
L’essor exceptionnel de l’économie des États-Unis au cours des 25 premières années du XXe siècle a fourni à la fois des débouchés et des incitatifs en matière d’investissement dans les forêts de l’Ontario, particulièrement de la part de l’industrie des pâtes et papier. Ceci a marqué le début de l’exploitation initiale de la forêt boréale et des premières tentatives visant à gérer les forêts de manière durable pour en exploiter le bois.
Cet article vise à donner aperçu des initiatives que l’Ontario a lancées récemment pour promouvoir la gestion forestière durable. Si les forêts ontariennes datent d’il y a 15 000 ans, cela ne veut pas nécessairement dire qu’elles seront encore présentes dans 15 000 autres années. À moins d’être gérées de manière durable, les forêts pourraient cesser d’être un élément essentiel du paysage de la province et du passé de la population de l’Ontario.
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Les zones de coupe par blocs dans le quart nord-ouest de la forêt boréale de l’Ontario indiquent une gestion plus intensive de la forêt. |
Depuis deux décennies, l’Ontario déploie des efforts acharnés pour devenir un chef de file mondial dans le domaine de la gestion forestière durable. En 1988, la gestion du bois dans les forêts de la Couronne a fait l’objet d’une évaluation environnementale approfondie : il s’agissait d’une première au Canada en matière d’évaluation exhaustive de la gestion des forêts publiques par une province. En 1994, le Conseil a approuvé « l’entreprise » en imposant toutefois une série de conditions et d’échéanciers quant à sa mise en œuvre. Lors de consultations organisées par le Conseil, on a écouté les préoccupations exprimées par les peuples autochtones, les groupes d’intérêts forestiers et le public. Les enjeux tels que la coupe à blanc, l’épandage de pesticides, ainsi que la gestion des eaux, de la faune et des ressources esthétiques et culturelles ont été abordés.
Bien qu’initialement axées sur le bois d’œuvre et son approvisionnement à long terme, nombre des modalités de l’évaluation ont traité des répercussions de la gestion forestière sur les autres ressources non ligneuses, sur la diversité biologique et sur l’environnement. En 2003, l’approbation de l’évaluation environnementale de 1994 a fait l’objet d’une prolongation et de modifications.
Quatre-vingt-dix pour cent des terres boisées de l’Ontario appartiennent à la province et sont désignées « terres de la Couronne ». Toutes les politiques forestières et les pratiques de gestion appliquées à ces terres doivent se conformer au Plan d’action pour la durabilité des forêts, lequel traite de questions comme la récolte, la régénération, la gestion des forêts anciennes ainsi que la protection et la conservation des ressources non ligneuses.
Inscrit dans la Loi de 1994 sur la durabilité des forêts de la Couronne, le principe visé par la durabilité forestière impose d’assurer la durabilité des forêts de la Couronne tout en garantissant leur gestion pour satisfaire aux besoins sociaux, économiques et environnementaux des générations actuelles et futures. Cette loi couvre tous les aspects de la gestion forestière, y compris la planification, l’exploitation et les soins sylvicoles, le mesurage du bois d’œuvre et les systèmes d’information forestière.
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Unité de gestion forestière en Ontario. Plus d'information... |
Les entreprises forestières gèrent les forêts de la Couronne en vertu d’un permis d’aménagement forestier durable. Valables pendant une période de vingt ans, ces permis sont renouvelables tous les cinq ans après la publication d’un rapport complet de vérification, rédigé à la suite d’une vérification indépendante conduite par une tierce partie. Les entreprises sont responsables de la gestion forestière et de l’application des plans à l’intérieur de leur unité de gestion et elles doivent payer à la province un droit pour récolter le bois.
Dans son approche écologique équilibrée à l’égard des forêts, l’Ontario vise à isoler d’importantes zones de terres forestières productives pour en faire des parcs et des aires protégées. Dans ces zones, l’exploitation forestière, minière et hydroélectrique est, en règle générale, exclue.
Il est arrivé que des zones dont on souhaitait faire des aires protégées étaient situées à l’intérieur de secteurs faisant l’objet d’une exploitation par des entreprises forestières titulaires d’un permis. Puisque l’abandon de leur droit aurait eu un effet défavorable sur l’approvisionnement en bois d’œuvre, des représentants de l’industrie forestière, du milieu écologique (Partenariat pour les terres publiques) et du gouvernement se sont rencontrés en 1999 afin de trouver une solution à cette question. De ce dialogue est né l’Accord sur les forêts de l’Ontario, une entente sans précédent qui vise à créer à l’avenir davantage de parcs et de zones protégées et qui encourage la conduite d’études sur les façons d’augmenter la productivité forestière.
Depuis 1999, près de 2 459 400 hectares ont été ajoutés au réseau ontarien des parcs et des aires protégées. Le réseau protégé compte maintenant 8 987 300 hectares, et les forêts couvrent quelque 5 964 400 hectares de cette superficie.
Grâce au rigoureux cadre juridique et politique mis en place par l’Ontario pour assurer la durabilité de la forêt, les sociétés forestières menant des activités dans la province sont en mesure de satisfaire à n’importe quelles normes indépendantes de certification des forêts.
En fait, la province est en voie d’exiger que tous les titulaires d’un permis d’aménagement forestier durable soient agréés selon une norme de rendement acceptable d’ici la fin de 2007.
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Le lac Hooker est une zone où il est interdit de récolter car il est situé au sein du réseau de parcs élargi de l’Ontario |
Par ailleurs, l’Association des produits forestiers du Canada exige que ses membres satisfassent aux normes de gestion forestière durable de l’Association canadienne de normalisation (CSA-SFM), le Forest Stewardship Council (FSC) ou la Sustainable Forest Initiative (SFI) d’ici la même date. Actuellement, 13 millions d’hectares sont déjà certifiés selon l’une de ces normes.
L’engagement de la province en matière de gestion forestière durable est également fortement soutenu par la recherche et l’innovation en foresterie. Les chercheurs du MRN collaborent étroitement avec le Service canadien des forêts, les universités, l’industrie forestière et d’autres organismes, pour aider les gestionnaires forestiers à jouer un rôle de leader dans l’élaboration de nouvelles démarches et de nouvelles pratiques.
L’Ontario s’est engagé à être un chef de file mondial en matière de gestion forestière durable On a recours à de nouvelles technologies pour mieux se renseigner sur les ressources ligneuses et non ligneuses et pour adapter les pratiques en vue de conserver ces ressources tant au niveau de la forêt qu’au niveau du paysage.
De même, deux zones forestières, l’une située au cœur de la forêt boréale (la Forêt modèle du lac Abitibi) et l’autre au sud-est de l’Ontario (la Forêt modèle de l’Est de l’Ontario), sont représentées dans le programme canadien des forêts modèles. Étant donné que l’une d’elles est située sur des terres de la Couronne et que l’autre se trouve en grande partie sur des terrains privés, les forêts modèles ont été l’objet de nombreuses études et de nombreux transferts technologiques coopératifs au cours des 20 dernières années.
Nos forêts aujourd’hui - La gestion forestière durable en Ontario

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Dernière mise à jour : le 27 juin 2008