

Le longicorne asiatique (Anoplophora glabripennis) est un parasite des forêts indigène dans plusieurs pays asiatiques, qui attaque et tue un large éventail d’essences de feuillus, dont les érables. Aussi appelé longicorne étoilé de Chine, cet insecte perceur a été observé dans un parc industriel aux limites des villes de Toronto et de Vaughan en 2003. Il présente une grave menace pour les forêts de l’Ontario.
Ce coléoptère n’est pas inconnu en Amérique du Nord. On l’a observé pour la première fois à New York en 1996, à Chicago en 1998 et au New Jersey en 2002, puis de nouveau en 2004. Originaire de Chine, il s’est probablement introduit en Amérique du Nord dans des palettes, des caisses à claire-voie ou des matériaux d’emballage en bois utilisés pour le transport de marchandises. On a dépensé des millions de dollars à l’éradication de cet insecte. Bien que ces programmes aient été fructueux jusqu’ici, toute nouvelle observation nécessite des mesures immédiates.
Dès la découverte de l’insecte, on a mis sur pied un groupe de travail mixte chargé d’éradiquer l’espèce du Canada. L’effort d’éradication est dirigé par l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), organisme chargé d’empêcher l’entrée et la propagation d’espèces d’insectes envahissantes; y participent également le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), le Service canadien des forêts (SCF), la Ville de Toronto, la Ville de Vaughan, la région de York, l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région et le ministère de l’Agriculture des États-Unis.
Le longicorne asiatique est un gros insecte robuste qui mesure de 20 à 35 mm de longueur et de 7 à 12 mm de largeur. Il a la forme caractéristique d’un coléoptère et son dos d’un noir luisant porte jusqu’à 20 points blancs. Ces gros points blancs sont généralement disposés en lignes parallèles, perpendiculaires à l’axe du corps, sur le côté des ailes (élytres). Les principales caractéristiques distinctives sont les longues antennes, dont les segments alternent (noirs et blancs ou noirs et bleu blanchâtre) et qui sont plus longues que le corps, et les pattes, d’une teinte bleue ou bleu blanchâtre, surtout les premiers jours après l’émergence.
Les œufs ressemblent à de petits grains de riz d’environ 5 à 7 mm de longueur. Ils sont relativement faciles à trouver, car la femelle ronge une cavité ovale ou ronde de 10 à 15 mm de diamètre sur l’extérieur de l’écorce de l’arbre pour y pondre son œuf. Ces cavités ou lieux de ponte provoquent des fuites de sève qui forment des taches sombres ou une écume blanche sur le tronc et les branches.
La larve est ronde, en forme de ver et de couleur blanc crème; la pointe de l’extrémité par laquelle elle se nourrit est brunâtre. À maturité, la larve peut mesurer jusqu’à 50 mm de long et 10 mm de diamètre.
Les pupes ont une couleur d’un blanc crème tirant sur l’orange et mesurent de 30 à 33 mm de longueur et 11 mm de largeur. Entre le stade larvaire et le stade adulte, les pupes commencent à acquérir les caractéristiques physiques de l’insecte adulte et vivent profondément à l’intérieur du bois.
Il ne faut pas confondre le longicorne asiatique avec le longicorne noir (Monochamus scutellatus), un coléoptère indigène qui s’attaque aux conifères. Le longicorne noir est plus petit que le longicorne asiatique (de 18 à 25 mm de long) et de couleur noir bronzé. Le longicorne noir mâle porte un seul point blanc à la base des ailes (élytres) et ses antennes sont toutes noires. La femelle est tachetée de points blancs disposés au hasard et ses antennes sont légèrement rayées. Le longicorne noir, qui se rencontre partout en Ontario, se nourrit de conifères, contrairement au longicorne asiatique, qui se nourrit de feuillus.
Le longicorne asiatique s’attaque aux feuillus de tout âge et de toute taille. Les arbres infestés se distinguent par la chute prématurée de leurs feuilles et le dépérissement généralisé de la couronne, généralement dans le tiers supérieur de l’arbre. Les adultes se nourrissent des feuilles et de l’écorce de branches fines, ce qui cause des dégâts considérables. Ils préfèrent s’attaquer aux pousses des arbres hôtes, faisant ainsi dépérir et mourir les jeunes pousses.
Les arbres infestés sont également sensibles à des attaques secondaires d’autres insectes et de maladies. Le feuillage qui jaunit, les feuilles qui tombent prématurément et la sève qui coule aux lieux de ponte sont d’autres signes de la présence de l’insecte. Il est essentiel d’évaluer de façon approfondie si les symptômes observés sur l’arbre sont causés par le longicorne asiatique ou par un autre facteur.


