Les touladis qui naissent sur les hauts-fonds rocheux du lac Ontario sont-ils la progéniture de parents sauvages ou de parents élevés en écloserie?
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| Un biologiste des pêches tient un touladi. Photo : Matt Garvin |
C'est une des questions qu'étudient des biologistes canadiens et américains lorsqu'ils traînent leurs filets dans 11 endroits du lac Ontario pour capturer des poissons à quatre profondeurs, en utilisant des techniques de relevé en eaux profondes et à mi-profondeur. Les tissus prélevés sur les touladis qu'ils capturent révèlent l'origine génétique de ces individus, ce qui permet de déterminer si leurs parents vivaient à l'état sauvage ou avaient été élevés en écloserie. Lorsque toutes les données auront été réunies, l'équipe internationale saura si les populations naturelles de touladis sont en hausse.
Autrefois le plus grand prédateur du lac Ontario, le touladi semble avoir disparu du lac quand arrivent les années 1950, victime d'une pêche excessive, particulièrement durant les années 1920 et 1930. Il a aussi souffert des effets nocifs de l'aménagement des rives, du développement industriel et de la présence d'espèces envahissantes telles que la lamproie marine, une espèce parasite.
Une équipe internationale a commencé dans les années 1970 à lutter vigoureusement contre les envahisseurs aquatiques, à améliorer la qualité des eaux (en luttant contre la pollution industrielle et le ruissellement agricole) et à reconstituer les stocks de touladis par alevinage. Puis, dans les années 1990, des chercheurs ont commencé à relever de petits nombres de touladis sauvages.
L'espoir grandit que les populations du touladi vont croître au fur et à mesure que des touladis sauvages atteindront l'âge de reproduction. Peut-être verrons-nous un jour de robustes populations de touladis nés en frayères qui pourront se repeupler naturellement, au port de Hamilton et vers l'est, jusqu'au cap Vincent. Le défi sera alors de continuer à protéger le touladi en luttant contre les nouvelles espèces envahissantes comme le gobie à taches noires et le cladocère épineux.
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Le touladi : une espèce indicatrice
Le touladi est un bon indicateur de l'état de santé des écosystèmes où il est présent. Et il donne à ce rôle de longues années de service. Il vit une vingtaine d'années, croît lentement et atteint tard sa maturité sexuelle. Tel le canari dans les mines de charbon, son bien-être est synonyme d'un milieu sain.
• Lorsque le touladi est présent un certain temps à un endroit, il est fort probable que son milieu est sain et non pollué. L'espèce a besoin d'un lit propre où frayer. Pour prospérer, elle doit avoir des eaux froides, profondes et bien oxygénées.
• Le touladi étant un grand prédateur, sa présence indique que les maillons de la chaîne alimentaire sous lui sont probablement bien ordonnés, variés et en bonne santé.
À l'échelle du bassin des Grands Lacs, le touladi est un indicateur particulièrement utile, parce qu'il est le seul salmonidé indigène de tous les Grands Lacs.
Collaborateurs et parraineurs :
- Commission des pêcheries des Grands Lacs
- Ministère des Richesses naturelles de l'Ontario
- New York State Department of Environmental Conservation
- United States Geological Survey
- United States Fish and Wildlife Service
Renseignements :
- Alastair Mathers, coordonnateur (lac Ontario) des travaux reliés à l'Accord Canada-Ontario concernant l'écosystème du bassin des Grands Lacs, Unité de gestion des ressources du lac Ontario, ministère des Richesses naturelles, Picton, 613 476-8733
- Ted Schaner, biologiste de l'évaluation des pêches, Unité de gestion des ressources du lac Ontario, ministère des Richesses naturelles, Picton, 613 476-2746
