Tout comme il est impensable de planter son jardin et de l’ignorer ensuite, la forêt aménagée ne doit pas être abandonnée après qu’on en aura établi le peuplement. Il est nécessaire d’instaurer un processus de surveillance et de soins réguliers afin d’atteindre les objectifs et de répondre aux attentes en matière de gestion.
La surveillance de l’efficacité des soins sylvicoles est axée sur la qualité et sur la quantité des traitements sylvicoles qui sont effectués chaque année. Ce programme a pour objectif de veiller à ce que les travaux de sylviculture nécessaires soient accomplis selon les directives énoncées dans les plans de gestion forestière, et que ces traitements soient efficaces.
Outre la phase de la régénération et les traitements qui y sont associés (la préparation du terrain), bon nombre de travaux sylvicoles réalisés en Ontario visent principalement à gérer la quantité et le type de végétation qui croît dans un secteur donné. C’est ce qu’on appelle la gestion de la compétition. La compétition peut être intraspécifique si elle s’établit entre individus de la même espèce ou interspécifique si les individus appartiennent à des espèces différentes.
Pour que les arbres d’une espèce donnée parviennent à maturité en bonne santé, il est important de gérer la densité de la forêt (le nombre de tiges par unité de surface). On la contrôle durant l’étape de la régénération en plantant des jeunes pousses à des distances déterminées les unes des autres et, plus tard, par un processus nommé la coupe d’éclaircie ou l’éclaircie par espacement. On enlève du peuplement chaque tige en moins bonne santé ou de forme irrégulière. Cette méthode favorise la croissance des tiges restantes qui subissent alors moins d’interférences.
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Travailleur forestier qui éclaircie les arbres avec une scie à broussaille |
Pour la coupe d’éclaircie précommerciale, on utilise une débroussailleuse. C’est un outil à essence comportant une lame de scie circulaire montée au bout d’un long manche. La coupe d’éclaircie commerciale s’effectue au moyen d’une scie à chaîne ou d’une petite abatteuse-empileuse.
La compétition interspécifique (entre des espèces différentes) est très préoccupante. Les espèces compétitives peuvent nuire gravement à la survie, à la croissance et au développement des arbres désirés. Toutefois, il existe de nombreux moyens de les contrôler. La méthode la plus simple et la plus directe est la coupe mécanique de la végétation à l’aide d’une débroussailleuse. Cette technique est lente, coûteuse et elle n’est pas toujours efficace.
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Petite abatteuse-empileuse utilisée pour la coupe d’éclaircie commerciale. |
Au sol, les herbicides peuvent être appliqués manuellement, au moyen de pulvérisateurs individuels portés sur le dos ou de lourds pulvérisateurs « à jet d’air » montés sur de grosses débusqueuses. Ces techniques sont plus rapides et moins coûteuses que la gestion de la végétation par traitement mécanique, mais elles doivent être utilisées dans des conditions météorologiques optimales, le plus souvent en l’absence de pluie. L’application d’herbicides au sol constitue l’une des meilleures techniques de gestion de la végétation dans les peuplements de petite taille et fragmentés ou lorsque les propriétaires adjacents interdisent l’application par voie aérienne.
Le moyen le plus efficace et le plus rapide de répandre uniformément les herbicides chimiques est par voie aérienne. Le plus souvent, ces produits sont appliqués à l’aide d’un hélicoptère survolant un terrain à une altitude relativement peu élevée, soit de 15 à 30 m (de 50 à 100 pi). De cette façon, il est possible de traiter plusieurs centaines d’hectares quotidiennement, à bord d’un seul aéronef.
L’émondage est un autre traitement ayant le potentiel d’améliorer la qualité des billes. Appliqué sur une base expérimentale seulement, l’émondage peut :
- diminuer la taille et le nombre des nœuds;
- améliorer la forme de la tige;
- réduire le développement des branches sur les tiges;
- concentrer la croissance de bois clair (sans nœud) sur les tiges des arbres du peuplement final.
Même si l’émondage ne fait pas encore partie des opérations sylvicoles pratiquées sur les terres de la Couronne de la province, quelques propriétaires de terres boisées utilisent cette technique.