Sciure de la sciure
Le longicorne asiatique attaque et tue des arbres sains. Les feuillus de tout âge et de toute taille, des jeunes arbrisseaux au tronc d’au moins 5 cm de diamètre jusqu’aux arbres mûrs, subissent les attaques de l’insecte. Beaucoup d’essences de feuillus sont vulnérables. Voici les essences préférées du longicorne asiatique :
Ces feuillus constituent une large portion de la forêt ontarienne. Les arbres à feuilles caduques sont une composante vitale d’un boisé sain et jouent un rôle essentiel dans l’économie de la province. À elle seule, l’industrie de l’érable à sucre vaut 15 M$ par an. Les forêts en santé profitent aussi à la province par l’activité touristique et récréative qu’elles suscitent et l’habitat qu’elles offrent à bon nombre d’espèces en voie de disparition ou menacées, en plus d’être un important facteur de biodiversité. Dans la Région du Grand Toronto, environ 50 pour cent des arbres sont des érables – l’un des hôtes favoris du longicorne asiatique. Ces arbres favorisent l’émergence de collectivités en santé et de modes de vie sains. Ils sont beaux, ils fournissent de l’ombre, ils servent d’abri aux oiseaux et aux animaux, ils assainissent l’air et ils accroissent la valeur des biens fonciers.
Les relevés et la collecte de données scientifiques ont débuté dès la découverte de l’infestation dans la région de Toronto et de Vaughan en septembre 2003.
Les résultats des relevés ont servi à délimiter un secteur d’infestation central axé sur l’avenue Steeles Ouest, entre les rues Kipling et Keele. On a également découvert trois secteurs d’infestation secondaires (satellites) : à Beechwood, au nord-est; à Ansley Grove, au nord-ouest; enfin, à Thistletown, au sud-ouest du secteur central. On a ensuite établi des zones autour du secteur central et de chacun des secteurs d’infestation satellites :

Le programme d’éradication a débuté en novembre 2003. Dans le secteur central et le secteur satellite d’Ansley Grove, tous les arbres hôtes des zones primaire et secondaire ont été abattus et déchiquetés. Dans les secteurs de Beechwood et Thistletown, seuls les arbres manifestement infestés ont été abattus. Des équipes de techniciens au sol et de grimpeurs ont fait des relevés dans la zone tertiaire et la zone de confinement.
Après l’abattage, des techniciens du ministère des Richesses naturelles de l’Ontario et du Service canadien des forêts, puis, plus tard, des membres du personnel forestier de la Ville de Toronto, ont examiné de près chacun des arbres abattus pour y déceler des signes d’infestation. Tous les arbres infestés ont été transportés à un laboratoire, où un examen détaillé pouvait confirmer l’attaque de l’insecte et analyser, entre autres facteurs, le temps écoulé depuis l’attaque, les schémas de dispersion de l’insecte, la réponse de l’arbre hôte, l’adéquation de l’hôte, les stades évolutifs des insectes et l’ADN des insectes.
Environ 17 000 arbres avaient été abattus au 31 mars 2004, soit sept mois après la découverte du premier insecte. Les relevés effectués depuis ont permis de détecter d’autres arbres infestés, qui ont eux aussi été abattus et déchiquetés. Les relevés visant à détecter et à éliminer les arbres infestés se poursuivront pendant quelques années, jusqu’à ce qu’aucune découverte n’ait été faite pendant deux ou trois ans.
En vertu d’un arrêté ministériel, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a établi une zone réglementée autour de la zone de confinement de l’infestation de Toronto–Vaughan afin d’éviter la propagation du longicorne asiatique. Cet arrêté interdit ou limite le transport de tout produit obtenu d’arbres à feuilles caduques identifiés comme des hôtes du longicorne asiatique, ainsi que du bois de chauffage de toute essence.
Le 19 février 2004, le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario a annoncé l’injection d’un montant pouvant atteindre 1 M$ pour la plantation d’arbres dans les secteurs touchés par le longicorne asiatique, à Vaughan et à Toronto, ou par l’agrile du frêne, dans le sud-ouest de l’Ontario.
Depuis, l’ACIA a annoncé un programme de 6,5 M$ pour le remplacement d’arbres abattus par l’ACIA dans le cadre de la lutte contre le longicorne asiatique à Toronto et à Vaughan, contre l’agrile du frêne (Agrilus planipennis ) dans le sud-ouest de l’Ontario ou contre le longicorne brun de l’épinette (Tetropiumfuscum) en Nouvelle-Écosse.
Le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario est très préoccupé par le danger que l’introduction de cet insecte fait planer sur les forêts de l’Ontario.
Suite à la découverte de l’insecte dans le secteur de Toronto–Vaughan en septembre 2003, un programme d’éradication a été mis sur pied dès novembre 2003, sous la direction de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Les collaborateurs à cet effort conjoint sont le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario (MRNO), le Service canadien des forêts (SCF), les villes de Toronto et de Vaughan, la région de York et l’Office de protection de la nature de Toronto et de la région, avec la participation à titre consultatif et scientifique du ministère de l’Agriculture des États-Unis. Comme la découverte de l’insecte a eu lieu avant qu’il ait eu le temps de se propager à grande échelle, il est fort probable qu’on pourra l’éradiquer du paysage canadien.
Toutes les découvertes de longicornes asiatiques en Amérique du Nord sont le fait de citoyens alertes et observateurs qui ont informé les agences chargées de la gestion et de la lutte contre les ravageurs. La détection précoce est une condition essentielle pour empêcher cet insecte de s’établir et de se propager.

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Dernière mise à jour : 28 avril 2008