Rétablissement de petites terres humides, mais uniques, sur les rives du lac Érié

À Chatham-Kent, le bassin versant de la baie Rondeau n'a peut-être qu'une superficie de123 kilomètres carrés, mais il occupe une place unique dans sa catégorie : il compte des terres humides sur les rives nord du lac Érié dont les réseaux hydrologiques (flux des eaux de surface et souterraines naturelles) sont encore intacts.

 

Identification de phragmites envahissantes
Identification de phragmites envahissantes – Photo : Dr. J.M. Gilbert

 

Ce qui explique que des organismes de conservation et d'intendance des ressources, trois niveaux de gouvernement, ainsi que des agriculteurs et d'autres propriétaires fonciers locaux se soient associés pour se lancer dans la remise en état des terres humides de la baie Rondeau.

 

« Le problème est que la qualité de l'eau en pâtit », dit Brian Locke, chef de l'Unité de gestion des ressources du lac Érié (installée à London) du ministère. « Les fermes se pressent contre la région de la baie et grignotent la zone tampon de végétation qui filtre les eaux. De ce fait, des écoulements concentrés d'engrais agricoles, de sol et d'autres sédiments polluent de plus en plus la baie. »

 

L'équipe a dressé un plan de projets pour 24 emplacements de la région de la baie. Dix projets ont déjà été menés à bien et ont permis le rétablissement de 4,8 hectares (12 acres) d'habitat de terres humides et de 30 hectares (75 acres) d'habitat riverain et de hautes terres.

 

Les équipes créent ou restaurent des terres humides côtières, des étangs, des zones riveraines et des chenaux de communication sur des terres privées, qui sont alors protégés en vertu d'une entente volontaire (15 ans) avec les propriétaires fonciers. Chaque projet donne lieu à la construction d'un système à bassin double. Un bassin de décantation, qui peut être régulièrement nettoyé, permet d'éliminer les sédiments. Dans le bassin adjacent, les éléments nutritifs sont transformés par des microbes ou réduits en étant absorbés par les plantes aquatiques.

 

Ces systèmes de réduction des sédiments et des éléments nutritifs varient de 0,2 hectare (0,5 acre) à 0,5 hectare (1,3 acre). Afin d'en augmenter l'efficacité, on les intègre aux habitats de terres humides et riverains existants. La plupart du temps, les agriculteurs éliminent une partie d'une terre agricole avoisinante pour pouvoir installer de grands bassins ou ajouter des zones tampons de végétation. À chaque emplacement, les équipes s'attachent également à maîtriser la prolifération du roseau commun (Phragmites australis), une plante envahissante qui dégage de l'acide gallique, qui se transforme en acide mésoxalique, ces deux toxines ayant un effet nocif sur les autres plantes.

 

 

 

 

Le plan décennal de rétablissement de l'intégrité écologique de la baie Rondeau comprend trois autres volets complémentaires :

  • travailler en étroite collaboration avec les agriculteurs pour mettre en œuvre les meilleures méthodes de gestion. Jusqu'à présent, quatre projets ont donné lieu à la création de voies d'eau engazonnée et de zones tampons ainsi qu'à l'installation de monticules de terre (bermes), de canaux de dérivation des eaux, de déversoirs de pierres et de structures pour contrôler le drainage;
  • un volet de sensibilisation dans les collectivités qui a donné lieu à des séances d'information et à une multitude de fiches de renseignements, de bulletins et de panneaux d'interprétation sur les espèces en péril;
  • une initiative d'aménagement d'une zone tampon constituée d'arbres, d'arbustes et d'herbes indigènes pour améliorer l'habitat aquatique et la qualité de l'eau, initiative que le district d'Aylmer du ministère met en œuvre à l'heure actuelle dans un sous-bassin versant de la baie Rondeau.

Cliquez ici pour voir une carte de la zone du projet

 


La baie Rondeau, hier et demain
• Le bassin versant de la baie Rondeau, situé au cœur de la région carolinienne du Canada, est une importante aire de frai et de croissance pour le bar et le brochet, un lieu d'escale privilégié pour les oiseaux migrateurs et un refuge pour un certain nombre de poissons et d'espèces sauvages rares et menacées des Grands Lacs.
• Avec la disparition de la zone tampon de végétation du bassin, les éléments nutritifs des eaux de ruissellement ont augmenté, ce qui a provoqué une croissance trop importante des plantes aquatiques et de fréquentes proliférations d'algues dans la baie. Nager dans la baie et s'y livrer à d'autres activités récréatives sont donc devenus désagréables. Par ailleurs, cette augmentation des eaux de ruissellement s'est traduite par un accroissement des sédiments, au détriment de l'habitat des poissons dont le limon et la boue asphyxient les aires de frai.
• Le projet de remise en état des terres humides de la baie Rondeau réussira-t-il? Tous les partenaires sont convaincus que des changements mesurables se produiront au cours des sept prochaines années.
• À l'heure actuelle, une modélisation/un suivi de la charge en éléments nutritifs se déroulent dans un affluent du bassin versant de la baie Rondeau où les meilleures méthodes de gestion y ont été mises en œuvre. Au cours des cinq prochaines années, les partenaires chercheront des signes de diminution de la quantité d'éléments nutritifs et de sédiments à leur sortie du système à bassin double.
• Dans tout le bassin versant, ils surveilleront la température de l'eau, les concentrations d'oxygène dissous et la sédimentation, enregistreront des données sur l'abondance et la variété des espèces de plantes, de poissons, de sauvagines et de batraciens des marais et noteront les éventuels changements concernant la présence de Phragmites australis.

 


Partenaires :

  • Canards Illimités Canada
  • Environnement Canada
  • Friends of Rondeau
  • Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales de l'Ontario
  • Ministère de l'Environnement de l'Ontario
  • Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
  • Municipalité de Chatham-Kent
  • Office de protection de la nature de Lower Thames Valley
  • Ontario Soil and Crop Improvement Association
  • Pêches et Océans Canada
  • Propriétaires fonciers privés/agriculteurs
  • Stewardship-Kent (Ontario Stewardship Council)

 

Pour plus de renseignements, veuillez contacter :

  • Brian Locke, chef, Unité de gestion des ressources du lac Érié, Ministère des Richesses naturelles, London 519 873-4614
  • Khahy Ho, coordonnatrice (lac Érié) des travaux reliés à l'Accord Canada-Ontario concernant l'écosystème du bassin des Grands Lacs, Unité de gestion des ressources du lac Érié, ministère des Richesses naturelles, London, 519 873-4647

 


...Project Profiles Home                                                                                                                   Projet prochain ACO...