Régénération de la forêt

En vertu de la Loi sur la durabilité des forêts de la Couronne, des prescriptions régissant les activités de récolte, de régénération et d’entretien de la forêt doivent être mises en œuvre pour assurer la régénération et l’entretien de la forêt. Tous les secteurs récoltés doivent faire l’objet d’une régénération, à l’exception des routes, des dépôts transitoires et des piles de débris de coupe. Ces zones occupent généralement de 2 à 4 % de la superficie récoltée.

 

On peut régénérer naturellement la forêt à partir de drageons racinaires (nouvelles tiges), de rejets de souche (pousses) ou de graines, ou encore de façon artificielle, par ensemencement direct ou en plantant de nouveaux arbres. Dans les deux cas, la méthode de régénération et les traitements qui y sont associés doivent être décrits dans un plan de gestion forestière approuvé, avant le début des travaux.

 

Méthodes de régénération

 

Régénération naturelle

 

La régénération naturelle peut s’avérer une méthode efficace de reboisement d’une forêt si les conditions sont favorables. Même si la régénération naturelle est habituellement sûre et ne produit que des arbres convenant au site (c.-à-d. dont les essences sont déjà présentes), la période nécessaire pour compléter la régénération peut s’avérer longue. De plus, les possibilités d’amélioration génétique sont limitées.

 

L’efficacité d’une régénération naturelle dépend de la façon dont la récolte a été effectuée l’année suivant une année semencière, soit l’« année au cours de laquelle les arbres ou les

Jeunes pousses de pin rouge dans un secteur de régénération naturelle.

autres plantes produisent une abondance de semences individuellement ou au niveau du peuplement » (Helms, 1998). Si le site qui a fait l’objet d’une récolte a été bien préparé, c’est-à-dire qu’on a exposé le sol minéral, les semences ont une forte probabilité de germer et un peuplement productif pourra être établi.

 

Il se peut aussi que certaines espèces se régénèrent par drageonnement et par marcottage. Le tremble peut être régénéré de façon efficace et naturelle si l’on veille à ce que les racines qui s’étendent près de la surface du sol soient suffisamment dénudées, écrasées ou coupées en section de façon à favoriser le développement de plusieurs nouvelles tiges. De même, l’érable rouge, l’érable à sucre et l’érable argenté peuvent se régénérer en formant de nouvelles tiges qui poussent sur des souches d’arbres abattus après une coupe à blanc.

 

La régénération naturelle s’avère une option économique, mais elle comporte un risque important d’échec si d’autres espèces végétales indésirables s’établissent dans le peuplement.
Cette forme de régénération peut repousser l’exploitabilité, c’est-à-dire le « nombre d’années nécessaires pour établir et faire pousser un peuplement équienne récoltable conformément à une condition spécifique de maturité » (Haddon, 1998), et par conséquent, retarder la prochaine récolte. Puisque la sylviculture vise notamment à accélérer l’exploitabilité d’une forêt, la régénération naturelle n’est habituellement pas l’option privilégiée lorsqu’il s’agit de pratiquer une gestion forestière davantage intensive.

 

La régénération naturelle s’accompagne toujours du danger d’apparition de peuplements mixtes, c’est-à-dire « composés de deux ou plusieurs essences dominantes » (Helms, 1998). Cette situation peut se produire même si, à l’origine, le peuplement était pur, à savoir un « peuplement composé principalement d’une essence, conventionnellement au moins 80 % en nombre, surface terrestre ou volume » (Helms, 1998). Les peuplements mixtes et purs s’établissent naturellement, mais le gestionnaire de la forêt peut, selon les objectifs fixés, ne vouloir qu’un seul de ces types.

 

Ensemencement direct (artificiel)

 

L’ensemencement direct (artificiel) est généralement exécuté au sol ou par voie aérienne, sur des terrains qui ont été préparés à la germination des semences. Bien que ce soit une méthode plus coûteuse que la régénération naturelle, les chances que les essences désirées s’établissent après la procédure sont davantage élevées. Les limites de cette méthode sont les suivantes :

 

  • les semences doivent être dotées d’un niveau élevé de germination;
  • les conditions du sol, de l’ensoleillement et de l’humidité doivent être appropriées pour la germination;
  • un volume important de semences doit être appliqué (il faut généralement répandre 10 semences sur un site pour obtenir une germination réussie).

 

Plantation

 

La plantation est la méthode de régénération la plus fiable, et souvent Jeune pousse d’épinette fraîchement plantée.la plus coûteuse. Les avantages de la plantation sont les suivants :

 

  • l’établissement est davantage prévisible et contrôlable;
  • les semis peuvent avoir germé dans des serres, avant même la récolte des peuplements, ce qui offre un « bon départ » pour la régénération et accélère l’exploitabilité;
  • la densité des semis et leur coefficient de distribution sont contrôlés et permettent une meilleure utilisation des sites.

 

Les limites associées à la plantation sont les suivantes :

 

  • il faut planifier et organiser la cueillette, le traitement, l’entreposage et la germination des semences dans des serres bien avant (de un à trois ans) la plantation;
  • les semis doivent correspondre aux caractéristiques du terrain pour ce qui est de l’espèce, de la taille et de la vigueur relative si l’on veut assurer la réussite de l’établissement;
  • les terrains doivent habituellement subir un traitement préparatif pour assurer l’établissement et la croissance des semis.

 

Souvent, il est nécessaire de préparer le terrain avant de planter, d’ensemencer, voire de régénérer naturellement le peuplement. Ce type d’opération, qu’on appelle la préparation du terrain, peut faire appel à des techniques comme le raclage ou l’entassement des déchets de coupe (feuillage, branches, billes en décomposition ou autres matières abandonnées après la récolte) en buttes ou en andins, le labourage du sol forestier, le brûlage des débris et de la végétation indésirable, l’application d’herbicides pour détruire la végétation concurrente, ou une combinaison de ces traitements. Cette méthode vise à ce que les forestiers disposent de terrains où les nouvelles générations d’arbres s’établiront et se développeront dans les meilleures conditions possible.

 

Bibliographie

HADDON, B.D. Forest Inventory Terms in Canada, 3e éd., Forêts Canada, Institut forestier national de Petawawa, Chalk River (Ontario), 1998.

 

HELMS, J.A. The Dictionary of Forestry. Society of American Foresters, Bethesda, Maryland, 1998, 210 p.

 

 

Liens connexes

 

Pour en apprendre davantage concernant l’épandage d’herbicide, veuillez consulter la feuille de renseignements qui suit :