Lorsque des biologistes ont fait, en 2008, un relevé automnal des frayères dans le cours supérieur de la rivière Sydenham, ils ont trouvé une vingtaine de « gravières » (frayères naturelles de la truite brune, entre autres) à un endroit où elles n'avaient jamais été vues auparavant.

Une équipe de Rangers de Ontario Stewardship aménage des zones d"ombre et des abris artificiels pour des poissons d'eaux froides. Photo : Jason Mortlock/NRM
Pour les agriculteurs et les propriétaires fonciers des comtés de Grey et de Bruce, cela montre que les efforts qu'ils déploient pour reconstituer les ruisseaux aux eaux froides et les populations d'espèces de poissons indigènes portent leurs fruits. Ils avaient obtenu une aide technique et financière pour rétrécir ce tronçon de la rivière Sydenham, planter un couvert dans les eaux pour le poisson, et installer un barrage de pierres et d'autres constructions pour prévenir l'érosion et créer un habitat. Ce n'est qu'un de 15 projets. En voici d'autres :
- Les équipes ont planté 600 thuyas de l'Est (cèdres blancs) d'un mètre de hauteur le long des berges, afin d'ombrager les eaux pour l'omble de fontaine et d'autres poissons d'eaux froides.
- Elles ont érigé une clôture électrique de 27,5 kilomètres pour empêcher le bétail de polluer les cours d'eau et d'envaser les frayères potentielles.
- Le bétail ne pouvant plus s'abreuver aux cours d'eau, elles ont installé pour lui un réseau d'abreuvoirs.
- Elles ont installé plusieurs petits ponts pour que le bétail et les machines agricoles puissent franchir les cours d'eau sans les dégrader.
- Elles ont prévenu l'érosion et l'affouillement des berges en installant des constructions sous l'eau et des barrières vivantes, telles que des balles d'herbes et des rondins vivants.
- Elles ont installé des galets et des gravillons propres pour créer des canaux et des frayères potentielles.
Les brigadiers d'intendance environnementale de l'Ontario ont fait partie des équipes d'été. En 2008, une équipe de brigadiers a aidé trois propriétaires fonciers à installer des constructions dans 35 ruisseaux locaux. Voici deux exemples :
- Elle a installé plus de 100 mètres de rondins vivants (des rondins ayant des pousses de saule vivantes) pour prévenir l'affouillement de la berge par les eaux et accroître l'écoulement des eaux.
- Elle a installé 500 mètres de balles d'herbes vivantes pour établir des barrières vivantes contre l'érosion.
- Pour améliorer les frayères connues dans les cours d'eau du comté, les brigadiers ont installé des caissons à claire-voie (en anglais lunkers), des barrages de pierres (pour favoriser le mouvement tourbillonnaire des eaux) et 15 revêtements faits de troncs et d'arbres.
Cliquez ici pour voir une carte de la zone du projet
Constructions installées dans les eaux
• Les balles d'herbes vivantes, les rondins vivants, les caissons à claire-voie et les revêtements créent un habitat et améliorent l'écoulement des eaux pour les espèces de poissons d'eaux froides comme la truite.
• Les balles d'herbes vivantes sont faites de paille. Les rondins vivants sont faits de fibres de noix de coco. Ils sont installés perpendiculairement aux berges. De leur côté en amont, ils captent les sédiments dans lesquels des herbes et d'autres plantes finissent par s'implanter, ce qui crée de l'ombre pour le poisson et les organismes aquatiques dont il se nourrit. De leur côté en aval, ils recueillent des gravillons aux endroits où il y en a peu, ce qui peut améliorer le milieu de frai pour la truite. Une fois bien établis, les rondins et les balles sont colonisés par des herbes et des fleurs sauvages indigènes.
• Les revêtements et les mottes de racines (essentiellement la souche, avec les racines, de grands arbres) sont installés dans des cours d'eau pour prévenir l'érosion des berges par l'écoulement des eaux et créer de l'ombre et des fosses pour le poisson. Ils aident aussi à affaiblir le pouvoir érosif des eaux vives.
• Les caissons à claire-voie sont des constructions en bois installées au pied d'une berge pour imiter une berge dont la base aurait été creusée par les eaux. Ils créent un couvert sous lequel le poisson peut se reposer.
Collaborateurs :
- Blue Mountain Watershed Trust Foundation
- Grey County Forest Stewardship Network
- Propriétaires de terrains privés
- RUSH (Rehabilitate Upper Sydenham Habitats)
- Sydenham Sportsmen’s Association
Renseignements :
- Jody Scheifley, biologiste, ministère des Richesses naturelles, Owen Sound, 519 371-6843
- Andy McKee, coordonnateur (lac Huron) des travaux reliés à l'Accord Canada-Ontario concernant l'écosystème du bassin des Grands Lacs, Unité de gestion des ressources des Grands Lacs supérieurs (lac Huron), ministère des Richesses naturelles, Owen Sound, 519 371-5449