers endroits pour accroître le nombre d'habitats pour le poisson et d'autres animaux sauvages, et accélérer l'écoulement des eaux.

Cliquez ici pour voir une carte de la zone du projet

 


Une eau plus saine, grâce à quelques petits changements

• Il ne faut pas laisser les animaux d'élevage venir aux ruisseaux, car ils mangent et piétinent la végétation riveraine qui protège les berges. Les berges piétinées s'érodent, ce qui fait introduire du limon dans les eaux. Le limon finit par recouvrir les lits de gravillons et d'autres frayères potentielles.
• Il faut encourager la croissance de végétaux le long des cours d'eau. La végétation crée de l'ombre et rafraîchit ainsi les eaux. Elle atténue les dégâts pendant les périodes de crue. Elle ralentit le ruissellement des eaux provenant des pâturages, des champs agricoles et des parcs d'engraissement. Elle absorbe et décompose les matières fertilisantes et les produits chimiques présents dans les eaux de ruissellement. Enfin, elle fournit à la faune nourriture, habitat et couvert.
• Il ne faut pas laisser le bétail s'approcher à plus de 10 à 15 mètres des cours d'eau. Cela peut être aussi facile à réaliser que d'installer un ponceau à un endroit et une clôture faite d'un seul fil électrique.
• Il faut choisir, pour l'abreuvement du bétail, d'autres sources d'eau que les cours d'eau. Certains agriculteurs installent des abreuvoirs à palette (dont l'arrivée d'eau est déclenchée par l'animal lui-même, qui appuie sur la palette avec son mufle). Ces abreuvoirs n'ont pas besoin d'électricité, et le bétail apprend à les utiliser en quelques heures. Une autre possibilité serait d'installer une pompe alimentée par une batterie et un panneau solaire, et de l'utiliser pour prélever de l'eau dans une rivière et la déverser dans un grand abreuvoir. On peut ainsi empêcher que les animaux et leurs déjections ne dégradent de précieux ruisseaux à eaux froides.
 


Collaborateurs :

  • Agriculture et Agroalimentaire Canada (Programme de couverture végétale du Canada et Programme Canada-Ontario des plans agro-environnementaux)
  • Canards Illimités Canada
  • Comté de Huron
  • Conseil d'intendance environnementale de Huron
  • Conseil d'intendance environnementale de Middlesex
  • Environnement Canada (Service canadien de la faune)
  • London Community Foundation
  • National Wild Turkey Federation
  • Office de protection de la nature d'Ausable-Bayfield
  • Propriétaires de terrains privés
  • Rural Lambton Stewardship Network
  • Thames Talbot Land Trust
  • Trees Ontario Foundation

 

Renseignements :

  • Cale Selby, coordonnateur, Conseil d'intendance environnementale de Middlesex, ministère des Richesses naturelles, Aylmer, 519 773-4785
  • Andy McKee, coordonnateur (lac Huron) des travaux reliés à l'Accord Canada-Ontario concernant l'écosystème du bassin des Grands Lacs, Unité de gestion des ressources des Grands Lacs supérieurs (lac Huron), ministère des Richesses naturelles, Owen Sound, 519 371-5449

 


...Profils de projets d'accueil                                                                                                                   Projet prochain ACO...